mardi 30 décembre 2025

L’Imparfaite Perfection

Car elle est l’imparfaite perfection,
Une secrète et douce mélodie,
Ton port d’attente, et ton horizon,
Où la raison rencontre la vie.

Et si parfois gronde au loin l’orage,
N’oublie point qu’après l’ondée,
Le soleil, éternel témoin sage,
De l’amour profond darde l’idée.

On n’attend point le bonheur coffret,
On ne le poursuit d’une haleine vaine ;
Avec un rien, avec un secret,
Un pas, un mot, une humble amorce humaine.

Artisanal, ce bonheur fragile,
Si faible en apparence, et pourtant fort,
Il ne tient à rien, mais se rallie
Au seul ciseau qui lui donne essor.

En ce dernier jour, l’année s’envole,
Emportant soucis, peines, regrets ;
Mais l’espoir renaît, comme l’aurore,
Le plus beau reste près, jamais assez.

Sous les froids étoiles de décembre,
Une clarté pénètre nos cœurs,
Murmure : Avance sans rien craindre,
Le plus beau de nos jours est ailleurs.

Ainsi, en ce jour où tout s’achève,
Gravons dans l’âme cette clarté :
Parfois l’instant porte un doux rêve,
Amour sincère pour l’éternité.

Chéris ces instants, bijoux de l’heure,
Cueille ton sourire, fleur de hasard ;
L’avenir s’illumine et s’effleure,
Ton cœur bat au rythme du regard.

Si l’orage au loin gronde encore,
Souviens-toi qu’après la tourmente,
Le soleil danse, et tend l’aurore,
Un éclat blanc que l’ombre augmente.

Ainsi va la vie, belle et fragile,
Poème écrit au livre des ans ;
Aime sans réserve, aime avec zèle,
C’est du feu que naît le diamant.

Et si ton pied trébuche en la route,
Souviens-toi de ces trois clartés :
Le courage dont demain s’ajoute,
La sincérité des cœurs cantés ;

Garde ton cœur, surveille tes phrases,
Fuis la vanité, l’oisiveté ;
Ton choix décide où tu te phrases,
Vers la lumière ou l’obscurité.

Tu ne peux tout plier à ton glaive,
Mais ton regard change l’alentour ;
Sous l’épreuve, une force s’élève,
Et s’épure à l’aube du jour.

Marche donc, d’une foi légère,
Vers l’horizon encore inconnu ;
Le bonheur est une humble lumière,
Un trésor vivant que tu as nu.

On n’attend point le bonheur semé,
On ne court après son ombre même ;
Il se savoure à l’instant aimé,
Avec trois fois rien, quand l’âme aime.

 

dimanche 28 décembre 2025

Cadence franche

La mer, au long des golfes diaphanes,
Renaît soudain de songes diaphanes,
Et dans l’écume aux frissons argentés,
Ravive un temps de jeux ensorcelants.

Il fallut, d’accords naissants et tendres,
Un souffle d’amour, des présents si chers,
Pour que naquît, sous la plume hardie,
Une mémoire à jamais épanouie.

La mère, d’un geste, ouvre les pages,
Peignant l’éclat des anciens paysages ;
L’enfant, poète à son tour, s’enflamme,
Revivant ces œuvres, il en proclame :

« Ô joie ! » s’écrie l’écho du passé,
Ce refrain vif où le bonheur a passé ;
Par ses jeunes ans l’écrit emporte
Un rire franc, un charme qui l’emporte.

Ainsi renaît, tel un souffle léger,
L’échange pur des ans passagers,
Où rires et pleurs tissent leur trame,
Conte vécu, reflet de notre âme.

L’intime alliance, tendresse et humour,
Offre au passé son éternel retour ;
Et ce voyage aux reflets continue :
Chacun retrouve l’heure qu’il voulut.

Enfance, source d’ombres et de lumières,
Berceau des songes, des peines, des prières,
Tu es le miroir de nos sphères lointaines,
Le guide sûr où s’apaisent nos haines.

Douce France, ô douce terre aimée,
Sous tes cieux clairs l’art est charmé ;
À travers tes refrains, la mémoire penche,
Le passé revient en cadence franche.

À toi, Trenet, chanteur de l’éphémère,
Poète des cieux et des vastes mers,
Ton verbe s’élève en refrain serein,
Gravé pour toujours dans l’écrit souverain.

L’enfance profonde, à jamais vivante,
Traverse le temps, douce et mouvante ;
Elle chante en nous, par-delà les âges,
Don sacré, ouvrage, ultime message.

Que ces vers soient l’humble hommage
À toi qui portes le doux témoignage
D’une voix pure, d’une plume inspirée,
Le souvenir des jours réinventés.

Puisque de l’amour naît l’écrivain,
Rêvant des jours où tout fut sien,
À la source claire de ses jeunes années
Il grave l’éternel par ses destinées.

Ô douce mère, ô complice du passé,
Ton appel tendre a tout ranimé ;
D’un cœur à l’autre, la vie s’embrase,
Portant le doux fardeau qu’elle éclaire.

Et nous, lecteurs, au seuil de vos mots,
Trouvons le reflet de nos échos ;
Dans ce jardin où chantent les heures,
Naît une paix, source des bonheurs.

On les dit anges aux ailes déployées,
Ces êtres sensibles par l’amour tissés,
Qui, d’un regard, d’un geste de tendresse,
S’élèvent vers l’éther avec noblesse.

lundi 22 décembre 2025

Butins fervents

Les lendemains âpres aux destins sibyllins,
Sous les mots ineffables, adoucissent leur cours ;
Les sentiers abrupts deviennent cristallins,
Et les sorts s’éclaircissent, sereins pour toujours.

La sapience, flambeau des contrées lointaines,
Irradie en ondes d’un irénique éclat;
Elle unit les esprits, purifie leurs haleines,
Et trace en secret un radieux portrait.

L’érudition, gemme aux multiples facettes,
Scintille de reflets subtils et chatoyants;
À l’œil qui la devine, elle offre ses secrets,
Trésors enfouis, flamboyants et brillants.

La quintessence pure en silence s’épanche,
Aux jardins secrets où l’esprit prend racine;
Les fleurs de la connaissance, sans repos ni fin,
Éclosent en cycles d’une force divine.

Les éons, burinant les tables de mémoire,
Y gravent leurs marques à jamais indélébiles;
Ils sculptent à loisir la plus haute histoire,
Des savoirs transmis en dépôts immobiles.

L’évanescence vaine des instants fugitifs
Contraste avec l’éclat des pensées éternelles;
Les unes en brume au néant sont captive,
Les autres brillent, immuables et fidèles.

Le verbe se fait chair, l’idée prend racine
Aux terres des cœurs par la grâce éveillés;
La parole féconde en sève s’illumine,
Et nourrit sans bruit les forces déployées.

Le kaléidoscope des savoirs d’autrefois
Miroite en teintes doucement irisées;
Il révèle aux esprits en quête de lois
Mille aspects nouveaux des antiques fusées.

Les syllogismes purs, aux logiques polies,
Dévoilent l’armature invisible des choses;
Ils tracent des chemins vers les hautes polies,
Où l’âme contemple en des repos moroses.

La dialectique, en ses joutes antagonistes,
Enfante des jours des synthèses nouvelles;
Elle fond les contraires en perspectives optimistes,
Et révèle les nœuds de ses lois fraternelles.

L’apophtegme bref renferme l’infini,
Tel un écrin modeste aux splendides merveilles;
Le mot juste, à son heure, au monde ébloui,
Verse des clartés sans ombre ni pareilles.

La sérendipité guide les pas errants
Vers les trésors cachés aux détours du mystère;
Elle ouvre les yeux sur les butins fervents
Que révèle le sort aux chercheurs de la terre.

L’ineffable beauté des sagesses antiques
Illumine à jamais les chemins ténébreux;
Et les générations, par leurs vertus uniques,
Perpétuent l’éclat des savoirs lumineux.

 

dimanche 21 décembre 2025

Au-delà des sentences

Nul regard n’a surpris l’intime soufflrance,
Nul esprit n’a sondé la secrète affliction.
Nul jugement n’a vu l’entière souffrance,
Nul cœur n’a ressenti la pure consternation.

Tes bonheurs vécus sont d’un prix inouï,
Tes peines portées, d’un poids infini.
Tes soleils intimes, à nul autre pareils,
Tes nuits sans échos, hors du monde pareils.

Les arrêts du monde, vains et superficiels,
Ignorent les combats, les nuits, les ascensions.
Leurs balances sont sourdes aux fruits essentiels,
Leurs lois, à jamais, muettes aux passions.

Leur verdict naïf méconnaît la racine,
Leur sentence étroite ignore le dessein.
Il juge l’océan sur la goutte de pluie,
Et croit saisir l’éclair au creux de sa main.

Toi seul as foulé ce sentier solitaire,
Toi seul as guidé ton esquif sur les flots.
Ta route, tracée aux confins de la terre,
Se dérobe aux regards, aux communes échos.

Chaque pas fut le fruit d’un libre arbitrage,
Chaque choix, mûri pour le secret de toi.
Ton âme, ton seul guide en tout son voyage,
N’a de compte à rendre qu’à sa propre loi.

Laisse gronder au loin la vaine opinion,
Le chorus des sots, la froide analyse.
Leur savoir n’est qu’ombre et présomption:
Le blé ne peut juger de la semence apprise.

Ta vie est un livre aux pages sacrées,
Qu’un œil étranger ne saurait sonder.
Son essence fière, au vulgaire murée,
Se refuse à toute clé, hors de la confesser.

Elle brave, altière, l’usuelle entrave,
Elle rit des lois que le commun suit.
Son étoile unique, que nul autre ne grave,
Se forge un sillon où sa flamme conduit.

Nul tribunal n’a droit sur cette conscience,
Nulle cour mortelle autorité n’a là.
Le juge suprême, par sa noble science,
Est cet être unique: toi-même, te voilà.

