mardi 18 novembre 2025

Chant vive

Un souffle de l'Absolu traverse la lumière,
Il sème au vaste ciel les gemmes d'un savoir
Que l'âme,en sa veille austère et solitaire,
Sonde au lieu profond où s'éteint le miroir.

L'errant, sous l'arc brisé d'une voûte incertaine,
Reçoit l'écho lointain d'une invisible glèbe,
Voix plus neuve et plus vieille et plus pure et sereine,
Mystère qui surgit pour déchirer les ténèbres.

Au creux des vallons sourds s'élève un chant de flamme,
Mélodie des Genèses,des éternels Avrils,
Où l'esprit triomphant épouse enfin l'âme
Sur les doubles versants des sacrés promontoires.

L'Aube est plus qu'une aurore aux faubourgs du possible :
Elle est la vieille preuve et la neuve promesse
Que l'Histoire s'inscrit en de multiples cibles
Sur le vaste parchemin où le temps se dresse.

Une sobre noblesse apparaît sans artifice,
Nue comme la Vérité devant ses seuls juges,
D'où ruissellent les flots d'une immuable sagesse,
Irriguant sans effort nos terrestres refuges.

Au cœur des poitrines s'éveille la Mémoire
De l'antique fierté que la pensée engourdit,
Rappelant à l'humain sa première histoire,
Sa vocation vers la cime qu'il assouvit.

Ces accents forts franchissent l'épaisseur des années,
Portent l'immuable loi jusqu'aux confins du monde,
Révélant aux esprits en leurs routes bornées
Ce que l'Intuition lit sur la page profonde.

Il est des clartés pures que nul naufrage n'éteint,
Des flambeaux traversant l'ombre des décadences,
Un Savoir immémorial,un éclatant butin,
Transmis depuis l'éveil des premières naissances.

S'ouvre alors en l'esprit la soif de l'Infini
Que n'étanche aucun philtre et nul breuvage amer:
Un désir qui le change en barde inspiré,
Le portant vers les cieux où le secret opère.

Le regard, transformé, se tourne vers les faîtes,
Là où repose encor le secret des Causes,
Où le Soi retrouve enfin ses confuses conquêtes,
Son royaume perdu que l'existence épose.

Ce poème est l'écrin d'une Unité primordiale,
La commune filiation des âmes vivantes,
L'héritage sacré,la beauté totale,
Sous les cieux d'où les chants de la Symphonie montent.

Toutes nos existences sont Vagues sur la Mer,
Astres dans l'harmonie immense et continuée,
Séparés un moment dans le Temps et l'Éther,
Mais d'une même Essence,au Terme retrouvée.

Le chant s'achève en graine, en murmure confiant,
Non comme un triste adieu sur les rives de l'être,
Mais se fond dans le Silence,un sillon patient,
Pour renaître à l'appel d'une nouvelle fenêtre.

L'art a changé la peur en pure connaissance,
Le chaos en accord,le plomb des heures en or.
Le poète s'efface en laissant la semence,
Pour que ce grand Chant vive et resplendisse encor.

 

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