lundi 22 décembre 2025

Butins fervents

Les lendemains âpres aux destins sibyllins,
Sous les mots ineffables, adoucissent leur cours ;
Les sentiers abrupts deviennent cristallins,
Et les sorts s’éclaircissent, sereins pour toujours.

La sapience, flambeau des contrées lointaines,
Irradie en ondes d’un irénique éclat;
Elle unit les esprits, purifie leurs haleines,
Et trace en secret un radieux portrait.

L’érudition, gemme aux multiples facettes,
Scintille de reflets subtils et chatoyants;
À l’œil qui la devine, elle offre ses secrets,
Trésors enfouis, flamboyants et brillants.

La quintessence pure en silence s’épanche,
Aux jardins secrets où l’esprit prend racine;
Les fleurs de la connaissance, sans repos ni fin,
Éclosent en cycles d’une force divine.

Les éons, burinant les tables de mémoire,
Y gravent leurs marques à jamais indélébiles;
Ils sculptent à loisir la plus haute histoire,
Des savoirs transmis en dépôts immobiles.

L’évanescence vaine des instants fugitifs
Contraste avec l’éclat des pensées éternelles;
Les unes en brume au néant sont captive,
Les autres brillent, immuables et fidèles.

Le verbe se fait chair, l’idée prend racine
Aux terres des cœurs par la grâce éveillés;
La parole féconde en sève s’illumine,
Et nourrit sans bruit les forces déployées.

Le kaléidoscope des savoirs d’autrefois
Miroite en teintes doucement irisées;
Il révèle aux esprits en quête de lois
Mille aspects nouveaux des antiques fusées.

Les syllogismes purs, aux logiques polies,
Dévoilent l’armature invisible des choses;
Ils tracent des chemins vers les hautes polies,
Où l’âme contemple en des repos moroses.

La dialectique, en ses joutes antagonistes,
Enfante des jours des synthèses nouvelles;
Elle fond les contraires en perspectives optimistes,
Et révèle les nœuds de ses lois fraternelles.

L’apophtegme bref renferme l’infini,
Tel un écrin modeste aux splendides merveilles;
Le mot juste, à son heure, au monde ébloui,
Verse des clartés sans ombre ni pareilles.

La sérendipité guide les pas errants
Vers les trésors cachés aux détours du mystère;
Elle ouvre les yeux sur les butins fervents
Que révèle le sort aux chercheurs de la terre.

L’ineffable beauté des sagesses antiques
Illumine à jamais les chemins ténébreux;
Et les générations, par leurs vertus uniques,
Perpétuent l’éclat des savoirs lumineux.

 

dimanche 21 décembre 2025

Au-delà des sentences

Nul regard n’a surpris l’intime soufflrance,
Nul esprit n’a sondé la secrète affliction.
Nul jugement n’a vu l’entière souffrance,
Nul cœur n’a ressenti la pure consternation.

Tes bonheurs vécus sont d’un prix inouï,
Tes peines portées, d’un poids infini.
Tes soleils intimes, à nul autre pareils,
Tes nuits sans échos, hors du monde pareils.

Les arrêts du monde, vains et superficiels,
Ignorent les combats, les nuits, les ascensions.
Leurs balances sont sourdes aux fruits essentiels,
Leurs lois, à jamais, muettes aux passions.

Leur verdict naïf méconnaît la racine,
Leur sentence étroite ignore le dessein.
Il juge l’océan sur la goutte de pluie,
Et croit saisir l’éclair au creux de sa main.

Toi seul as foulé ce sentier solitaire,
Toi seul as guidé ton esquif sur les flots.
Ta route, tracée aux confins de la terre,
Se dérobe aux regards, aux communes échos.

Chaque pas fut le fruit d’un libre arbitrage,
Chaque choix, mûri pour le secret de toi.
Ton âme, ton seul guide en tout son voyage,
N’a de compte à rendre qu’à sa propre loi.

Laisse gronder au loin la vaine opinion,
Le chorus des sots, la froide analyse.
Leur savoir n’est qu’ombre et présomption:
Le blé ne peut juger de la semence apprise.

Ta vie est un livre aux pages sacrées,
Qu’un œil étranger ne saurait sonder.
Son essence fière, au vulgaire murée,
Se refuse à toute clé, hors de la confesser.

Elle brave, altière, l’usuelle entrave,
Elle rit des lois que le commun suit.
Son étoile unique, que nul autre ne grave,
Se forge un sillon où sa flamme conduit.

Nul tribunal n’a droit sur cette conscience,
Nulle cour mortelle autorité n’a là.
Le juge suprême, par sa noble science,
Est cet être unique: toi-même, te voilà.

Ta liberté vraie, en ton for intérieure,
Réside en ce choix qui toujours renaît.
Ton sceptre est ta force intime et meilleure,
Ton empire, le champ que ton seul cœur défrayait.

Ainsi, vis, persiste au-delà des sentences.
Que ton chant singulier brave leur vaine rumeur.
Ta manière d’être, tes seules défenses,
Scellent à jamais ta souveraine humeur.

Vœux solennels

L’aube, d’un gris suave, à pas lents s’évanouit Sous le pinceau nocturne aux doigts d’obscurité ; Les pigments vont naissant des limbes de l...