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L'aube naissante irise l'immense cosmos, Où la parole abdique son imposant chaos ; Dans le ciel infini où s'établit le repos, Le mutisme profond enfante un noble pathos. Le grand univers se tait en sa pure essence, Les astres, loin de nous, communient en absence ; L'esprit goûte l'auguste et douce quiescence, Et le cœur enfin trouve sa parfaite présence. À l'orée des royaumes aux accents taciturnes, Où l'élocution s'éteint pour devenir nocturne ; S'évanouissent le bruit et les clameurs diurnes, Et la sagesse apparaît, sans ombres ni rancunes. Par l'abstention sereine des paroles futiles, S'élève un art subtil, ancestral, fertile ; Loin des discours vacants, des propos stériles, Se révèle un trésor immémorial et utile. Les syllabes s'effacent, légères et s'estompent, Le verbe s'incline quand les ferveurs se rompent ; Ce ne sont plus les pensées qui le flot interrompent, Mais un silence grave où les vertus triomphent. Au cœur de l'ineffable et divine quiétude, Où se révèle l'esprit en sa pleine plénitude ; Prend racine et grandit une noble aptitude, Un savoir pur et rare, exempt de décrépitude. Au panthéon secret des vertus immuables, Le non-dit se révèle, ô forces inestimables ! Forgeant des pouvoirs d'âme inaltérables, Voués à l'éternelle paix, douces et affables. Une force nouvelle émerge, subtile et vive, De ces instants où la langue demeure captive ; Une puissance native, sereine et massive, Que nulle adversité ne saurait rendre nocive. Les vaines altercations aussitôt s'évanouissent, Face à la réserve où les esprits s'établissent ; Les adversités promptement s'amoindrissent, Devant ce rempart d'âme qui sans cesse grandit. Ce vide apparent devient l'entière complétude, Lacune fertile source de rectitude ; Engendrant en l'esprit la sublime amplitude, Qui transforme l tout l'être avec exactitude. La majesté du calme, unique et véridique, S'affirme en souveraine, auguste et authentique ; Une présence d'être, noble et presque mythique, Qui élève la pensée vers le magnifique. La modestie trouve en cela sa noble alliée, En cette absence de vaine clameur liée ; C'est une union sacrée, à jamais publiée, Formant une ardeur pure et à jamais amplifiée. L'être distrait voit sa route ainsi barrée, Par ce mur invisible que l'orgueil a ignoré ; Sa machination aussitôt est égarée, Son influence au loin doucement séparée. Quand les mots se tarissent et que la voix s'apaise, La vérité émerge, enfin simple et prisée ; Les vaines disputes se trouvent enfin brisées, Laissant place à la paix, noblement avisée. L'esprit obtient sa juste et profonde récompense, Lorsqu'il embrasse ce vide, immense et intense ; Une victoire, un savoir, une vive reconnaissance, Qui transcende l'ordinaire avec sa pure présence. Le monde s'avance vers l'horizon sans fin, La vie persiste et jamais ne renie son destin ; Le temps présent offre un trajet toujours béni, L'existence déploie un trésor mieux garnie. L'attention est portée aux menues tracas, Au trajet ardu, aux petits fracas ; La mèche est courte, insignifiants sont les cas, L'agenda est rempli d'une course au trépas. Des obligations s'accumulent sans fin, Croyant l'horizon serein, seul et souverain ; Le temps s'écoule, certain, pur et cristallin, Alors que l'âme en nous demeure enfantine. Puis survient cet instant, léger messager, Qui évoque la condition sans jamais juger ; La fin apparaît, simple, sans danger, Rappelant notre place, nous poussant à changer. L'appel céleste résonne, sans nulle prétention, Les phrases se brisent : un être admire part ; La mère quitte l'enfant, sans aucune départ, Une lueur s'éteint, changeant notre position. Une lueur s'efface, emportant à jamais, Un fragment précieux de nos anciens chemins ; Le cœur vacille, face aux lendemains incertains, Devant cette obsolescence, qui nous rappelle l'aimé. Les promesses arrivent, naturelles et belles, De ne plus ajourner les vigueurs éternelles ; De vivre pleinement, ainsi que les sybilles, D'embrasser cet