mardi 6 janvier 2026

Vers le milieu

Un mot, parfois, détourne le cours des âges ;
Un propos ordonné trouble l’abîme obscur.
La parole abat l’orgueil des cloîtres sauvages,
Un geste éclatant ouvre un large azur.

Les vocables, miroirs où l’ombre se découvre,
Où les songes fluents s’unissent et se font,
Sont plus qu’un code étroit, une leçon du Louvre :
Ils sont l’étreinte close d’un prodige profond.

Parler, c’est exercer l’art d’une vie heureuse,
Façonner la nuée et lui donner un lieu,
C’est la confidence offerte à la roche ombreuse,
Un signe des humains montant vers le milieu.

Forger son dire, c’est asseoir son passage
Sur un sol incertain, mouvant et sans chaleur.
La langue est le pivot de notre propre image,
Voie qui affirme et garde la saveur.

Par le discours l’esprit entre en lice et s’avance,
Il ranime les songes, défie les faux-semblant.
Elle nous fait présents au moment qui s’élance,
Marque de ce qui vit, attouchement tremblant.

Le verbe est un présent qui nous pétrit et fonde,
Il est la flamme active, et l’offrande, et le lys,
Il fraye des routes qu’ignorent les yeux ronds,
Montre qui nous sommes et ce que nous offrions.

Ainsi dire est un acte de pure génèse,
Un périple sans terme, une lente métamorphose.
C’est le récit de l’homme en sa propre quête,
La clé du songe obscur qui nous tire de pose.

Et voici que, par l’onde émise de nos bouches,
Se tient le grand secret des siècles et des lois.
Le verbe est le mélange où la nuit et le jour bougent,
Il guide notre trace et nous dit : « Sois paré de droits. »

Ce recueil s’épanche alors et poursuit sa conquête,
Les esprits s’enhardissent, les cœurs cherchent pair.
C’est la langue qui, sur l’obscurité des fêtes,
Révèle la hauteur des attentes et du pair.

Qu’est-ce que l’homme, sinon un songe en pupille,
Un guetteur d’absolu, toujours en devenir ?
Il se donne à l’espace immense qui vacille,
Et par ses sons, une présence ose finir.

Ô toi qui dis, ô toi qui prends de la altitude,
Sache que les sons que ton sein exalte
Sont un astre enfanté par les cieux taciturnes,
Une clarté nacrée, mais aromée de toniques.

S’élève donc, ce qui n’est pas bruit éphémère,
Mais la force du vœu, la quiétude en essor.
C’est là que, par magie, se prépare une terre.
Et par les vers dressés, se révèle un ressort.

 

jeudi 1 janvier 2026

L’écho de la paix

Lorsque Janvier s’éveille en son premier matin,
Il porte dans son aube un espoir du destin ;
Vers un Éden lointain, par-delà les nuages,
Où l’âme, en gravissant, trouve ses vrais étages.

L’an neuf ouvre un sentier de sobre sagesse,
Une route inconnue qu’éclaire une ivresse ;
Guidé par le dessein, le songe et la clarté,
La quiétude y naît au jardin souhaité.

Le jour est un champ que nos mains ont semé,
Un ouvrage tranquille à l’éclat apaisé ;
Sur la page du temps qui se ploie et s’étale,
Traçons d’un doigt sûr une joie cristale.

Ô force souveraine, ô constance si pure,
Qui guides nos pas sous l’ombre et la froidure,
Fais luire au cœur troublé un rayon familier,
Car tout renaît sans cesse aux ailes du réveil.

Ce n’est point par l’éclat que triomphe l’esprit,
Mais par l’œuvre patiente où l’amour s’écrit ;
L’année, humble flambeau sous la voûte infinie,
Montre un couloir étroit vers une autre harmonie.

Qu’importent les tourments, les affres du chemin,
Si l’aube efface tout d’un geste de sa main ?
Cette clarté, pour qui sut la persévérance,
Fait de la vie un art et de l’effort, une offrande.

Que Janvier emporte avec lui les douleurs,
Et laisse sur nos fronts un parfum de ferveur ;
Car l’an qui vient est un élan matinal,
Un temps pour bâtir un avenir lustral.

Ainsi s’écrit l’histoire au rythme des efforts,
Quand le présent vainqueur ranime nos ressorts ;
Par la victoire humble, douce et volontaire,
S’épanouit la paix, fidèle et salutaire.