Ta liberté vraie, en ton for intérieure,
Réside en ce choix qui toujours renaît.
Ton sceptre est ta force intime et meilleure,
Ton empire, le champ que ton seul cœur défrayait.

Ainsi, vis, persiste au-delà des sentences.
Que ton chant singulier brave leur vaine rumeur.
Ta manière d’être, tes seules défenses,
Scellent à jamais ta souveraine humeur.

samedi 20 décembre 2025

Espérance intime

Ô fragile espérance, inassouvie haleine,
Toi qui veilles,invisible, au seuil de l’humain chemin,
Fidèle même au cœur oublieux de sa peine,
Tu tends,par-delà l’heure, une immortelle main.

Le haletant rythme des jours qui s’évadent
Étouffe la voix claire et le rêve aimant;
La poussière des ans où nos espoirs se dégradent,
Ton murmure secret nous vient ranimer pourtant.

L’éclat qui nous aveugle et s’évanouit vite,
Le monde en son brasier consumant tout désir,
Espérance, tu passes au seuil où tout s’abîme,
Silencieuse lueur au cœur du souvenir.

Dans les regards éteints, par la fuite fébrile,
Tu demeures, clarté voilée aux yeux distraits,
Oasis suspendue au désert immobile,
Serment d’un jour naissant, horizon désormais.

Nulle force jamais ne brise ton souffle tendre,
Espérance des ombres, douceur éternelle,
Flamme calme qui veille et ne veut point se rendre,
Tu révèles l’aurore au-delà de l’infidèle.

Ô fiancée pâle de l’avenir caché,
Garde dans la brume où l’homme se perd,
La confiance inaltérable au cœur mal attaché,
Et nourris son rêve au creux du regard clair.

Les cœurs endurcis, au bruit indifférents,
Ricanent de ton lustre, naïve et tendre fleur ;
C’est par ta douce flamme, enivrante et présente,
Que survit à sa nuit l’humaine profondeur.

Prie pour nous, espère avec nos âmes frêles,
Sème un peu d’amour au jardin délaissé;
Humble éclat, sagesse en lueurs immortelles,
Tu fais poindre une aube où le jour est passé.

Les riches dans l’orgueil te méprisent et t’oublient,
Crient aux biens présents, aux choses de néant ;
Les pauvres, plus discrets, tel une gerbe unie,
Te portent, espérance intime et patiente.

Sans toi, tout se briserait pour l’ombre éternelle,
La course frénétique achèverait son cours;
Mais tu es là, secrète, et ta clarté rebelle,
Semble un signe de vie qui défie les jours.

Le cœur des enfants garde ta flamme pure,
Ils croient au matin, à d’autres lueurs d’or ;
Espérance chérie, éternelle et sûre,
Que nul ne renie, même aux portes du sort.

Aux rêveurs égarés, aux âmes trop meurtries,
Offre un doux refuge, un amour apaisé ;
Le tumulte amer des humaines folies
S’apaise en ton avenir, fier et discret.

Il suffit d’un soupir, d’un élan, d’un regard,
Pour qu’à l’horizon naisse une vie éclaircie;
Espérance immortelle, étoile de notre part,
Foi des humbles sous l’immense ciel de la vie.

Nous marchons, revêtus de ton nom précieux,
Portés par ta douceur, ton léger et lent feu,
Vers un temps meilleur, vers des cieux plus cléments,
Où l’homme enfin saura— aimer en rêvant.

 

mercredi 17 décembre 2025

Paix première

Ta franchise, pure et sans mélange,
Éclaire encor ton noble chemin;
Généreuse,et que nul ne plange,
Elle conduira toujours ta main.

Cette intégrité qui t’habite
Reste à jamais ton plus sûr appui;
Quand les tempêtes nous sollicitent,
Elle seule sera ton abri.

Garde, close en ton cœur fidèle,
La liberté de l’esprit hautain;
La justice et la bonté z’y sommeillent,
Ton honneur z’y fleurit soudain.

Tu parviendras à tes fins dernières,
Quand bien même le temps s’éternise,
Et que les âmes familières
Te délaissent à la mort précise.

Ne désespère point de l’issue
Si l’effort semble un vain retour;
La patience jamais ne s’épuise
À guetter l’aube d’un nouveau jour.

Tu parviendras malgré l’épreuve
Qui semble accabler ton destin,
Et si la solitude t’abreuve
De son fiel amer et sans fin.

Fût-il besoin de recommencer
Ce que les destins ont détruit,
Ton courage saura lancer
Ce qu’un doux espoir avait construit.

Tu parviendras, n’en doute point,
Quand nul secours ne te seconde;
Ta volonté sera le point
D’où tu soulèveras le monde.

Les heures ne sont que des masques
Cachant la victoire prochaine;
Tes efforts ne sont point des fasques
Si tu poursuis, sans lâcher peine.

Tu parviendras à ton dessein,
Malgré l’adversité cruelle,
Même si ton cœur incertain
Fléchit sous la tourmente elle.

Ne crains jamais l’isolement
Quand la foule autour se délaisse;
Ta force naît du dépouillement
Qui vient épurer ta tendresse.

Tu parviendras, c’est chose sûre,
Quand tout semble être défendu;
Ta constance sera ta cure,
Ton inattendu salut.

L’épreuve forge les caractères
Qui refusent de s’agenouiller;
Tu trouveras les routes claires
Pour enfin te réconcilier.

Dès que l’aurore à l’horizon
Ouvre sa main pleine de lumière,
Elle chasse l’ombre et sa prison,
Nous convie à la paix première.

Les ténèbres fuient sa clarté,
Les tourments nocturnes s’effacent;
Elle offre à notre humanité
L’espoir tenace qui ne lasse.

Respire alors cette quiétude
Née avec les premiers rayons,
Chasse toute inquiétude
Hors de tes saintes visions.

L’espoir renaît avec le jour,
Vivace en dépit de la peine;
Sème en ton cœur même l’amour,
Répands-le par toute ton haleine.

 

samedi 13 décembre 2025

Horloge intérieure

Libéré des angoisses et des poids qui enlacent,
L’esprit, en sa paix ferme, à l’instant s’embellit.
Il brise les liens que les heures effacent,
Et du Temps précieux goûte le fruit qui luit.

L’aiguille au ciel parcourt son cercle impartial,
Comptant nos jours bornés d’une égale mesure.
Ce n’est point l’abandon qui nous devient fatal,
Mais l’heure sans emploi, perdue, sans culture.

Notre pouls, fugace, est le sublime rythme ;
Notre souffle, l’espace où vit notre destin.
Le cœur bat la pantomime,
Des secondes en fuite, ô capital festin !

Quand s’éteint la terreur de perdre ce qu’on aime,
Quand naît l’amour de l’heure et de son vol subtil,
L’âme en convalescence enfante son problème:
Un sage qui savoure un fruit, fût-il fragile.

Métamorphose intime, obscure guérison,
Transformation lente au silence cachée,
L’horloge bat l'ultime estime
De l’instant, papillon sur la fleur épanché.

Les visages s’en vont, les minutes demeurent ;
Les rencontres s’effacent, les heures persistent ;
Les adieux nous surviennent, les saisons demeurent ;
Les nœuds se dénouent, mais les jours subsistent.

Détaché du filet où la Possession trame,
Ancré dans l’éphémère et libre d’illusion,
L’esprit, au but ultime,
Cultive le présent avec dévotion.

Craindre non la perte des êtres éphémères,
Mais chérir le seul bien que le Ciel nous donna:
La sagesse en poussière,
Le trésor de l’instant dont l’essence rayonne.

À quoi bon l’attache à des ombres légères,
Quand le sable précis fuit entre nos doigts vains?
À quoi bon les alarmes, ces douleurs amères,
Quand coule à jamais l’onde aux rythmes incertains?

Les aiguilles tournent, constantes, inexorables ;
Les grains tombent sans grâce et sans compassion;
Les dates sont instables, lointaines, indifférentes ;
Le Temps règne en monarque et sans concession.

Les vrais liens résistent au flux des marées ;
Les faux s’évanouissent au premier tourment.
Les heures sont sacrées, nul ne les rachètera :
Investissons-les d’un noble sentiment.

Quand l’esprit délivré recouvre la lumière,
Il saisit la valeur du joyau temporel.
Jamais plus l’esclave d’une vaine carrière,
Il devient le gardien d’un trésor éternel.

Lorsque s’évapore une crainte insidieuse,
Quand brille la Vérité, simple et radieuse,
La vie prend une allure harmonieuse,
L’âme resplendit, sereine et gracieuse.

Choisir l’heure qui passe et jamais ne revient,
Plutôt que l’absent peut-être qui survient:
C’est le bien véritable où la vertu s’enracine,
C’est le noble maintien où la sagesse affine.

Entre la peur du temps et l’acceptation pure,
Se dessine un courage, indomptable et serein.
Ta force est la sculpture
D’un héros qui surmonta l’impossible destin.

Ces monts infranchissables, ces fleuves sans rivage,
Ces murailles d’airain que tu crus indomptables,
Tu les as traversés, ô guerrier sans visage,
Et de ton pas puissant les marches sont foulables.

Regarde derrière toi : les obstacles terrassés,
Les dragons abattus,les démons mis en fuite,
Les périls effacés, les dangers dépassés,
Témoins muets des combats dont ton âme est instruite.

Ta force excède tout ce que tu peux concevoir,
Ta vaillance surpasse et défie ta pensée,
Ta bravoure est un miroir
Où l’infini de ton courage est reflété.

Quand viendront les orages aux nouvelles collisions,
Quand surgiront des maux aux sinistres couleurs,
  Rappelle-toi tes propres guérisons ,
Et garde haut l’étendard des anciens vainqueurs.

Ne fléchis jamais sous l’obscur des fardeaux,
Ne courbe point ton front sous l’assaut des nuées,
Ne cède pas aux bourreaux,
Mais reste fier, debout, dans l’honneur habitée.

 

jeudi 11 décembre 2025

Nature première

Ô toi, dont le fier regard fuit l’apparat,
Brise l’étau des jugements vulgaires;
Que ton essence, jaillissant sans fard,
Déjoue les chaînes aux subtils calibres.

