Ce chant naquit d’un pur épanchement, Que les accords ont adouci pour l’ouïe. Il suit la loi du vœu, au sein du songe Qui rallume les feux au plus profond.
Il huma ses floraisons au jardin De l’expression rythmée et des échos, Puis vint sur les cœurs altérés de lui Comme l’averse apaisant la terre aride.
Gloire à Celui qui plaça l’enchantement au dire Et fila, de l’aurore guide, ses phases ! Le discours devint miroir immaculé Montrant la grâce et dévoilant ses arcanes.
Lorsque ses vers s’achèvent, qu’on le sache : Ils persistent, mélodie au sein des âges, Ou pareils au passage vers l’éther vaste Sous le zénith ou sous l’aube fidèle.
Les calames ont modulé sur le rouleau vivant, Fixé leur halte par Son agrément sûr. Il fut confié à la route, vers tout cœur, Sublime de sens, aromate des ans.
Le sceau de la durée gît en ce qu’on grave Par le souffle candide et la parole nette. Que l’itinéraire du langage ainsi s’achève, aspirant À franchir l’ultime et gagner la cime.
L’amulette du verbe demeure clarté circulant Autour du vrai, au for des humains. Notre héritage, la pensée immaculée ; promesse Du tracé dans le domaine permanent.
Les sens, par la grandeur, atteignent les hauteurs : Ce sont les monts inébranlés, les sommets. Exhalant leur quintessence sitôt que la quête Ouvre les voies du rayonnement pur.
Élargissant l’horizon de l’éloquence, éclat fulgurant S’épanouit au cours pareil aux corolles. En son plein, résident le vrai et le lustre ; La lueur unit les regards.
Apparaissant tel l’astre en sa fulgurance, Nulle profondeur ne reste sans clarté. Chantant la beauté devenue délice Du regard intime et des pupilles.
La vie se voit par l’œil du clairvoyant : Il dévoile la limpidité des occultes ténèbres. L’amour se trouve en ses replis, Abreuvant l’existence d’une paix auguste.
La voûte céleste ondoie en ses plis, Par sa splendeur féconde et première. Que ses significations soient semées sur ses ondes, Traversant les espaces sans mesure.
Concept s’élevant par un esprit altier, Par–dessus les plaines et tous les reliefs. Il efface l’obscur, sème en toute créature L’annonce salutaire et le lustre éminent.
Aux cœurs, elle s’est montrée semblable À la rosée étanchant la soif de l’esprit, Ou à la modulation parvenant aux oreilles, Air incarnant le sens des traces.
Elle demeurera fraîche, exhalaison de la brise Sur la pelouse où s’inclinent les fleurs. Ou comme le pas sur la voie des compagnons, Rafraîchissant le vase et réjouissant les nuits.
Le dire, lorsqu’il s’incarne avec probité Au centre de l’écoutant du vrai comblé, Projette sa lueur sur les brumes : alors brillent Les lieux de la pensée neuve et féconde. |
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