Puisse cette année, en son jeune éclat,
Nous porter l’ardeur de ses combats ;
Et qu’en ces instants, du doute à la liesse,
Paraisse la force qui mène à la sagesse.

Ô Paix, ô constance, ô renouveau sacré,
Toi qui, dans le cycle, n’es jamais altéré,
C’est toi qui nous étreins de l’alpha à l’oméga,
Faisant de nos destins un éternel sentier.

Ô toi, paix éternelle, asile de la flamme,
Phare de la quête où s’éteint le vacarme,
Étoile du marin sur la mer sans limite,
Sanctuaire du cœur que nul chagrin n’imite.

Tel Ulysse lassé qui rejoint son port,
Je cherche en ton giron l’absolu du remords ;
Plus exquise qu’un palais où le luxe se vautre,
Tu m’offres un trésor que n’éclaire aucun autre.

Ni le flux de la mer, ni les cimes altières
N’ont troublé le silence où ta grace prospère ;
Ton appel est un luth aux cordes infinies,
Faisant vibrer l’éther sous les cieux bénis.

Loin des tumultes vains, des désirs éphémères,
Ton règne est un arbre aux profondes racines,
Où je viens m’abriter, et dans l’ombre apaisée,
Laisser s’effacer toute peine épuisée.

Qu’importe l’infini, qu’importe l’horizon,
Si l’amour est ce temple et ta seule raison ?
Plus belle que l’aurore aux mille feux nacrés,
Ta lumière m’enlace, immuable et sacrée.

Ô paix, je t’ai cherchée à travers le chaos,
Par le chant des oiseaux, le frémissement des eaux ;
Mais c’est au fond de moi, source vive et première,
Que ton astre rayonne, intime et lumière.

Pareil le voyageur qui rejoint sa maison,
Je trouve en ton abri ma seule oraison ;
Et les palais dorés, les monts audacieux,
Ne valent ton repos silencieux.

L’ardoise des toits gris, l’odeur des humbles prés,
Me sont plus chers encor que les marbres dorés ;
Mon village natal blotti sous ton mystère
Chante mieux à mon cœur que Rome tout entière.

Quand le soir est suspendu, qu’une aube pressentie
Vient caresser le bord de la nuit amortie,
Je sens croître en mon sein la paix que tu consoles,
Sublime, infinie, où s’envolent les idoles.

Ô paix, noble demeure au rayonnement doux,
Plus riche pour l’esprit que les vains bijoux ;
Ton silence est un chant, ton ombre un pavillon
Où se fond en unité le bruit du monde.

Que le guide éternel des cœurs égarés
M’offre toujours en toi l’abri désiré ;
Et que mon dernier respire, en une humble retraite,
S’éteigne par ta clarté qui jamais ne renaît.

Puisque mon cœur dépose en cette ode pieuse
Un hommage fervent à ton essence radieuse,
Ô paix intérieure qui sais tout apaiser,
Les tourments, les douleurs et l’éclat du baiser,

Règne en mon être entier tel un astre constant,
Illumine mes jours de ton feu patient ;
Et si la nuit un jour doit fermer ma paupière,
Que ta lumière veille, éternelle et première.

Puisses-tu, ô douceur, garder toujours mon cœur
Loin des passions vaines, de l’erreur et de la peur ;
Et que ses Battements, calme et délibéré,
Soit l’écho de la paix aux cieux demeurée.

Ainsi chantons en chœur, d’un rythme mesuré,
La paix qui fait renaître un monde éploré ;
Sublime, indivisible, elle est le doux passage
Où l’homme se retrouve et conquiert son courage.

 

mardi 30 décembre 2025

L’Imparfaite Perfection

Car elle est l’imparfaite perfection,
Une secrète et douce mélodie,
Ton port d’attente, et ton horizon,
Où la raison rencontre la vie.

Et si parfois gronde au loin l’orage,
N’oublie point qu’après l’ondée,
Le soleil, éternel témoin sage,
De l’amour profond darde l’idée.

On n’attend point le bonheur coffret,
On ne le poursuit d’une haleine vaine ;
Avec un rien, avec un secret,
Un pas, un mot, une humble amorce humaine.

Artisanal, ce bonheur fragile,
Si faible en apparence, et pourtant fort,
Il ne tient à rien, mais se rallie
Au seul ciseau qui lui donne essor.