Lève ton étendard, singulier et fier,
Proclame ta vérité, rebelle et franche ;
Qu’aucun décret n’impose à ton âme altière
Le manteau falot d’une foi qui se penche.

Si l’opinion commune vacille et tremble
Devant le port altier de ton être entier,
Reste debout, que rien ne te rende humble,
Face au torrent d’un monde peu familier.

Ton authenticité, pure et rayonnante,
Surpasse l’éclat de mille mascarades;
Que ton individualité, tonnante et vivante,
Fasse trembler leurs bien fragiles palissades.

Rejette l’ornement, l’hypocrite parure
Qui voile l’élan vrai, le feu primordial ;
Ton franc-parler, limpide et sans souillure,
Brave l’océan de leur chant inégal.

Ne courbe jamais l’échine sous leur sentence,
Qui voudrait polir ton relief indompté;
Garde intacte la sainte différance,
Trésor unique, par nature octroyé.

Car l’originalité demeure et persiste
Quand tout conspire à vouloir l’effacer;
Ton esprit, libre, résiste et existe
Au-delà des normes qui voudraient l’enlacer.

Arrache-toi enfin à leur lourde tutelle
Qui prétend régir tes nuances,tes couleurs ;
Ton unicité, divine étincelle,
Brille bien au-delà de leurs mornes rancœurs.

Cultive en toi cette noble bravoure
Qui ose se montrer au pur soleil du jour;
Que ton courage, d’une éternelle saveur,
Triomphe de leur froidure et de leur séjour.

Défends ton territoire, ton jardin intime,
Contre l’envahissement du commun vulgaire;
Ton caractère, légitime et sublime,
Vaut leurs vains accords de grégaire grammaire.

Affranchis-toi du verdict de leur règne
Qui juge à travers un prisme obscur et étroit;
Ta singularité, qu’aucun dédain ne peigne,
Trace un horizon plus droit et de plus haut.

Nargue leurs froides conventions, leurs usages
Qui glacent l’essor, l’élan créateur ;
Ton indépendance, loin de leurs rivages,
S’incline vers un destin supérieur.

Refuse cette fade uniformité
Qui nivelle les cimes, aplanit les cœurs ;
Ta franchise, ta riche personnalité
Transpercent leurs cadres, leurs vains labeurs.

Brise le moule étroit, préfabriqué,
Où leur vœu stupide espère te contraindre;
Ton authenticité, sacrée, inviolable,
Ne saurait en ces lieux étriqués s’éteindre.

Élève-toi, par la grâce de ta franchise,
Au-dessus du marais de leur médiocrité;
Que ton audace, qu’aucun frein ne brise,
Accomplisse ce qu’ignore la tiédeur de leur timidité.

Apprends l’art délicat du sage retrait
Quand l’environnement corrompt et dénature;
Préserve ton secret et saint secret
Des influences qui rompent ta signature.

Écarte-toi des êtres vils, sans flame,
Qui souillent la noblesse de ton dessein;
Choisis les compagnons, l’utile diadème,
Qui servent ton épanouissement serein.

La maturité, lentement, nous enseigne
À fuir les contacts vénéneux,toxiques ;
Que sur tes cercles choisis ta prudence règne,
Pour garder purs tes jardins spécifiques.

Protège l’estime, fragile et précieuse,
Des assauts répétés du mal sournois;
Sois vigilant, d’une âme ingénieuse,
Face au signal de l’hostile et du froid.

Évite les lieux, les situations
Qui compromettent l’or de ta valeur;
Préfère les rares et vraies relations
Qui chérissent ton essence et ton honneur.

Cultive en toi la subtile clairvoyance
Pour déceler le poison dissimulé;
Que ta persévérance, pleine de constance,
Sache,avec art, s’en être éloigné.

La paix du cœur parfois l’exige :
Rompre le lien, briser l’attache,
Quand l’entourage nous dirige
Vers de néfastes sentiers, sans tâche.

Choisis avec sagesse tes batailles,
Ne gaspille point ta force et ton génie
Sur qui, obstiné, en ses entrailles,
Refuse ta lumineuse harmonie.

Préserve l’équilibre, la sérénité,
Des turbulences, des vents néfastes ;
Reste ferme, garde en sa liberté
Ton navire face aux courants contrastes.

Garde, ô garde précieusement
L’intégrité de ta nature première,
Loin de tout lent avilissement
Qui ternirait ta céleste lumière.

Cesse de poursuivre l’âme indifférente
Qui détourne son regard de glace;
Forge plutôt ton propre firmament
Où ta loi règne, et prend sa place.

Cours, cours vers tes aspirations,
Vers ton ciel qui attend ton élan fervent;
Laisse les vaines hésitations
À qui craint le chemin, à qui ne se rend vivant.

 

dimanche 7 décembre 2025

L’art des paroles

Lorsque s’élève le faix d’un verbe probe et droit,
Une aurore paraît au seuil des lèvres frémissantes,
Le vocable s’envole, émissaire de ce globe,
Portant l’essor du matin aux sphères éclatantes.

Par la clarté d’une voix apaisée, sereine,
S’ouvre un passage où réside la grâce infinie,
Ses rameaux, syllabes aux teintes souveraines,
S’ancrent à l’instant où la gratitude s’épanouit.

Offrir ces vocables, c’est transmuer l’âpre,
Un pont d’astres entre deux cieux éloignés,
Car tout remerciement, noble et qui croît,
Demeure joyau des destins ordonnés.

Verbe élu, lorsqu’il touche et résonne en échos,
Devient miroir d’un respect impérissable,vrai,
Il scelle un pacte où l’écho redit ses propos,
Hymne d’un lien solennel à jamais.

Naît ainsi l’art des paroles données en partage,
Fragiles joyaux qu’on élève en offrande,
Elles transforment les lointains du rivage,
En clairs refuges où la confiance s’épande.

Remercier, c’est engendrer un espace,
Un abri pour l’effort noblement conduit,
Ce verbe porte le mérite d’une juste place,
Honore l’acte, en mémoire établi, instruit.

Sous la caresse d’un merci posé, harmonieux,
Une voie paraît, emplie de reconnaissance,
L’oubli s’efface, et l’esprit enfin pieux,
Reçoit l’écho d’une brève mais profonde présence.

Prononcer ce verbe, c’est ensemencer les graines,
Aux champs féconds des heures partagées,
Il germe au centre des relations humaines,
Liant les vivants par son haleine orangée.

Vérité jaillie des profondeurs intimes,
Quand la gratitude trouve son expression,
Le verbe s’élève, ardente et noble cime,
Éclairant les cœurs de sa divine mission.

Ô pouvoir du remerciement qui transforme,
Les rapports communs en trésors éternels,
Il donne aux gestes quotidiens une forme,
Qui les élève vers des sommets solennels.

Que résonne toujours cette mélodie sacrée,
Qui célèbre autrui en ses actions méritoires,
Ces paroles simples, pieusement murmurées,
Inscrivent à jamais les plus belles histoires.

Les lèvres qui prononcent ce verbe magique,
Deviennent fontaines de félicité pure,
Transformant l’instant en moment pacifique,
Où règne la paix en sa plus belle parure.

Ainsi s’épanouit la fleur de gratitude,
Aux jardins de nos vies journalières,
Elle chasse l’ombre de l’ingratitude,
Et fait rayonner nos relations légères.

Honorer autrui par ce simple vocable,
C’est reconnaître sa valeur inestimable,
C’est édifier des ponts fermes, durables,
Entre les cœurs, rendant l’existence aimable.

 

vendredi 5 décembre 2025

Les ailes du savoir

Au seuil des mystères aux feuillets clos,
S’ouvrent les ailes altières du savoir,
Dévoilant archipels et vastes flots,
Où croissent à la fois espoir et pouvoir.

Ces lettres, ces syllabes, notes choisies,
En rangs disposés, concorde absolue,
Portent en leur fibre les rêveries,
Le miel de l’esprit que l’art distille.

Vestiges des siècles aux lointains fastes,
Parcourant les cercles du ciel profond,
Des stèles antiques aux codex vastes,
Vous portez l’enseignement fécond.

Manuscrits liés de fils scintillants,
Gisant sur les pupitres de fierté,
Récits éclatants, triomphes vaillants,
Gardez le secret de l’éternité.

Signes tracés sur papyrus anciens,
Contant les hauts faits des rois vénérés,
Messages gravés en traits sybillins,
Par les doigts experts des lettrés sacrés.

Vélin subtil aux peintures exquises,
Ouvrages lents des cloîtres pieux,
Missels ouvragés, œuvres promises,
Montrent leurs joyaux sous les saints cieux.

Surgit l’inventeur au dessein suprême,
Copiant les textes par légions,
Le connu s’élève au diadème,
Affranchissant l’idée des prisons.

Recueils couverts de soieries chamarrées,
Accueillant les vers des poètes saints,
Livrant leurs feuillets aux ardeurs sacrées,
Festin offert aux cerveaux affamés.

Bibliothèques aux rayons pourprés,
Abritant les songes et doctrines,
Conviant à partir vers des prés,
Au-delà des confins, des ruines.

Compagnons muets des heures discrètes,
Vous chuchotez les arrêts des peuples,
Portant en vos flancs les ancrettes,
Nourrissant nos cœurs de rites simples.

Quand sonne l’appel des pages vierges,
S’entrouvrent les portes des ailleurs,
Les caractères bougent, les vocables émergent,
Dévoilent leurs attraits, leurs saveurs.

Conseillers sagaces aux réponses graves,
Vous guidez nos pas vers les lumières,
Vos feuillets bruissent comme les laves,
Portant la raison des primes heures.

Refuges discrets aux jours de tourmente,
Vous offrez la fuite vers des États lointains,
Changeant les moments de peine lente,
En pèlerinages vers des destins.

Archives des temps aux pensées mûres,
Vous conservez les voix des âges éteints,
Gardant intact l’adage des scribes,
Comme un dépôt que nul n’a contraint.