instant aux splendeurs actuelles. Jurer d'abandonner les vaines futilités, S'affranchir des illusions, aux nobles vérités ; Rejeter les contrôles et les fausses libertés, Pour épouser l'éclat des véritables félicités. Affirmer le choix des éclats les plus radieux, Qui guident vers la source de l'authentique grâce, Loin des ombres néfastes qui dérobent leur trace, Obscurcissant l'appel du chemin précieux. Mais l'existence, magicienne inspirée, Reprend inexorablement sa première contrée ; Les urgences factices, toujours empirées, Reviennent sans cesse, ardeur admirée. À nouveau, le trajet laborieux reprend, Devient l'obstacle vain, toujours mystérieux ; La coiffure imparfaite, les soucis ennuyeux, L'agenda déborde, le devoir nous surprend. Jusqu'à la prochaine évocation, sage, Qui viendra secouer le cœur de sa torpeur ; Ramenant à l'essentielle et unique page, De vivre chaque heure avec profondeur. Et si cette fois, promesse sincère, Les engagements restaient à jamais prospères ? Si l'aube apportait une joie singulière, Matin après matin, pure et douce atmosphère ? Non par serments abstraits, vains et illusoires, Mais par des actes concrets, dignes et notoires ; Un regard affectueux, un écho de victoires, Une dégustation calme, de simples gloires. Une déclaration d'amour, purement spontanée, Une étreinte sans faille, sincèrement intentionnée ; Une présence de l'âme, jamais éloignée, Loin de toute prétention, humblement étonnée. Car nulle amnésie n'est plus cruellement fatale, Que celle oubliant l'essence profonde et vitale ; Et nul hommage n'est plus absolument total, Que vivre intensément l'heure actuelle. Pour honorer ceux qui partent, le cœur vaillant, Embrasser l'instant sans jamais faire d'écarte ; Ici-même, maintenant, sans feindre ni d'art, Sans simuler un être, ni être fuyant. Une pensée délicate et profondément altruiste, Pour ces parents partis trop tôt, sans vite ; À progénitures, le sort est triste, Laissés orphelins sur leur site. Et pour ces enfants qui ont grandi soudain, Devant mûrir trop vite face au destin ; Portant en leur cœur, le chemin incertain, L'écho d'un amour à jamais lointain. La présence aimée est devenue absence, Mais elle n'est jamais réduite au silence ; Car l'affection du cœur transcende l'essence, Et survit à l'épreuve de toute sentence. La félicité réside en la sage patience, Au-delà des convoitises, la pure conscience ; Mais au cœur d'un repas, la noble science, Savourant l'instant, source de résilience. Apprécier ce que la vie au fond propose, Le secret maintes fois simplement exposé ; Loin des artifices dont on est enlacé, Le bonheur simple et vrai, humblement composé. Accueillir avec grâce les présents, L'univers offre sa générosité ; Goûter l'ampleur unique des instants, Vibrer au son profond de la véracité. Mélodie céleste, rythmique idéale, Où s'accorde une gratitude intégrale ; Quelle symphonie sublime et générale, Quand l'esprit s'ouvre, en joie magistrale ! Les trésors véritables nous attendent, Nichés au cœur de l'ordinaire, ils transcendent ; Loin des apparences vaines qui prétendent, Scintille l'orbe simple que les jours nous rendent. Cantique éternel, refrain immortel, Fredonné aux aurores, de teinte pastel ; Un air si pur, unique et originel, Éveillant résonances, pur et naturel ! Béatitude trouvée sans jamais nulle recherche, Au détour d'un sourire, à l'ombre d'une perche ; Le contentement n'attend aucune démarche, Mais un sol fertile exempt de toute écorche. Opulence de simplicité, fine harmonie, Richesse d'authenticité, douce symphonie ; Splendeur de sérénité, rare léonie, Grandeur ludique de l'âme, pure euphonie. L'hymne jubilant résonne de tout son fort, Retentit jusqu'aux confins, source de confort ; Nulle richesse amassée ne vaut cet effort, Qui apporte à l'esprit un durable réconfort. L'existence entière offre sa mélodie ; Il faut ouvrir l'oreille attentive et hardie, Pour saisir cette secrète psalmodie, Qui guide l'âme vers la joie infinie. |

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