En ce dernier jour, l’année s’envole,
Emportant soucis, peines, regrets ;
Mais l’espoir renaît, comme l’aurore,
Le plus beau reste près, jamais assez.

Sous les froids étoiles de décembre,
Une clarté pénètre nos cœurs,
Murmure : Avance sans rien craindre,
Le plus beau de nos jours est ailleurs.

Ainsi, en ce jour où tout s’achève,
Gravons dans l’âme cette clarté :
Parfois l’instant porte un doux rêve,
Amour sincère pour l’éternité.

Chéris ces instants, bijoux de l’heure,
Cueille ton sourire, fleur de hasard ;
L’avenir s’illumine et s’effleure,
Ton cœur bat au rythme du regard.

Si l’orage au loin gronde encore,
Souviens-toi qu’après la tourmente,
Le soleil danse, et tend l’aurore,
Un éclat blanc que l’ombre augmente.

Ainsi va la vie, belle et fragile,
Poème écrit au livre des ans ;
Aime sans réserve, aime avec zèle,
C’est du feu que naît le diamant.

Et si ton pied trébuche en la route,
Souviens-toi de ces trois clartés :
Le courage dont demain s’ajoute,
La sincérité des cœurs cantés ;

Garde ton cœur, surveille tes phrases,
Fuis la vanité, l’oisiveté ;
Ton choix décide où tu te phrases,
Vers la lumière ou l’obscurité.

Tu ne peux tout plier à ton glaive,
Mais ton regard change l’alentour ;
Sous l’épreuve, une force s’élève,
Et s’épure à l’aube du jour.

Marche donc, d’une foi légère,
Vers l’horizon encore inconnu ;
Le bonheur est une humble lumière,
Un trésor vivant que tu as nu.

On n’attend point le bonheur semé,
On ne court après son ombre même ;
Il se savoure à l’instant aimé,
Avec trois fois rien, quand l’âme aime.

 

dimanche 28 décembre 2025

Cadence franche

La mer, au long des golfes diaphanes,
Renaît soudain de songes diaphanes,
Et dans l’écume aux frissons argentés,
Ravive un temps de jeux ensorcelants.

Il fallut, d’accords naissants et tendres,
Un souffle d’amour, des présents si chers,
Pour que naquît, sous la plume hardie,
Une mémoire à jamais épanouie.

La mère, d’un geste, ouvre les pages,
Peignant l’éclat des anciens paysages ;
L’enfant, poète à son tour, s’enflamme,
Revivant ces œuvres, il en proclame :

« Ô joie ! » s’écrie l’écho du passé,
Ce refrain vif où le bonheur a passé ;
Par ses jeunes ans l’écrit emporte
Un rire franc, un charme qui l’emporte.

Ainsi renaît, tel un souffle léger,
L’échange pur des ans passagers,
Où rires et pleurs tissent leur trame,
Conte vécu, reflet de notre âme.

L’intime alliance, tendresse et humour,
Offre au passé son éternel retour ;
Et ce voyage aux reflets continue :
Chacun retrouve l’heure qu’il voulut.

Enfance, source d’ombres et de lumières,
Berceau des songes, des peines, des prières,
Tu es le miroir de nos sphères lointaines,
Le guide sûr où s’apaisent nos haines.

Douce France, ô douce terre aimée,
Sous tes cieux clairs l’art est charmé ;
À travers tes refrains, la mémoire penche,
Le passé revient en cadence franche.

À toi, Trenet, chanteur de l’éphémère,
Poète des cieux et des vastes mers,
Ton verbe s’élève en refrain serein,
Gravé pour toujours dans l’écrit souverain.

L’enfance profonde, à jamais vivante,
Traverse le temps, douce et mouvante ;
Elle chante en nous, par-delà les âges,
Don sacré, ouvrage, ultime message.

Que ces vers soient l’humble hommage
À toi qui portes le doux témoignage
D’une voix pure, d’une plume inspirée,
Le souvenir des jours réinventés.

Puisque de l’amour naît l’écrivain,
Rêvant des jours où tout fut sien,
À la source claire de ses jeunes années
Il grave l’éternel par ses destinées.

Ô douce mère, ô complice du passé,
Ton appel tendre a tout ranimé ;
D’un cœur à l’autre, la vie s’embrase,
Portant le doux fardeau qu’elle éclaire.