Par vos pages vole la fantaisie,
Vers les pays où siègent les énigmes,
Portant l’entendement vers l’extase,
Des vérités voilées, des dogmes.

Ô tomes bénis, héritiers des astres,
Vous franchissez les ans, inaltérables,
Portant en vos cœurs les préceptes vrais,
Les songeries lourdes, impénétrables.

Fontaines sans fin des méditations,
Vous abreuvez les fronts altérés,
Donnant sans repos des oblations,
À ceux qui cherchent les vérités.

Protecteurs sans âge des doctrines nettes,
Vous dépassez les jours,sans déclin,
Conservant entier, malgré les défaites,
L’oracle sacré des temps divins.

Livres chéris, aux feuillets odorants,
Vous demeurerez nos confidents,
Conduisant nos pas vers les cieux errants,
Par les routes que nous empruntons.

Alliés sûrs des heures recueillies,
Vous partagez vos biens sans limites,
Éclairant de vos feuillets pâlis,
Les voies ténébreuses vers les abris.

Ô livres, gardiens des cycles anciens,
Qui franchissez les ères et les nues,
Des argiles cuites aux feuillets siens,
Portez l’épopée, la foi, les venues.

Jadis, sur des plaques de terre incisées,
Les gestes d’un roi furent conservés,
Hommes du croissant, aux stylettes fines,
Gravèrent les premiers germes, racines.

Vint le papyrus, des berges du fleuve,
Rouleaux égyptiens, minces mais neufs,
Les scribes, avec art, y traçaient les cultes,
Fables des aïeux, les dits des aïeuls.

Parchemin, peau de bête transfigurée,
Devint le corps des ouvrages enluminés,
Religieux, en leurs murs, avec ferveur,
Reproduisaient les phrases, gardant la faveur.

L’homme de Mayence, par son art nouveau,
Enfanta la presse, changeant le bourg,
Les volumes pullulèrent, les credos rayonnèrent,
La beauté s’offrit, les yeux s’étonnèrent.

Plus tard, vinrent les in-octavo légers,
Fictions, les traités, les strophes légères,
Les mots cheminèrent, les idées volèrent,
Ils devinrent amis, partout où l’on erre.

Aujourd’hui, demain et l’ère qui vient,
Les livres devinrent sortilèges,
Les salles de lecture et boutiques, miens,
Offrent des présents à la main, sans sièges.

Ô livres, vous êtes dépositaires du souvenir,
Sentinelles des sceaux de raison,
Éveillez les consciences, engraissez l’avenir,
Brasiers qui jamais ne tariront.

Quand l’homme interroge le silence,
Ils lui portent la réplique,
S’il connaît l’ennui, ils sont sa défense,
Sans voix vaine, ni réplique.

Amis proches, constants, indéfectibles,
Phares érudits, parfaits exemples,
Livres,à travers les jours, les cycles,
Sont à jamais loués, leurs miracles.

Il n’est pas octroyé à toute créature,
De vivre ceint de ces ondes,
Quand l’homme cherche une figure,
Ils lui portent la réponse, leurs mondes.

Compagnons des veilles, trésors des études,
Vous demeurez les piliers de l’esprit,
Face aux bouleversements, aux inquiétudes,
Votre feu conseille, apaise, nourrit.

Par vous, l’enfant s’éveille à l’aventure,
L’adulte trouve écho à son tourment,
Le vieillard revisite la peinture,
Des jours enfuis dans le firmament.

Ô permanence calme en l’océan des choses,
Îles de certitude en la mouvance,
Où l’on pose le pied, où l’on repose,
Hors du flux vain, de l’inconstance.

Dans votre sein, le passé respire encore,
L’avenir se dessine, possible et multiple,
Chaque page tournée est une aurore,
Chaque chapitre clos, un temple.

Vous liez les humains par delà les frontières,
Chaîne invisible et pourtant solide,
Où les pensées, sœurs en prière,
Deviennent un seul fluide.

Aussi, tant que les yeux sauront déchiffrer,
Tant que les mains tourneront la feuille,
Vous continuerez de faire lever,
L’inouï que le cœur recueille.

Demeurez donc, ô colonnes du songe,
Arche immense aux multiples ponts,
Où l’intelligence se prolonge,
Et trouve l’infini dont nous témoignons.

Dernier accord, ultime strophe close,
Que votre chant jamais ne s’achève,
Mais que sur l’avenir il se pose,
Comme une semence qui lève.

 

L’effort partagé

Sois le feu qui s’élève au seuil de chaque aube,
Quand le doute épaissit la lumière qui tombe ;
Offre à l’instant tremblant la force calme et noble,
Un souffle clair porté par la lenteur qui comble.

Écoute en toi le chant du silence subtil,
Où l’attente façonne un pas léger, tranquille,
Vers la clarté qui naît des régions immobiles
Et mêle à la douceur un mystère fragile.

Nulle fuite en cela, nulle erreur de chemin,
Mais l’élan d’une foi qui ne demande rien,
Et qui s’élève encore en son humble maintien
Sans jamais renier l’ombre au bord du matin.

Un regard quelquefois rallume l’espérance,
Il brise les liens froids de l’ordinaire errance,
Et ramène au réel la douce résonance
D’un horizon ouvert par sa simple présence.

La vérité se plie, délicate et mouvante,
Tel un ruisseau paisible ou l’eau vive s’invente,
Qui choisit son parcours s’attarde ou s’augmente,
Et se fraie un chemin où toute forme chante.

Sois patience et murmure en l’instant suspendu,
Sois la pause qui tient sans effort superflu,
Quand les gestes s’accordent au souffle retenu
Et qu’un silence heureux transfigure le flux.

Certains liens se devinent au cœur du non-dit,
Dans la clarté sans bruit d’un regard adouci,
Où l’absence elle-même ouvre un passage exquis
Vers ce qui se révèle et n’avait point jailli.

Attendre sans la peur est courage profond,
Une danse au milieu des doutes qui répond ;
Car le pas retenu trace un plus vaste rond
Où l’âme sait mûrir sans naufrage au grand fond.

Ce qui vaut d’être aimé ne parle jamais fort ;
Il brille comme un sceau posé sur notre sort,
Une promesse calme aux éclats d’or et d’effort,
Dont la lenteur travaille en son secret encore.

Ne méprise jamais la lenteur souveraine :
Elle cisèle en paix les formes qu’elle entraîne,
Tel la fleur qui s’ouvre en beauté presque pleine
Loin du tumulte lourd et des griffes humaines.

Par le souffle surgit le choix d’offrir encore ;
Le choix devient offrande et croit sans réconfort.
Ce n’est point renier ce qui veille au-dehors,
Mais tendre une confiance où s’apaise le sort.

Chercher sans se hâter dévoile la clarté :
Les vérités profondes exigent leur durée ;
Car le fruit trop pressé naît sans maturité,
Et la liberté vraie s’apprend à se garder.

Attendre n’est défaite, mais ferveur offerte,
Le patient tissage où l’âme se desserte,
Un labeur sans calcul sous la main qui s’alerte
Et laisse advenir l’aube en ses routes ouvertes.

Les âmes, quand enfin leur silence s’accorde,
Ne se pressent jamais pour franchir une porte ;
Elles marchent ensemble où la lumière déborde,
Et reconnaissent l’autre au matin qui les porte.

Tout poème commence en l’éclat d’un espoir,
Dans la tendre vigueur qui soutient le devoir,
Et dans ce souffle pur qu’on ne peut concevoir
Sans sentir qu’il demeure au-delà du savoir.

Quand l’un s’éloigne encore et l’autre tient la clef,
Nul présage n’apparaît ni malheur ni reflet ;
 N’est qu’un vieux serment qu’on retire en secret,
Pour laisser place au jour qui demande d’entrer.

Il faut deux pour bâtir les ponts du cœur sincère,
Non un seul pour porter ce que l’autre espère ;
L’épreuve devient noble, et la route plus claire,
Quand la voix répond voix et que l’écho se serre.

Mais si nul son ne vient, l’effort devient fardeau :
La quête solitaire est pierre sur le dos.
Il est juste de voir quand se ferme un rideau
Et quand l’ombre s’allonge au détour du repos.

Quand le cœur offert rencontre un long silence,
Il s’incline et revient vers sa propre présence,
Il retrouve en son sein l’ancienne délivrance
Et renoue avec lui sa première constance.

Poser ses propres bornes évite les naufrages ;
On déjoue les mirages de l’orgueil en passage,
Car nulle route en soi ne mérite l’ombrage
Si l’échange se meurt sous un froid paysage.

Un lien n’existe vrai que s’il se fait miroir ;
Chaque reflet soutient l’autre en son pur devoir,
Et sans ce double éclat, sans cet humble savoir,
Nulle offrande ne dure au profond des couloirs.

Aimer, c’est avancer sans tirer ni presser,
C’est suivre un même pas dans un même penser,
Avec cette douceur qu’on ne peut traverser
Sans sentir à quel point elle sait nous lier.

Efforts des tempêtes ont splendeurs singulières ;
Ils renaissent du sable et des heures premières,
Mais il faut contre tout que les âmes légères
Tiennent l’unique rame en leurs forces entières.

Nul combat ne se gagne au bord d’un seul destin ;
L’effort s’épuise alors, et l’ombre tend la main.
Donner seul ne suffit sans l’écrin du chemin,
Et l’amour sans retour demeure incertain.

Partage est cette étoile offrant son lumineux,
Un guide traversant les chemins hasardeux ;
Car seul, l’être se perd en des gestes poudreux
Et s’égare aux détours du silence ombrageux.

Même les flammes pures se figent en hiver
Si l’on oublie le monde où l’âme doit se taire ;
Nul élan ne survit sans échange sincère,
Et l’amour dépérit s’il s’offre solitaire.

Il faut donc reconnaître où se fausse la voie,
Quand l’effort alourdit ce que l’ivresse emploie,
Et comprendre sans heurt que l’on peut pour soi
Soutenir l’univers que l’autre parfois broie.

