lundi 12 janvier 2026

Pierre posée

L’Aurore en nos regards se lève,
Murmure au sein de l’ombre brève ;
L’esprit, de sa propre clarté,
S’élance en sa limpidité.

La vie, prodigue et féconde,
Offre son mystère à l’onde ;
Tout élan, tout mouvement,
Porte en soi l’éblouissement.

La conscience, fleur offerte,
S’ouvre au jour qui la découvre,
Et par la trame qui sourd,
L’éternel dessine son cours.

Le temps n’est qu’un songe agile
Où l’homme, pèlerin fragile,
Cherche par-delà le visible
Un feu plus inaltérable.

Son pas, sur la terre inclémente,
Interroge l’azur qui chante ;
Son cœur, de désir chargé,
Est vers l’absolu dirigé.

Qu’il écoute en son for intime
La voix qui jamais ne s’esquive,
Et qu’il voie, au miroir des cieux,
L’infini naissant de ses yeux.

Le sourire devient prière
Qui vers l’étendue s’épand,
Célébrant avec lumière
Le prodige de l’instant.

Toute pulsation du cœur
Annonce une antique ardeur :
Vivre l’heure qui scintille
En sa fugace et fine idylle.

L’ardeur forge le glaive net
Qui tranche les liens secrets ;
Elle ouvre au futur promis
Les seuils par l’audace conquis.

L’allégresse pure éclaire
Les voies qu’elle veut conquérir,
Menant aux lointains sacrés
Des tendresses partagées.

La ferveur embrase l’esprit,
Le cœur qui se donne et s’éprend
Dans le labeur quotidien
Pour un souverain bien.

L’endurance s’y affine
Au toucher de l’invisible
Qui loge au creux du mortel
S’il sait écouter l’appel.

Les triomphes s’amoncellent
Quand les bras frères s’appellent
En une noble rivalité
Pour la suprême beauté.

La grandeur se dévoile
À qui refond son étoffe
Sur le moule des vaillants,
Vainqueurs des pesants.

L’excellence advient coutume
Chez qui répugne au costume
De la plate banalité,
Gravisseur de l’éternité.

Par-delà les luttes vaines,
S’ouvre un royaume où s’étendent
Les jardins de quiétude,
Fin de toute inquiétude.

Les glaives rendus s’offrent
En concerts où se découvrent
Les chants de la concorde
En son infinie corde.

La guerre contre soi-même
Seule est le combat suprême
Qui mène à la conquête
De la vive clarté nette.

Les conflits de l’étendue
Sont mirages qui se fondent
Devant l’unique affrontement
Qui délivre entièrement.

L’accord renaît de l’amour
Connaissant au plus profond
Le secret de remettre
Et de se permettre.

Les cœurs pacifiés trouvent
L’onde où viennent s’abreuver
Les esprits en désir
De vérité à saisir.

La quiétude descend
Sur qui perçoit et comprend
Que la paix véritable
Vient de l’immuable.

L’équilibre intérieur
Fait de l’homme un rêveur,
Roi de ses songeries
Et de ses volontés.

La clémence épanouit
Là où l’orgueil s’anéantit ;
Elle offre son feuillage
Au plus modeste hommage.

La pitié coule à flots
Comme un fleuve qui roule
Vers les déserts arides
Du cœur qui se vide.

Le pardon accorde
À qui sait se donner
Sans réserve ni compte
Au bien qui le hante.

La bonté répand son onde
Autour de qui se conforme
À la seule loi d’aimer,
Souveraine sans altérer.

L’indulgence réunit
Ce que la rancœur délie ;
Elle tresse des liens
Plus puissants que tous les biens.

La mansuétude éclot
Quand l’esprit s’élève et croît
Par l’intelligence
De toute contingence.

L’accueil mutuel ouvre
La voie qui toujours œuvre
Vers la parenté
De la totalité.

La sagesse se conquiert
Par qui jamais ne désire
Les lauriers périssables
Ni les gloires coupables.

Le savoir s’approfondit
Quand le sein s’élargit
Pour recevoir l’autre
Comme un même apôtre.

La constance enfante
Ce que nul ne ravisse
Par force ou par frayeur :
Elle seule ouvre le cœur.

L’humilité couronne
Quiconque délaisse et donne
Les vaines prétentions
De l’orgueil et ses prisons.

La reconnaissance éclôt
Quand le regard s’attendrit
Devant les dons reçus
Des jours déjà révolus.

Le pardon transforme
Les plaies de nacre sombre,
Changeant les vieilles amertumes
En paix sur les écumes.

La foi éclaire
Les nuits du pèlerin
Vers l’aube prochaine
De l’heure sereine.

La loyauté demeure
Par-delà les heures,
Ancrant la présence
En sa haute constance.

Le courage se renforce
Face à l’adversaire tenace
Qui rôde en la demeure
Et sans trêve effleure.

La vérité dénude
Les masques et les ruses,
Elle dépouille la fierté
De ses atours funestes.

La largesse offre
Sans que rien n’étouffe
L’attente ou le paiement
Des renoncements.

La simplicité pare
L’existence et l’épure
De native grâce
Et de beauté vraie.

La sincérité mène
Aux claires terres lointaines
Où l’on peut se connaître
Et intégralement renaître.

La noblesse garde
L’honneur que l’on regarde
En toute occurrence,
Malgré la souffrance.

La révérence sanctifie
Les êtres qu’elle glorifie
En apercevant
Le sacré en tout vivant.

La quiétude pacifie
Les discordes obscures,
Elle adoucit les façons
Et réchauffe les chants.

L’abnégation voue
Les jours à ce qui émeut,
Au service de l’autre
Sans salaire ni gloire.

La persistance affermit
Ce que l’âge construit,
Pierre après pierre posée
Sur la foi épousée.

La gratitude élève
Les regards vers ce qui s’achève
En bienfaits silencieux
Tombés des anciens cieux.

La prévenance anticipe
Les besoins que l’on dissipe
Par geste avant le cri,
Par l’offrande du mari.

La probité mesure
Les actes à la droiture,
Refusant tout détour
Qui fausserait le jour.

La dignité maintient
Le front haut qui soutient
L’épreuve et le mépris
Sans fléchir ni surpris.

La pudeur préserve
Ce sanctuaire qui observe
Les secrets du dedans
Loin des regards mordants.

La retenue contient
Les élans qui retiennent
L’excès et la démence
De l’emportement immense.

La rectitude guide
Les pas sur la voie limpide
Où nulle torsion
N’altère la vision.

L’apaisement final
Couronne le cheminement vital,
Repos du combattant
Qui rejoint le néant.

 

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