L’Aurore en nos regards se lève, Murmure au sein de l’ombre brève ; L’esprit, de sa propre clarté, S’élance en sa limpidité.
La vie, prodigue et féconde, Offre son mystère à l’onde ; Tout élan, tout mouvement, Porte en soi l’éblouissement.
La conscience, fleur offerte, S’ouvre au jour qui la découvre, Et par la trame qui sourd, L’éternel dessine son cours.
Le temps n’est qu’un songe agile Où l’homme, pèlerin fragile, Cherche par-delà le visible Un feu plus inaltérable.
Son pas, sur la terre inclémente, Interroge l’azur qui chante ; Son cœur, de désir chargé, Est vers l’absolu dirigé.
Qu’il écoute en son for intime La voix qui jamais ne s’esquive, Et qu’il voie, au miroir des cieux, L’infini naissant de ses yeux.
Le sourire devient prière Qui vers l’étendue s’épand, Célébrant avec lumière Le prodige de l’instant.
Toute pulsation du cœur Annonce une antique ardeur : Vivre l’heure qui scintille En sa fugace et fine idylle.
L’ardeur forge le glaive net Qui tranche les liens secrets ; Elle ouvre au futur promis Les seuils par l’audace conquis.
L’allégresse pure éclaire Les voies qu’elle veut conquérir, Menant aux lointains sacrés Des tendresses partagées.
La ferveur embrase l’esprit, Le cœur qui se donne et s’éprend Dans le labeur quotidien Pour un souverain bien.
L’endurance s’y affine Au toucher de l’invisible Qui loge au creux du mortel S’il sait écouter l’appel.
Les triomphes s’amoncellent Quand les bras frères s’appellent En une noble rivalité Pour la suprême beauté.
La grandeur se dévoile À qui refond son étoffe Sur le moule des vaillants, Vainqueurs des pesants.
L’excellence advient coutume Chez qui répugne au costume De la plate banalité, Gravisseur de l’éternité.
Par-delà les luttes vaines, S’ouvre un royaume où s’étendent Les jardins de quiétude, Fin de toute inquiétude.
Les glaives rendus s’offrent En concerts où se découvrent Les chants de la concorde En son infinie corde.
La guerre contre soi-même Seule est le combat suprême Qui mène à la conquête De la vive clarté nette.
Les conflits de l’étendue Sont mirages qui se fondent Devant l’unique affrontement Qui délivre entièrement.
L’accord renaît de l’amour Connaissant au plus profond Le secret de remettre Et de se permettre.
Les cœurs pacifiés trouvent L’onde où viennent s’abreuver Les esprits en désir De vérité à saisir.
La quiétude descend Sur qui perçoit et comprend Que la paix véritable Vient de l’immuable.
L’équilibre intérieur Fait de l’homme un rêveur, Roi de ses songeries Et de ses volontés.
La clémence épanouit Là où l’orgueil s’anéantit ; Elle offre son feuillage Au plus modeste hommage.
La pitié coule à flots Comme un fleuve qui roule Vers les déserts arides Du cœur qui se vide.
Le pardon accorde À qui sait se donner Sans réserve ni compte Au bien qui le hante.
La bonté répand son onde Autour de qui se conforme À la seule loi d’aimer, Souveraine sans altérer.
L’indulgence réunit Ce que la rancœur délie ; Elle tresse des liens Plus puissants que tous les biens.
La mansuétude éclot Quand l’esprit s’élève et croît Par l’intelligence De toute contingence.
L’accueil mutuel ouvre La voie qui toujours œuvre Vers la parenté De la totalité.
La sagesse se conquiert Par qui jamais ne désire Les lauriers périssables Ni les gloires coupables.
Le savoir s’approfondit Quand le sein s’élargit Pour recevoir l’autre Comme un même apôtre.
La constance enfante Ce que nul ne ravisse Par force ou par frayeur : Elle seule ouvre le cœur.
L’humilité couronne Quiconque délaisse et donne Les vaines prétentions De l’orgueil et ses prisons.
La reconnaissance éclôt Quand le regard s’attendrit Devant les dons reçus Des jours déjà révolus.
Le pardon transforme Les plaies de nacre sombre, Changeant les vieilles amertumes En paix sur les écumes.
La foi éclaire Les nuits du pèlerin Vers l’aube prochaine De l’heure sereine.
La loyauté demeure Par-delà les heures, Ancrant la présence En sa haute constance.
Le courage se renforce Face à l’adversaire tenace Qui rôde en la demeure Et sans trêve effleure.
La vérité dénude Les masques et les ruses, Elle dépouille la fierté De ses atours funestes.
La largesse offre Sans que rien n’étouffe L’attente ou le paiement Des renoncements.
La simplicité pare L’existence et l’épure De native grâce Et de beauté vraie.
La sincérité mène Aux claires terres lointaines Où l’on peut se connaître Et intégralement renaître.
La noblesse garde L’honneur que l’on regarde En toute occurrence, Malgré la souffrance.
La révérence sanctifie Les êtres qu’elle glorifie En apercevant Le sacré en tout vivant.
La quiétude pacifie Les discordes obscures, Elle adoucit les façons Et réchauffe les chants.
L’abnégation voue Les jours à ce qui émeut, Au service de l’autre Sans salaire ni gloire.
La persistance affermit Ce que l’âge construit, Pierre après pierre posée Sur la foi épousée.
La gratitude élève Les regards vers ce qui s’achève En bienfaits silencieux Tombés des anciens cieux.
La prévenance anticipe Les besoins que l’on dissipe Par geste avant le cri, Par l’offrande du mari.
La probité mesure Les actes à la droiture, Refusant tout détour Qui fausserait le jour.
La dignité maintient Le front haut qui soutient L’épreuve et le mépris Sans fléchir ni surpris.
La pudeur préserve Ce sanctuaire qui observe Les secrets du dedans Loin des regards mordants.
La retenue contient Les élans qui retiennent L’excès et la démence De l’emportement immense.
La rectitude guide Les pas sur la voie limpide Où nulle torsion N’altère la vision.
L’apaisement final Couronne le cheminement vital, Repos du combattant Qui rejoint le néant. |
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