Ne blâme pas le cœur qui donna sans compter :
Il portait sa clarté même sans être écouté.
Il est noble parfois de cesser d’insister
Quand le regard d’en face apprend à s’effacer.

Car même l’amour pur réclame un tendre écho ;
Sans reflet, il s’étiole et devient dur fardeau.
Cueille l’instant simple et son discret flambeau,
Car la lumière ose au frisson le plus beau.

Garde toi ce feu doux qui résiste aux marées
Et traverse en secret les peines ignorées.
Aime, mais exigeant que réponse apparée
Soutienne ton offrande en paroles jurées.

Suis le sillon tracé par l’effort partagé,
Non les ombres qui font la conscience plier.
Sois ce pas qui attend, sans jamais renier
Ce qu’il voit se dissoudre ou se déployer.

La patience n’est trouble que si l’autre ment ;
Sinon, elle est l’étoile annonçant le moment
Où l’avenir s’ouvre en un vaste firmament
Et rend au cœur sa paix par un souffle aimant.

L’amour pur ne s’offre à personne qui se fuit,
 S’ouvre au compagnon dont le geste construit.
Écoute cette alarme éclairant chaque nuit :
Elle distingue le feu du vacarme en circuit.

Sois l’écho de ta flamme et non l’ombre d’hier ;
Choisis la pierre douce où reposer tes fers,
Car les liens vrais unissent sans briser la chair
Et deviennent des ponts traversant la misère.

Retiens que l’amour danse à deux cœurs réunis,
Et qu’aucune délivrance en chemin ne s’unit
Sans le juste retour qui répond à l’uni
Et révèle la paix après l’orage fini.

Sois fidèle à ton être, à ton feu, à ton pas,
Mais non à la frayeur qui retient et détruit.
Marche fier dans le monde, et ton cœur saura
Que l’écho reviendra s’il ne trahit pas.

 

mardi 2 décembre 2025

Lettre première

Le pas chemine sur une onde affaiblie,
Au cœur du dire, sous un ciel de fierté.
Les mots, polis, révèlent une conduite
Comme la pluie ranime l’antiquité.

Le sens, caché sous la lettre première,
Demeure astre au sein de la nuit obscure ;
On en tresse un collier de pierre claire
Pour l’esprit et le cœur, double nature.

Qu’une lecture cherche intelligence
Et goûte au trait la grâce contenue ;
Ceci n’est qu’un dépôt de confiance
Que l’encre trace avec lignes de nues.

En chaque vers, une source féconde,
Un parfum de croyance exhalé,
Une phrase au flux pur comme une onde
Qui désaltère un regard éclairé.

Si l’on voyait l’âme ainsi parée
Du secret du serviteur et du mystère,
Et qu’on s’approche du vrai, éploré,
La tendresse submerge la terre.

Retour à l’amour enclose et profonde,
Entre les murs intimes, en secret ;
Là s’expose une plainte au monde,
Qui vivifie sans mesure ni arrêt.

Offre un sourire aux roses : la vie
Est un pré verdoyant sous ton passage ;
Sème ta clarté sur l’ombre, infinie,
Lumière dissipant le voile des âges.

Persévère dans le nom du Très-Haut,
Par qui les cœurs demeurent inondés ;
Son orient luit à l’horizon haut,
Brillant d’une rosée de clartés.

Que la foi donne ce qu’elle a de limpide,
Les battements livrent les arcanes ;
Prie par ce cœur jamais rassasié
Que du chant des aubes diaphanes.

Les jours sont fleurs épanouies
À l’ombre de la joie et du guide ;
Porte ce flambeau qui dénoue
Les ténèbres du songe et du vide.

Le durable ne manque point si
Le pied s’ancre au flux des mers ;
La constance est la clé ici
En tout ciel où l’aube éclôt, amer.

La marche sur la route unie
S’orne d’un pacte sur le temps ;
Le soutien, en toute harmonie,
Offre sans fin dons éclatants.

Heureux qui garde en son allure
La juste voie, fuit les souillures,
Et pare son sein d’une ardure
Où s’ouvrent grandes les serrures.

Suis dans le gouffre existentiel
La voie d’affection ; tu cueilleras
L’apaisement en ton cœur fier,
Et tu offriras l’éclat du vrai
Marchant sur le cours assuré.

La clairvoyance enfante paix
Et enracine le sens sans ordre ;
Cultive son fruit que tu pais
De patience et d’élan concorde.

Les lueurs d’un Seigneur prodigue
Guident les pas du scrutateur ;
Son lustre, dans le siècle, brigue
Un ciel orné de splendeur.

Ce poème est une coulée d’ambre
Où les accents en l’ouïe expirent ;
Il va, sur le rythte du chambre,
Allumant des feux sur la lyre.

Il respire ses fleurs en un pré
Où l’expression et le son croissent,
Se pose sur des cœurs altérés
Comme une ondée en champs qui boivent.

Louange à Toi qui mis au verbe un charme,
Et tissas de clarté ses métamorphoses ;
Tu fis de mes dire un miroir calme
Montrant beauté, dévoilant choses.

Quand s’achève son cours, qu’on sache
Qu’il reste un air aux plis des ans,
Ou tel passage vers un espace
Sous le zénith ou l’aube en essor.

La plume a chanté dans le livre
Et posé son camp en ton refuge ;
Je la laisse aller vers tout givre,
Rare de sens, baume du lierre.

Le secret de durer est écrit
Dans une alliance à l’aura franche ;
Clôt ainsi le trajet du dit,
Visant le faîte et la perche.

 

Chant rythmée

Ce chant naquit d’un pur épanchement,
Que les accords ont adouci pour l’ouïe.
Il suit la loi du vœu, au sein du songe
Qui rallume les feux au plus profond.

Il huma ses floraisons au jardin
De l’expression rythmée et des échos,
Puis vint sur les cœurs altérés de lui
Comme l’averse apaisant la terre aride.

Gloire à Celui qui plaça l’enchantement au dire
Et fila, de l’aurore guide, ses phases !
Le discours devint miroir immaculé
Montrant la grâce et dévoilant ses arcanes.

Lorsque ses vers s’achèvent, qu’on le sache :
Ils persistent, mélodie au sein des âges,
Ou pareils au passage vers l’éther vaste
Sous le zénith ou sous l’aube fidèle.

Les calames ont modulé sur le rouleau vivant,
Fixé leur halte par Son agrément sûr.
Il fut confié à la route, vers tout cœur,
Sublime de sens, aromate des ans.

Le sceau de la durée gît en ce qu’on grave
Par le souffle candide et la parole nette.
Que l’itinéraire du langage ainsi s’achève, aspirant
À franchir l’ultime et gagner la cime.

L’amulette du verbe demeure clarté circulant
Autour du vrai, au for des humains.
Notre héritage, la pensée immaculée ; promesse
Du tracé dans le domaine permanent.

Les sens, par la grandeur, atteignent les hauteurs :
Ce sont les monts inébranlés, les sommets.
Exhalant leur quintessence sitôt que la quête
Ouvre les voies du rayonnement pur.

Élargissant l’horizon de l’éloquence, éclat fulgurant
S’épanouit au cours pareil aux corolles.
En son plein, résident le vrai et le lustre ;
La lueur unit les regards.

Apparaissant tel l’astre en sa fulgurance,
Nulle profondeur ne reste sans clarté.
Chantant la beauté devenue délice
Du regard intime et des pupilles.

La vie se voit par l’œil du clairvoyant :
Il dévoile la limpidité des occultes ténèbres.
L’amour se trouve en ses replis,
Abreuvant l’existence d’une paix auguste.

La voûte céleste ondoie en ses plis,
Par sa splendeur féconde et première.
Que ses significations soient semées sur ses ondes,
Traversant les espaces sans mesure.

Concept s’élevant par un esprit altier,
Par–dessus les plaines et tous les reliefs.
Il efface l’obscur, sème en toute créature
L’annonce salutaire et le lustre éminent.

Aux cœurs, elle s’est montrée semblable
À la rosée étanchant la soif de l’esprit,
Ou à la modulation parvenant aux oreilles,
Air incarnant le sens des traces.

Elle demeurera fraîche, exhalaison de la brise
Sur la pelouse où s’inclinent les fleurs.
Ou comme le pas sur la voie des compagnons,
Rafraîchissant le vase et réjouissant les nuits.

Le dire, lorsqu’il s’incarne avec probité
Au centre de l’écoutant du vrai comblé,
Projette sa lueur sur les brumes : alors brillent
Les lieux de la pensée neuve et féconde.

 

lundi 1 décembre 2025

Tendresse infinie

Amour immense maintient en état,
Affection cosmique garde en ce climat,
Tendresse infinie retient en cette phase,
Bienveillance absolue entoure et rase.

Non l'amour restreint aux relations humaines,
Mais amplitude dépassant toute gêne,
Non l'affection limitée aux personnes connues,
Mais magnitude embrassant les venues.

Amour sans objet ni sujet défini,
Puissance attractive sans limite ni fini,
Magnétisme universel attirant,
Gravitation spirituelle aspirant.

Rétention ne constitue emprisonnement,
Maintien n'équivaut confinement,
Captivité s'avère en fait élargissement,
Contrainte révèle affranchissement.

Paradoxe s'impose à conscience bouleversée,
Contradiction s'installe en pensée renversée,
Antinomie s'établit en perception changée,
Ce qui retient simultanément a dégagé.

Chose ineffable se produit soudain,
Événement indicible survient enfin,
Phénomène inexplicable advient certain,
Avènement inouï surgit au lointain.

Poitrine se dilate miraculeusement,
Thorax s'élargit prodigieusement,
Cage costale s'ouvre démesurément,
Enceinte corporelle s'étend infiniment.

Élargissement dépasse bornes physiques,
Extension transcende limites organiques,
Dilatation excède mesures biologiques,
Expansion outrepasse frontières physiologiques.

Ouverture à étendue insoupçonnée,
Épanouissement vers vastitude inimaginée,
Déploiement vers amplitude insondée,
Extension vers immensité non-bornée.