Et nous, lecteurs, au seuil de vos mots,
Trouvons le reflet de nos échos ;
Dans ce jardin où chantent les heures,
Naît une paix, source des bonheurs.

On les dit anges aux ailes déployées,
Ces êtres sensibles par l’amour tissés,
Qui, d’un regard, d’un geste de tendresse,
S’élèvent vers l’éther avec noblesse.

lundi 22 décembre 2025

Butins fervents

Les lendemains âpres aux destins sibyllins,
Sous les mots ineffables, adoucissent leur cours ;
Les sentiers abrupts deviennent cristallins,
Et les sorts s’éclaircissent, sereins pour toujours.

La sapience, flambeau des contrées lointaines,
Irradie en ondes d’un irénique éclat;
Elle unit les esprits, purifie leurs haleines,
Et trace en secret un radieux portrait.

L’érudition, gemme aux multiples facettes,
Scintille de reflets subtils et chatoyants;
À l’œil qui la devine, elle offre ses secrets,
Trésors enfouis, flamboyants et brillants.

La quintessence pure en silence s’épanche,
Aux jardins secrets où l’esprit prend racine;
Les fleurs de la connaissance, sans repos ni fin,
Éclosent en cycles d’une force divine.

Les éons, burinant les tables de mémoire,
Y gravent leurs marques à jamais indélébiles;
Ils sculptent à loisir la plus haute histoire,
Des savoirs transmis en dépôts immobiles.

L’évanescence vaine des instants fugitifs
Contraste avec l’éclat des pensées éternelles;
Les unes en brume au néant sont captive,
Les autres brillent, immuables et fidèles.

Le verbe se fait chair, l’idée prend racine
Aux terres des cœurs par la grâce éveillés;
La parole féconde en sève s’illumine,
Et nourrit sans bruit les forces déployées.

Le kaléidoscope des savoirs d’autrefois
Miroite en teintes doucement irisées;
Il révèle aux esprits en quête de lois
Mille aspects nouveaux des antiques fusées.

Les syllogismes purs, aux logiques polies,
Dévoilent l’armature invisible des choses;
Ils tracent des chemins vers les hautes polies,
Où l’âme contemple en des repos moroses.

La dialectique, en ses joutes antagonistes,
Enfante des jours des synthèses nouvelles;
Elle fond les contraires en perspectives optimistes,
Et révèle les nœuds de ses lois fraternelles.

L’apophtegme bref renferme l’infini,
Tel un écrin modeste aux splendides merveilles;
Le mot juste, à son heure, au monde ébloui,
Verse des clartés sans ombre ni pareilles.

La sérendipité guide les pas errants
Vers les trésors cachés aux détours du mystère;
Elle ouvre les yeux sur les butins fervents
Que révèle le sort aux chercheurs de la terre.

L’ineffable beauté des sagesses antiques
Illumine à jamais les chemins ténébreux;
Et les générations, par leurs vertus uniques,
Perpétuent l’éclat des savoirs lumineux.

 

dimanche 21 décembre 2025

Au-delà des sentences

Nul regard n’a surpris l’intime soufflrance,
Nul esprit n’a sondé la secrète affliction.
Nul jugement n’a vu l’entière souffrance,
Nul cœur n’a ressenti la pure consternation.

Tes bonheurs vécus sont d’un prix inouï,
Tes peines portées, d’un poids infini.
Tes soleils intimes, à nul autre pareils,
Tes nuits sans échos, hors du monde pareils.

Les arrêts du monde, vains et superficiels,
Ignorent les combats, les nuits, les ascensions.
Leurs balances sont sourdes aux fruits essentiels,
Leurs lois, à jamais, muettes aux passions.

Leur verdict naïf méconnaît la racine,
Leur sentence étroite ignore le dessein.
Il juge l’océan sur la goutte de pluie,
Et croit saisir l’éclair au creux de sa main.

Toi seul as foulé ce sentier solitaire,
Toi seul as guidé ton esquif sur les flots.
Ta route, tracée aux confins de la terre,
Se dérobe aux regards, aux communes échos.

Chaque pas fut le fruit d’un libre arbitrage,
Chaque choix, mûri pour le secret de toi.
Ton âme, ton seul guide en tout son voyage,
N’a de compte à rendre qu’à sa propre loi.

