lundi 1 décembre 2025

Teintes nuancées

Existence fluide où naissent les tracés,
Innombrables possibles aux teintes nuancées,
Broderies multiples sur canevas fatal,
Architectures bises sous firmament astral.

Filaments s'amenuisent au gré des saisons,
Réserves s'épuisent sans cause ni raisons,
Ce qui compose les vies s'éloigne lentement,
Vers le néant patient, inéluctablement.

Ruisseau modeste accueille les substances,
Clapotis discret emporte les essences,
Écoulement perpétuel dissout les richesses,
Jusqu'au tarissement ultime des prouesses.

Constructions laborieuses s'effritent en poussière,
Édifices orgueilleux retournent à matière,
Acquisitions chéries glissent entre les doigts,
Certitudes solides vacillent sous les lois.

Mémoires accumulées s'estompent en brume,
Savoirs patiemment conquis perdent leur volume,
Relations tissées se défont brin par brin,
Jusqu'au dépouillement complet, destin vain.

Jours comptés s'égrènent sur sablier implacable,
Heures précieuses fuient, irrémédiables,
Minutes volées ne reviendront jamais,
Secondes consumées brûlent désormais.

Richesses terrestres n'offrent point d'ancrage,
Possessions matérielles ne donnent nul gage,
Trésors amassés restent ici-bas,
Quand sonnera l'heure du grand départ.

Corps vigoureux se fane inexorablement,
Vigueur juvénile décline lentement,
Forces jadis robustes s'affaiblissent,
Chair autrefois ferme mollit et pâlit.

Beautés admirées se flétrissent en automne,
Attraits resplendissants que nul ne redonne,
Splendeurs éphémères cèdent aux outrages,
Années implacables gravent leurs sillages.

Projets ambitieux demeurent inachevés,
Rêves caressés restent à demi-révisés,
Ambitions portées s'éteignent avant terme,
Espérances nourries rencontrent limite ferme.

Paroles prononcées s'évanouissent en échos,
Discours élaborés deviennent vains propos,
Conversations animées sombrent en oubli,
Dialogues passionnés s'effacent de la nuit.

Œuvres accomplies s'érodent sous les âges,
Créations admirées subissent mêmes ravages,
Legs préparés s'altèrent ou se perdent,
Héritages transmis finissent par se mordre.

Certitudes établies chancellent sur leur socle,
Convictions ancrées subissent le choc,
Croyances affermies rencontrent le doute,
Vérités proclamées tremblent sur leur route.

Affections cultivées se distendent ou meurent,
Amitiés bâties s'affadissent à toute heure,
Attachements tendres subissent l'éloignement,
Liens précieux se rompent cruellement.

Courant inexorable emporte les vestiges,
Flot incessant dissout les prestiges,
Onde imperturbable engloutit les traces,
Jusqu'à l'effacement terminal des espaces.

Paupières s'abaissent sans opposition,
Sommation lointaine devient irrésistible,
Convocation mystérieuse s'impose soudain,
Nulle force ne repousse cet ultime destin.

Refuser cette invitation demeure vain,
Résister à l'attraction reste incertain,
Repousser l'échéance s'avère illusoire,
Différer le rendez-vous efface toute gloire.

Moment ardent approche pour tous mortels,
Instant crucial survient, universel,
Jonction inévitable vers territoires inconnus,
Franchissement obligé vers rivages aperçus.

Certains affrontent ce passage,
Sans avoir sollicité tel voyage,
Sans avoir désiré cette transition,
Sans avoir préparé transmutation.

Ils découvrent l'urgence sans préparation,
Rencontrent l'absolu sans initiation,
Affrontent le mystère sans avertissement,
Traversent le seuil abruptement.

 

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