Territoire nouveau se révèle progressivement,
Contrée inconnue apparaît graduellement,
Domaine vierge surgit doucement,
Province inexplorée émerge lentement.

Non géographie terrestre aux contours définis,
Mais topologie spirituelle aux confins infinis,
Non cartographie matérielle aux repères finis,
Cosmographie immatérielle aux horizons indéfinis.

Lorsque disparaît ce qui constituait identité,
Lorsque s'évanouit ce qui formait propriété,
Lorsque s'abolit ce qui représentait sécurité,
Chose advient alors en vérité.

Non simple compensation à manque ressenti,
Non vain substitut à vide établi,
Non piètre remplacement au perdu parti,
Mais révélation authentique surgie.

Phénomène réel se manifeste concrètement,
Occurrence tangible se présente véritablement,
Fait avéré se constate effectivement,
Réalité indéniable s'impose absolument.

Perte totale n'aboutit point au néant,
Spoliation complète ne mène point au gisant,
Dépouillement radical ne conduit point au rien,
Dénuement absolu ouvre plutôt à l'ancien.

Ancien non au sens de passé révolu,
Mais au sens d'originel jamais perdu,
Primordial toujours présent mais occulté,
Fondamental éternellement là mais voilé.

Chose se passe réellement,
Événement survient véritablement,
Fait advient authentiquement,
Phénomène se produit concrètement.

Répétition insistante souligne vérité,
Affirmation renouvelée confirme réalité,
Déclaration réitérée atteste certitude,
Énonciation répétée proclame exactitude.

Ce n'est point illusion consolatrice,
Ce n'est point fantaisie séductrice,
Ce n'est point chimère apaisatrice,
Mais transformation véritable, libératrice.

Au seuil ultime où tout s'achève,
Au bord extrême où tout s'abrège,
Au terme final où tout se lève,
Commence enfin ce qui allège.

 

Portail béant

Nul choix n'orchestre cette rencontre,
Nulle volonté ne décide de l'encontre,
Nulle préméditation ne gouverne l'instant,
Où se présente le portail béant.

Quelques-uns s'avancent en pleine jeunesse,
D'autres partent après longue vieillesse,
Certains s'en vont en force d'âge,
Nul calendrier ne fixe cet héritage.

Maladie foudroie sans sommation,
Accident survient sans préparation,
Catastrophe emporte sans distinction,
Hasard décide de la soustraction.

Familles éplorées pleurent départ prématuré,
Proches endeuillés gardent cœur meurtri,
Survivants désemparés interrogent le sort,
Questionnent l'injustice de cette mort.

Pourtant l'injonction retentit pour tous,
Appel résonnera jusqu'au bout,
Convocation universelle n'épargne personne,
Assignation finale à chacun résonne.

Voici qu'est perçue la convocation profonde,
Qu'est entendue l'invitation qui gronde,
Qu'est senti monter l'irrépressible élan,
Vers ce qui transcende existence et temps.

Bras se tendent vers l'Invisible,
Mains cherchent à saisir l'Impalpable,
Geste instinctif ouvre vers l'Indicible,
Mouvement naturel accueille l'Inscrutable.

Tout s'efface progressivement alentour,
Possessions terrestres perdent substance et jour,
Attachements matériels se dissolvent,
Amarres rassurantes se dévolent.

Dépossédés de ce qui constituait repères,
Démunis de ce qui formait frontières,
Délivrés de ce qui limitait expansion,
Dégagés de toute ancienne tension.

Cette perte totale ouvre accès inattendu,
Dépouillement radical révèle l'inaperçu,
Dénuement absolu dévoile le caché,
Abandon complet libère l'empêché.

Pénétration alors en apnée stupéfiante,
Suspension respiratoire fascinante,
Pause vitale entre deux mondes,
Halte prodigieuse aux vertus fécondes.

Ce qui semblait absence devient présence,
Ce qui paraissait vide génère renaissance,
Ce qui ressemblait à mort offre naissance,
Paradoxe renversant toute connaissance.

Apnée se métamorphose en respiration,
Asphyxie devient inspiration,
Suffocation se change en aération,
Étouffement procure libération.

Respiration nouvelle emplit la poitrine,
Oxygénation inédite envahit la poitrine,
Ventilation inconnue irrigue l'organisme,
Pneuma mystérieux abolit tout antagonisme.

En cet instant-point où tout converge,
En cette singularité où tout émerge,
En ce noyau dense où tout se rassemble,
Passé et futur fusionnent ensemble.

Point géométrique sans dimension apparente,
Concentré d'éternité stupéfiante,
Condensation d'infinitude immense,
Compression de toute transcendance.

Là s'opère la jonction prodigieuse,
Là survient l'union mystérieuse,
Là s'accomplit la fusion merveilleuse,
Entre mortel et dimension radieuse.

Union à territoires inconnus,
Mélange aux espaces non-vus,
Incorporation aux dimensions autres,
Pénétration de royaumes que nul n'apôtre.

Frontière s'abolit entre ici et là-bas,
Démarcation s'efface entre hauts et bas,
Séparation disparaît entre avant et après,
Distinction se fond entre près et jamais.

Cœur se trouve alors retenu, captif,
Organe palpitant demeure attentif,
Centre vital reste suspendu,
Par force magnétique qui a pourvu.

 

Teintes nuancées

Existence fluide où naissent les tracés,
Innombrables possibles aux teintes nuancées,
Broderies multiples sur canevas fatal,
Architectures bises sous firmament astral.

Filaments s'amenuisent au gré des saisons,
Réserves s'épuisent sans cause ni raisons,
Ce qui compose les vies s'éloigne lentement,
Vers le néant patient, inéluctablement.

Ruisseau modeste accueille les substances,
Clapotis discret emporte les essences,
Écoulement perpétuel dissout les richesses,
Jusqu'au tarissement ultime des prouesses.

Constructions laborieuses s'effritent en poussière,
Édifices orgueilleux retournent à matière,
Acquisitions chéries glissent entre les doigts,
Certitudes solides vacillent sous les lois.

Mémoires accumulées s'estompent en brume,
Savoirs patiemment conquis perdent leur volume,
Relations tissées se défont brin par brin,
Jusqu'au dépouillement complet, destin vain.

Jours comptés s'égrènent sur sablier implacable,
Heures précieuses fuient, irrémédiables,
Minutes volées ne reviendront jamais,
Secondes consumées brûlent désormais.

Richesses terrestres n'offrent point d'ancrage,
Possessions matérielles ne donnent nul gage,
Trésors amassés restent ici-bas,
Quand sonnera l'heure du grand départ.

Corps vigoureux se fane inexorablement,
Vigueur juvénile décline lentement,
Forces jadis robustes s'affaiblissent,
Chair autrefois ferme mollit et pâlit.

Beautés admirées se flétrissent en automne,
Attraits resplendissants que nul ne redonne,
Splendeurs éphémères cèdent aux outrages,
Années implacables gravent leurs sillages.

Projets ambitieux demeurent inachevés,
Rêves caressés restent à demi-révisés,
Ambitions portées s'éteignent avant terme,
Espérances nourries rencontrent limite ferme.

Paroles prononcées s'évanouissent en échos,
Discours élaborés deviennent vains propos,
Conversations animées sombrent en oubli,
Dialogues passionnés s'effacent de la nuit.

Œuvres accomplies s'érodent sous les âges,
Créations admirées subissent mêmes ravages,
Legs préparés s'altèrent ou se perdent,
Héritages transmis finissent par se mordre.

Certitudes établies chancellent sur leur socle,
Convictions ancrées subissent le choc,
Croyances affermies rencontrent le doute,
Vérités proclamées tremblent sur leur route.

Affections cultivées se distendent ou meurent,
Amitiés bâties s'affadissent à toute heure,
Attachements tendres subissent l'éloignement,
Liens précieux se rompent cruellement.

Courant inexorable emporte les vestiges,
Flot incessant dissout les prestiges,
Onde imperturbable engloutit les traces,
Jusqu'à l'effacement terminal des espaces.

Paupières s'abaissent sans opposition,
Sommation lointaine devient irrésistible,
Convocation mystérieuse s'impose soudain,
Nulle force ne repousse cet ultime destin.

Refuser cette invitation demeure vain,
Résister à l'attraction reste incertain,
Repousser l'échéance s'avère illusoire,
Différer le rendez-vous efface toute gloire.

Moment ardent approche pour tous mortels,
Instant crucial survient, universel,
Jonction inévitable vers territoires inconnus,
Franchissement obligé vers rivages aperçus.

Certains affrontent ce passage,
Sans avoir sollicité tel voyage,
Sans avoir désiré cette transition,
Sans avoir préparé transmutation.

Ils découvrent l'urgence sans préparation,
Rencontrent l'absolu sans initiation,
Affrontent le mystère sans avertissement,
Traversent le seuil abruptement.

 

samedi 29 novembre 2025

Encres stellaires

Âmes ouvertes à l'aube naissante,
Esprits parés de clairs savoirs,
Cœurs brillants où germent les lumières,
Sages éveillés au pur discernement.

Quête céleste pour substance noble,
Pensées hissées vers les cimes sereines,
Regard porté sur l'humaine trame,
Découverte des trésors enchaînés.

Respect d'autrui comme frère apparenté,
Nul ne prend ce qui n'est son domaine,
Partage des biens par joie sincère,
Main tendue vers le faible éploré.

Ce monde n'est point geôle mais passage,
Pour qui perçoit beauté sous les voiles,
La patience devient noble héritage,
Des êtres guidés par astres lointains.

Vertu s'épanouissant par bienveillance,
Non par coups, ni par violence,
Fleurissant à travers la patience,
S'élevant vers la clémence en chantant.

Que vaut l'or amassé par tromperie?
Plus précieuse est parole sincère,
Qui construit les ponts de pure harmonie,
Faisant croître l'amour comme prière.

Vérité libérant des lourdes chaînes,
Que forgent mensonges anciens,
Guidant vers des fontaines claires,
Où s'abreuvent les cœurs en toute saison.

