samedi 20 décembre 2025

Espérance intime

Ô fragile espérance, inassouvie haleine,
Toi qui veilles,invisible, au seuil de l’humain chemin,
Fidèle même au cœur oublieux de sa peine,
Tu tends,par-delà l’heure, une immortelle main.

Le haletant rythme des jours qui s’évadent
Étouffe la voix claire et le rêve aimant;
La poussière des ans où nos espoirs se dégradent,
Ton murmure secret nous vient ranimer pourtant.

L’éclat qui nous aveugle et s’évanouit vite,
Le monde en son brasier consumant tout désir,
Espérance, tu passes au seuil où tout s’abîme,
Silencieuse lueur au cœur du souvenir.

Dans les regards éteints, par la fuite fébrile,
Tu demeures, clarté voilée aux yeux distraits,
Oasis suspendue au désert immobile,
Serment d’un jour naissant, horizon désormais.

Nulle force jamais ne brise ton souffle tendre,
Espérance des ombres, douceur éternelle,
Flamme calme qui veille et ne veut point se rendre,
Tu révèles l’aurore au-delà de l’infidèle.

Ô fiancée pâle de l’avenir caché,
Garde dans la brume où l’homme se perd,
La confiance inaltérable au cœur mal attaché,
Et nourris son rêve au creux du regard clair.

Les cœurs endurcis, au bruit indifférents,
Ricanent de ton lustre, naïve et tendre fleur ;
C’est par ta douce flamme, enivrante et présente,
Que survit à sa nuit l’humaine profondeur.

Prie pour nous, espère avec nos âmes frêles,
Sème un peu d’amour au jardin délaissé;
Humble éclat, sagesse en lueurs immortelles,
Tu fais poindre une aube où le jour est passé.

Les riches dans l’orgueil te méprisent et t’oublient,
Crient aux biens présents, aux choses de néant ;
Les pauvres, plus discrets, tel une gerbe unie,
Te portent, espérance intime et patiente.

Sans toi, tout se briserait pour l’ombre éternelle,
La course frénétique achèverait son cours;
Mais tu es là, secrète, et ta clarté rebelle,
Semble un signe de vie qui défie les jours.

Le cœur des enfants garde ta flamme pure,
Ils croient au matin, à d’autres lueurs d’or ;
Espérance chérie, éternelle et sûre,
Que nul ne renie, même aux portes du sort.

Aux rêveurs égarés, aux âmes trop meurtries,
Offre un doux refuge, un amour apaisé ;
Le tumulte amer des humaines folies
S’apaise en ton avenir, fier et discret.

Il suffit d’un soupir, d’un élan, d’un regard,
Pour qu’à l’horizon naisse une vie éclaircie;
Espérance immortelle, étoile de notre part,
Foi des humbles sous l’immense ciel de la vie.

Nous marchons, revêtus de ton nom précieux,
Portés par ta douceur, ton léger et lent feu,
Vers un temps meilleur, vers des cieux plus cléments,
Où l’homme enfin saura— aimer en rêvant.

 

mercredi 17 décembre 2025

Paix première

Ta franchise, pure et sans mélange,
Éclaire encor ton noble chemin;
Généreuse,et que nul ne plange,
Elle conduira toujours ta main.

Cette intégrité qui t’habite
Reste à jamais ton plus sûr appui;
Quand les tempêtes nous sollicitent,
Elle seule sera ton abri.

Garde, close en ton cœur fidèle,
La liberté de l’esprit hautain;
La justice et la bonté z’y sommeillent,
Ton honneur z’y fleurit soudain.

Tu parviendras à tes fins dernières,
Quand bien même le temps s’éternise,
Et que les âmes familières
Te délaissent à la mort précise.

Ne désespère point de l’issue
Si l’effort semble un vain retour;
La patience jamais ne s’épuise
À guetter l’aube d’un nouveau jour.

Tu parviendras malgré l’épreuve
Qui semble accabler ton destin,
Et si la solitude t’abreuve
De son fiel amer et sans fin.

Fût-il besoin de recommencer
Ce que les destins ont détruit,
Ton courage saura lancer
Ce qu’un doux espoir avait construit.

Tu parviendras, n’en doute point,
Quand nul secours ne te seconde;
Ta volonté sera le point
D’où tu soulèveras le monde.

Les heures ne sont que des masques
Cachant la victoire prochaine;
Tes efforts ne sont point des fasques
Si tu poursuis, sans lâcher peine.

Tu parviendras à ton dessein,
Malgré l’adversité cruelle,
Même si ton cœur incertain
Fléchit sous la tourmente elle.

Ne crains jamais l’isolement
Quand la foule autour se délaisse;
Ta force naît du dépouillement
Qui vient épurer ta tendresse.

Tu parviendras, c’est chose sûre,
Quand tout semble être défendu;
Ta constance sera ta cure,
Ton inattendu salut.

L’épreuve forge les caractères
Qui refusent de s’agenouiller;
Tu trouveras les routes claires
Pour enfin te réconcilier.

Dès que l’aurore à l’horizon
Ouvre sa main pleine de lumière,
Elle chasse l’ombre et sa prison,
Nous convie à la paix première.

Les ténèbres fuient sa clarté,
Les tourments nocturnes s’effacent;
Elle offre à notre humanité
L’espoir tenace qui ne lasse.

Respire alors cette quiétude
Née avec les premiers rayons,
Chasse toute inquiétude
Hors de tes saintes visions.

L’espoir renaît avec le jour,
Vivace en dépit de la peine;
Sème en ton cœur même l’amour,
Répands-le par toute ton haleine.

 

Vœux solennels

L’aube, d’un gris suave, à pas lents s’évanouit Sous le pinceau nocturne aux doigts d’obscurité ; Les pigments vont naissant des limbes de l...