Laisse gronder au loin la vaine opinion,
Le chorus des sots, la froide analyse.
Leur savoir n’est qu’ombre et présomption:
Le blé ne peut juger de la semence apprise.

Ta vie est un livre aux pages sacrées,
Qu’un œil étranger ne saurait sonder.
Son essence fière, au vulgaire murée,
Se refuse à toute clé, hors de la confesser.

Elle brave, altière, l’usuelle entrave,
Elle rit des lois que le commun suit.
Son étoile unique, que nul autre ne grave,
Se forge un sillon où sa flamme conduit.

Nul tribunal n’a droit sur cette conscience,
Nulle cour mortelle autorité n’a là.
Le juge suprême, par sa noble science,
Est cet être unique: toi-même, te voilà.

Ta liberté vraie, en ton for intérieure,
Réside en ce choix qui toujours renaît.
Ton sceptre est ta force intime et meilleure,
Ton empire, le champ que ton seul cœur défrayait.

Ainsi, vis, persiste au-delà des sentences.
Que ton chant singulier brave leur vaine rumeur.
Ta manière d’être, tes seules défenses,
Scellent à jamais ta souveraine humeur.

samedi 20 décembre 2025

Espérance intime

Ô fragile espérance, inassouvie haleine,
Toi qui veilles,invisible, au seuil de l’humain chemin,
Fidèle même au cœur oublieux de sa peine,
Tu tends,par-delà l’heure, une immortelle main.

Le haletant rythme des jours qui s’évadent
Étouffe la voix claire et le rêve aimant;
La poussière des ans où nos espoirs se dégradent,
Ton murmure secret nous vient ranimer pourtant.

L’éclat qui nous aveugle et s’évanouit vite,
Le monde en son brasier consumant tout désir,
Espérance, tu passes au seuil où tout s’abîme,
Silencieuse lueur au cœur du souvenir.

Dans les regards éteints, par la fuite fébrile,
Tu demeures, clarté voilée aux yeux distraits,
Oasis suspendue au désert immobile,
Serment d’un jour naissant, horizon désormais.

Nulle force jamais ne brise ton souffle tendre,
Espérance des ombres, douceur éternelle,
Flamme calme qui veille et ne veut point se rendre,
Tu révèles l’aurore au-delà de l’infidèle.

Ô fiancée pâle de l’avenir caché,
Garde dans la brume où l’homme se perd,
La confiance inaltérable au cœur mal attaché,
Et nourris son rêve au creux du regard clair.

Les cœurs endurcis, au bruit indifférents,
Ricanent de ton lustre, naïve et tendre fleur ;
C’est par ta douce flamme, enivrante et présente,
Que survit à sa nuit l’humaine profondeur.

Prie pour nous, espère avec nos âmes frêles,
Sème un peu d’amour au jardin délaissé;
Humble éclat, sagesse en lueurs immortelles,
Tu fais poindre une aube où le jour est passé.

Les riches dans l’orgueil te méprisent et t’oublient,
Crient aux biens présents, aux choses de néant ;
Les pauvres, plus discrets, tel une gerbe unie,
Te portent, espérance intime et patiente.

Sans toi, tout se briserait pour l’ombre éternelle,
La course frénétique achèverait son cours;
Mais tu es là, secrète, et ta clarté rebelle,
Semble un signe de vie qui défie les jours.

Le cœur des enfants garde ta flamme pure,
Ils croient au matin, à d’autres lueurs d’or ;
Espérance chérie, éternelle et sûre,
Que nul ne renie, même aux portes du sort.

Aux rêveurs égarés, aux âmes trop meurtries,
Offre un doux refuge, un amour apaisé ;
Le tumulte amer des humaines folies
S’apaise en ton avenir, fier et discret.

Il suffit d’un soupir, d’un élan, d’un regard,
Pour qu’à l’horizon naisse une vie éclaircie;
Espérance immortelle, étoile de notre part,
Foi des humbles sous l’immense ciel de la vie.

Nous marchons, revêtus de ton nom précieux,
Portés par ta douceur, ton léger et lent feu,
Vers un temps meilleur, vers des cieux plus cléments,
Où l’homme enfin saura— aimer en rêvant.

 

Vœux solennels

L’aube, d’un gris suave, à pas lents s’évanouit Sous le pinceau nocturne aux doigts d’obscurité ; Les pigments vont naissant des limbes de l...