Confiance envers le prochain apparenté,
Mains tendues vers ceux souffrant,
Âmes de bonté vives et animées,
Cœurs comme roses s'entrouvrant.

Effort au bien sans hésitation,
Courage puisé à l'amour sacré,
Jour perçu comme don à méditer,
Instant vécu tel nouveau matin.

Actes formant la trame du destin,
Pour ceux venant après le passage,
Semence déposée au grand jardin,
Moisson future en héritage.

Vie en paix, culture de concorde,
Jeunes et vieux unis par accord,
Voix élevées comme les cordes,
D'une lyre sacrée à l'éternel accord.

Loi divine appelant à l'amour,
Sages anciens montrant les voies,
Écrits précieux comme le jour,
Guidant les pas vers justes émotions.

Ordre établi entre les pensées,
Havre abritant l'espoir serein,
Actions de vertu tissées,
Couronne de gestes lointains.

Fidélité au juste rivage,
Loin des mirages de convoitise,
Constance au plus bel héritage,
Sagesse que le temps immortalise.

Respect du domaine d'autrui,
Comme respect dû au sien,
Justice brillant comme astre nocturne,
Changeant l'ennemi en gardien.

Humilité parant de noble grâce,
Plus précieuse que tout ornement,
Conduisant l'esprit sur sa trace,
Des saints et sages de tout temps.

Compassion ouvrant les portes,
Que l'égoïsme tient fermées,
Révélant le plus beau des trésors,
Cœurs unis par amour embrasés.

Espérance fleurissant en brume,
Étoile guidant les êtres d'honneur,
Changeant les larmes en écume,
Faisant germer semence de bonheur.

Pardon comme clé des jardins,
Brisant les chaînes de rancune,
Élevant l'essence vers des destins,
Où règnent joie et paix commune.

Aurore nouvelle approchant,
Onde de justice et bonté,
Vie sacrée comme chapelle touchant,
Ciel par chant de sérénité.

Éternité scellée aux encres stellaires,
Vertu gravée au marbre temporel,
Sagesse dévoilée sous luminaires,
Clarté jaillie des âges dormants.

 

jeudi 27 novembre 2025

Terre fertile

Âmes écloses aux lueurs de la raison,
Esprits ouverts sur la connaissance,
Cœurs limpides, promesse de floraison,
Sages éveillés en constante reconnaissance.

Quête céleste pour une noble nourriture,
Pensées tournées vers les cimes sereines,
Contemplation de toute chose pure,
Découverte des trésors que l'on enchaîne.

Respect d'autrui, fraternel et tranquille,
Nul bien ne se prend qui ne soit offert,
Le partage devient un don fertile,
Main tendue vers celui qui souffre.

Le monde n'est point geôle, mais passage,
Pour qui sait voir la beauté sous les voiles,
La patience construit le noble héritage
Des êtres guidés par d'éternelles étoiles.

La vertu s'épanouit par la bienveillance,
S'affine au rythme de la patience,
Elle ignore la vaine violence
Et s'élève vers la douce clémence.

Que vaut l'or amassé par la tromperie ?
Plus précieuse est la parole sincère,
Qui construit les ponts de l'harmonie
Et fait grandir l'amour comme une prière.

La vérité libère de ses chaînes
Les cœurs prisonniers des vieux mensonges,
Elle guide vers de claires fontaines
Où s'abreuvent les espoirs et les songes.

Confiance offerte au prochain en partage,
Mains jointes pour apaiser la souffrance,
Âmes de bonté, vives et sans ombrage,
Cœurs semblables aux roses en silence.

L'effort vers le bien, sans hésitation,
Puisant son courage à l'amour suprême,
Des jours perçu comme une offrande à méditer,
Et des instants vécu tel un nouveau poème.

Les actes tracent la trame du destin,
Pour ceux qui viendront après le passage,
Semence déposée au grand jardin,
Récoltée par les fils en héritage.

Vie en paix, culture de concorde,
Jeunes et vieux unis en harmonie,
Voix accordées comme les cordes
D'une lyre à l'infinie mélodie.

Loi divine invitant à l'amour,
Sages anciens montrant les voies,
Écrits précieux, clarté du jour,
Guidant les pas vers de justes lois.

Ordre établi entre les pensées,
Havre abritant l'espoir serein,
Actions de vertu bien tissées,
Couronne de gestes lointains.

Fidélité au juste rivage,
Loin des mirages de convoitise,
Constance pour le bel héritage,
Sagesse que le temps immortalise.

Respect du domaine sacré d'autrui,
Comme le respect dû au sien,
Justice brillant comme la nuit
Transforme l'ennemi en gardien.

L'humilité pare de sa noble grâce,
Plus précieuse que tout ornement,
Conduisant l'esprit sur la trace
Des saints et sages de tout temps.

La compassion ouvre les portes du sort
Que l'égoïsme maintient fermées,
Révélant le plus beau des trésors,
Cœurs unis, toutes peines consumées.

L'espérance fleurit même en la nuit,
Étoile guidant les êtres d'honneur,
Changeant les larmes en douce pluie
Qui fait germer la semence du bonheur.

Le pardon, cette clé des paradis,
Brise les chaînes de la rancœur,
Élevant l'âme vers un jardin fleuri
Où règnent la joie et la paix du cœur.

Une aurore nouvelle s'approche,
Porteuse de justice et de bonté,
La vie devient magique et touche
Le ciel d'un chant de sérénité.

L'éternité, sceau d'encre et d'étoiles,
Vertu gravée au marbre du temps,
Sagesse dévoilée sous ses voiles,
Lumière jaillie des âges dormants.

Paroles ciselées par des mains attentives,
Notes semées au vent du soir,
Mélodies anciennes, toujours vives,
Résonances pures comme un miroir.

Rivières transcendées par noble quête,
Cœurs transfigurés par simple bonté,
Esprits élevés, fiers comètes,
Êtres rayonnants, pleins de volonté.

La patience fleurit à l'heure grise,
Grande force née du sol aride,
Le courage croît malgré la brise,
L'espoir luit sur les flots limpides.

Le printemps éternel de l'art fidèle,
L'été radieux des actes généreux,
L'automne serein des sages rebelles,
L'hiver clément des cœurs heureux.

Monts majestueux de persévérance,
Vallées fertiles de compassion,
Rivières limpides de tempérance,
Forêts profondes de méditation.

Sérénité trouvée en un silence parfait,
Harmonie née d'un équilibre subtil,
Paix reconnue comme un fruit parfait,
Joie ressentie, trésor gentil.

Le mystère se révèle aux yeux attentifs,
La beauté se perçoit par les cœurs purs,
Le secret se comprend aux esprits réceptifs,
La vérité se saisit par les âmes mûres.

Rayons perçant la brume matinale,
Fleurs s'ouvrant à l'aube naissante,
Rosée brillant sur l'herbe pâle,
Étoile guidant la nuit finissante.

Arc-en-ciel après l'ondée passagère,
Feu réconfortant le soir hivernal,
Brise légère sur l'éphémère,
Terre fertile au cycle éternel.

Sagesse antique, toujours pertinente,
Vertu classique, jamais obsolète,
Bonté formelle,constamment présente,
Justice parfaite, toujours complète.

Horizons nouveaux s'ouvrent aux braves,
Territoires vierges aux âmes pures,
Sentiers escarpés gravés par les graves,
Sommets glorieux promis aux plus sûrs.

La vie contemplée comme un art précieux,
Le sort accepté comme un passage noble,
L'existence honorée comme un bien gracieux,
L'éternité vue comme un foyer immobile.

Balance équilibrée entre terre et cieux,
Union sacrée entre l'âme et le corps,
Mariage parfait entre l'ancien et le neuf,
Alliance bénie entre la vie et la mort.

 

mardi 25 novembre 2025

L'art des conquêtes

Vaisseau superbe, ornement des ondes,
Souveraine altière aux mers dévorantes,
La carène fendait les eaux profondes,
Reine des cieux,des brises murmurantes.

Sous le soleil, bâtiment insigne,
Scintillaient l'or et les bois d'ambre clair,
Les blancs tissus,bannières benignes,
Ondoyaient gais dans l'azul du éther.

Le pont luisait de pourpre et d'écarlate,
Les flancs polis,satinés par les ans,
Et sur l'étrave,où le jour se flatte,
Fleurissait blanc un lys éblouissant.

Gardienne fière aux rades lointaines,
Captivant l'œil par son port souverain,
Les courbes s'enfuyaient sous les lames pleines,
Noyant leur trait dans le liquide sein.

Quand s'éloignait des écueils avares,
Un long appel vibrait à l'horizon,
Les matelots aux regards barbares,
Suivaient longtemps son sillage et son nom.

Le firmament déployait ses toiles
Pour caresser son vol aérien,
Tandis que mille bras,fidèles étoiles,
Soutenaient l'œuvre au dessein ancien.

Les cieux d'azur, miroirs des abîmes,
La revêtaient de reflets nacrés,
Et les soleils,guides unanimes,
Conduisaient ses pas démesurés.

Dans la pénombre, parfois, surgissait
Le grand cétacé,rôdeur des nuits,
Mais le courage antique flambloyait
Au fer guerrier des robustes appuis.

Un chant montait des gaillards hardis,
Hymne vibrant qui grisait les courages,
Le sillage trace,pur et hardi,
L'avenir glorieux des grands voyages.

Sur l'onde pâle, éclat de rubis,
L'écume en fleurs mollement se brise,
Tel un joyau,frêle et alourdi,
Qui plonge au loin sous la brume indécise.

Quand la nuit close aux sombres pensées
Étalait son voile sur les bordages,
Le mât dressé,fierté lancée,
Éclipsait les cieux et leurs images.

Les bouches d'airain, gardiennes fières,
Assuraient la marche et son destin,
Célébrant la force des guerriers,
Et la fierté du dessein divin.

Des jours entiers, vers des rivages,
Fendait les flots d'un élan certain,
Joyau lointain sous les orages,
Exauçant l'onde au noble dessein.

Du Havre antique aux rives de Surate,
S'incrivait l'éternel passage,
Et la frégate,beauté scellée,
Ranimaient l'art du pur langage.

Le nom résonne encor dans les ports,
Par le défilé des mémoires,
Et dans les chants des durs efforts,
Répète l'éclat des histoires.

Plût au destin de voguer sans fin,
Sur ce sillage,ô forme élue,
Et d'oublier l'heure et sa fin,
Quand l'eau soupire et tout s'effuse.

L'onde redit ce serment doux,
Car le vaisseau,dans les pensées,
Demeure un joyau de gemmes claires,
Par les cieux mille fois berçé.

Ô frégate au destin suprême,
Quand les années se seront tues,
Le nom persiste,diadème,
Au firmament des vertus.

Les mâts, les voiles, les éclats,
Sont ciselés par l'onde et l'âge,
Et tout marin rêve,là-bas,
D'inscrire aux cieux tel témoignage.

Que le sillage luise encore,
Phare immuable et radieux,
Des flancs naît l'hymne sonore,
De l'infini qui charme les yeux.

Ô Havre ancien, berceau sacré,
De mille rêves portés vers l'onde,
Aujourd'hui voit,l'eau qui l'a pénétré,
S'élancer nefs aux destins immenses.

Les voiles neuves, candides et vastes,
Caressent l'air d'un souffle léger,
Poursuivant l'art des conquêtes fastes,
Gardant la ligne des nobles dangers.

Dans leur ombre errante, se devine,
Le spectre altier de la beauté,
Frégate d'or,gardienne divine,
Qui veille encore sur la cité.

Ainsi le temps, maître des songes,
Transmet ses rêves à l'avenir,
Et chaque nef qui s'y plonge,
Chante la gloire en souvenir.

Vaisseau superbe, passé et rêve,
L'âme se mêle aux flots dansants,
Chaque port qui s'émeut et s'élève,
Reçoit l'écho des nobles accents.

 

Bonté constante

Âmes écloses aux lueurs de la raison,
Êtres baignés de savoir et de lumière,
Cœurs illuminés par toute floraison,
Sages éveillés,riches de prière.

Quête céleste pour haute nourriture,
Pensées tournées vers les cimes sereines,
Contemplation de l’humaine nature,
Découverte des trésors que l’on enchaîne.

Respect d’autrui, tel un frère en lumière,
Nul ne prend ce qui n’est sienne demeure,
Partage des biens,offrande première,
Main tendue quand l’affligé pleure.

Ce monde n’est que passage et voyage,
Pour qui perçoit la beauté sous les voiles,
La patience devient le noble héritage,
Des êtres guidés par l’appel des étoiles.

La vertu s’épanouit par douceurance,
Non par coups,ni par vaine violence,
Elle éclot au jardin de la patience,
Et s’élève,chant, vers la clémence.

Que vaut l’or amassé par fraude obscure ?
Plus précieuse est la parole sincère,
Qui construit les ponts de pure ordonnance,
Et fait croître l’amour comme prière.

La vérité libère de toute entrave,
Que forgent les mensonges,fers anciens,
Elle mène aux sources où l’on se lave,
Où s’abreuvent les cœurs,de biens certains.

Confiance offerte au prochain en estime,
Mains tendues vers quiconque est en peine,
Âmes de bonté,feu qui ranime,
Cœurs épanouis comme roses humaines.

Effort constant tourné vers le bien,
Courage puisé à l’amour divin,
Jour reçu comme un don,calme gardien,
Instant vécu comme un matin.

Actes tissant la trame du destin,
Pour ceux qui suivront après le passage,
Semence déposée au grand jardin,
Récoltée en héritage par les âges.

Vie en paix, culture de concorde,
Jeunes et vieux unis par doux accord,
Voix mêlées comme cordes qu’on accorde,
Lyre céleste à l’éternel transport.

Loi divine invitant à l’amour,
Sages anciens traçant les voies,
Écrits brillants comme en plein jour,
Guidant les pas vers de plus hautes joies.

Ordre établi entre les pensées,
Havre abritant l’espoir serein,
Actions de vertu bien enlacées,
Couronne de gestes au lointain dessein.

Fidélité au juste, au bon rivage,
Loin des leurres de la convoitise,
Constance vouée au bel héritage,
Sagesse qu’en soi le temps immortalise.

Respect du domaine d’autrui, sacré,
Comme le sien propre,droit et clair,
Justice luit comme un astre honoré,
Changeant l’ennemi en fraternel éclair.

Humilité, parure de noble grâce,
Plus précieuse que tout ornement,
Conduisant l’esprit sur la voie qui trace,
Les saints et sages de tout firmament.

Compassion ouvrant les portes closes,
Que l’égoïsme tient verrouillées,
Révélant le plus pur des dépôts,
Cœurs unis d’amour,flammes déployées.

Espérance fleurissant même en nuit,
Étoile guidant les êtres d’honneur,
Changeant les larmes en fertiles pluies,
Faisant germer la semence du bonheur.

Le Pardon, clé des jardins de paix,
Brisant les chaînes de la rancœur,
Élevant l’âme vers de nouveaux sommets,
Où règnent la joie et la douceur.

L’Aurore nouvelle à l’horizon,
Onde de justice et de bonté,
Vie offerte comme une oraison,
Ciel rejoint par chant de sérénité.

Éternité scellée d’encre stellaire,
Vertu gravée au marbre des ans,
Sagesse voilée,pourtant si claire,
Lumière jaillie des âges dormants.

Paroles ciselées par mains habiles,
Notes semées au vent du soir,
Mélodies anciennes,toujours agiles,
Résonnent comme en un pur miroir.

Rivière transcendée par noble quête,
Cœurs transfigurés par simple bonté,
Esprits élevés,fière conquête,
Êtres rayonnants de volonté.

La Patience fleurit aux heures sombres,
Force germant en sol aride,
Courage croissant malgré les ombres,
Espoir brillant sur les flots limpides.

Le Printemps éternel de l’art fidèle,
L’Été rayonnant d’actes généreux,
L’Automne serein des sages rebelles,
L’Hiver clément aux cœurs heureux.

Monts majestueux de persévérance,
Vallées fertiles de compassion,
Rivières calmes de tempérance,
Forêts profondes de méditation.

Sérénité trouvée en un silence,
Harmonie née d’équilibre subtil,
Paix reconnue comme evidence,
Joie goûtée,trésor gentil.

Mystère dévoilé aux regards purs,
Beauté perçue par les cœurs sincères,
Secret compris par les esprits mûrs,
Vérité saisie en humbles lumières.

Rayons perçant la brume matinale,
Fleurs s’ouvrant à l’aube naissante,
Rosée scintillant sur l’herbe pâle,
Étoile guidant la nuit finissante.

Arc-en-ciel après l’ondée brève,
Feu réchauffant le soir hivernal,
Brise légère sur l’éphémère rêve,
Terre fertile au cycle éternel.

Sagesse antique, toujours vivace,
Vertu classique,jamais dépassée,
Bonté constante,douce et tenace,
Justice parfaite,en toute pensée.

Horizons nouveaux s’ouvrent aux braves,
Terres vierges offertes aux cœurs purs,
Sentiers abrupts gravés par les graves,
Sommets promis aux pas les plus sûrs.

Vie contemplée comme art suprême,
Sort accepté comme un passage,
Existence honorée en soi-même,
Éternité pressentie au visage.

Balance unissant la terre aux cieux,
Union sacrée entre âme et corps,
Mariage du ancien et du vieux,
Alliance entre la vie et la mort.

 

lundi 24 novembre 2025

Vers l'éternel

À l'horizon, s'élève une forme innée,
Vaisseau pensif,né du songe et du sel,
Son étrave fend la nuit constellée,
Cherchant un port où l'âme trouve son sel.

Nul capitaine en sa barre n'est maître,
Seul l'idéal guide son firmament;
Les voiles sont des pages à paraître,
Tendues vers l'aube au souffle du moment.

Ses flancs sont faits de vertu persistante,
Son mât robuste est un espoir dressé;
La boussole,une âme consistante,
Qui ne redoute aucun ciel offensé.

Il trace, au loin, un sillage de phare,
Où la raison danse avec la ferveur,
Éclairant l'onde où le doute s'égare,
Pour révéler la clarté du saveur.

Parfois, la houle, obscure et mensongère,
Tente d'éteire ce foyer mouvant;
Mais le vaisseau,dans sa force légère,
Reste l'écho du rivage et du vent.

Il porte en lui les graines d'un monde austère,
Où l'équité est l'unique trésor;
Son chant secret,que l'infini déploie,
Rappelle à l'homme à jamais son essor.

Les cieux changeants, miroirs de nos passages,
L'habillent d'ombre ou de midi vermeil;
Mais la coque garde,au cœur des orages,
L'inébranlable orgueil du soleil.

Qu'il vogue donc, au-delà des naufrages,
Hors du temps sourd et de ses lourds remords;
Son nom s'inscrit dans le livre des ages,
Comme un défi lancé à l'ombre et au sort.

Et quand la nuit, lentement, se retire,
Il apparaît,plus vivant et plus pur,
Témoin muet de ce qui va naître,
Promise au jour,magnifique et dur.

Ô noble Esquif, Ô pensée et matière,
Toi qui unit le réel et le rêve,
Ton voyage est la sainte prière
Que l'avenir dans son cœur doit.

Ainsi, le port, but de ta traversée,
N'est qu'un départ vers un autre azur;
L'âme s'y abreuve,un instant apaisée,
Puis reprend son vol vers l'éternel.

Que ton sillage, en sa droite persévérance,
Soit la leçon que les flots retiendront:
La plus belle rive est celle où l'on s'élance,
Et le seul repos est dans l'abandon.

 

Vœux solennels

L’aube, d’un gris suave, à pas lents s’évanouit Sous le pinceau nocturne aux doigts d’obscurité ; Les pigments vont naissant des limbes de l...