Ô musique, liberté des cœurs éperdus, Toi qui fais de nos jours des bonheurs éclos, Tu t’élèves, affranchie, et tu ne peux plus Qu’arracher l’âme aux terrestres sanglots !
Tu n’es qu’un lent soupir du frêle roseau, Qu’un écho du grand Tout, vaste et profond ; L’essentiel plaisir, le simple et le beau, En toi se berce, en ton rythme fécond.
Le ruisseau chante, et l’oiseau prend les cieux, Mille récits s’envolent de ta voix altière ; Tu vis en toute chair, tu parles en tout lieu, Langage universel de la joie première.
Le vol léger, la corolle qui s’émeut, Sont tes proches parents, tes frères naturels ; Tu dis la pure joie, et ton chant se déploie En mélodies d’or aux éclats éternels.
Les animaux, par tes chants inspirés, Élèvent leurs appels en cadences sacrées ; Ô musique sans mots, discours libéré, Symphonie où le vrai respect est entré.
La nature à son tour t’offre ses harmonies, Poésie du ciel, hymne à l’éternité ; Tu caresses l’air même, et nous accompagnes, Promesse de douceur, sereine et fortunée.
Musique des hauteurs, divine clarté, Lumière qui nous vient de l’immensité, Tu noues l’un à l’autre, et les esprits ailés S’en vont, sous ton pouvoir, à jamais consolés.
Tu es dans tout soupir, dans toute existence, Le chant continué de notre humble présence ; Tu guides nos destins, éclaires nos chemins, Et par ta cadence apaises nos mains.
Les plaisirs, meilleurs sont les plus élémentaires, En toi l’on touche à l’être, à sa simple valeur ; Tu es l’accompli, la joie volontaire, Et la liberté pure en son plus bel honneur.
Le frémissement d’une feuille est ton secret, En lui s’y tient caché le divin, le parfait ; Tu dis l’émotion, l’abîme du cœur, Et devant ton mystère expire la rigueur.
Tu coules avec l’onde, enfantine chanson, Écho du beau parfait qui nourrit la raison ; Tu réveilles nos sens, tu nous rends l’espérance, Par toi l’homme pressent la céleste assurance.
Ô musique naturelle, empire sans pareil, Langage qui relèves l’universel réveil ; Par ton rythme sacré, tu nous enseignes, La beauté du Tout que tu daignes peindre.
Tu vas portée au vent, un monde en vie, Tu dis l’unité sainte et la paix infinie ; À ton chant éternel, l’univers se déploie, Et par l’ordre parfait, le cosmos s’emploie.
De la tige du roseau au sublime firmament, Tu vas, en un écho qui jamais ne se ment ; Tu transportes le cœur, nous élèves, ravis, Vers les cieux où l’extase a son heure assouvi.
De toute beauté naît un son, une voix claire, Et ta présence offre la voie qui mène au faire ; Tu es joie dans l’acte, plaisir accompli, Corps enfin libre ici, dans l’instant épanoui.
Ô concert des forêts, des bois, des prés charmants, Où l’animal sans mot dit d’immortels tourments, Symphonie où tout brille, où chaque note vole Jusqu’aux ciel qui pour elle s’ouvrent toutes !
Les arbres ont leurs chants en un frémissement, Et les feuillages verts, sous les doigts du zéphyr ; Les oiseaux, poètes du serein élément, Lancent leurs libres chants vers l’azur à plaisir.
Le ruisselet module une humble antienne, Et charme les vieux prés de sa nappe ancienne ; L’insecte, en son bourdon, suit la trame des choses, Et de son vif éclat, la musique éclot close.
Le cygne écoute, ému, le cerf bramer sa plainte, La nature entière est une sainte enceinte ; Tout se parle en concert, langage universel, Uni pour l’éternel, en un chant fraternel.
Portée au vent léger, tu es le souffle tendre D’un cosmos qui respire et veut que s’étendre ; Tu dis l’unité sainte et les liens secrets, Et la douce union des êtres satisfaits.
Les animaux, par toi, parlent un sens discret, Ils enseignent l’amour, le profond respect ; Leurs voix montent, sans art, pures d’artifice, Et de leur simple chant se tisse un grand office.
La nature te chante, et ce chant est prière, Pour qui sait t’écouter, tu es la lumière ; Tu montres, en beauté, la sublime clarté De la musique antique, éternelle vérité.
Tu conduis, ô sœur, tu es le pur langage Que tout être comprend, que produit tout ouvrage ; Dialogue sans parole et pourtant plein de sens, Où tient toute la clef de nos destins immenses.
L’aurore naît en paix, doucement inclinée, Et déjà ta mélodie, enchanteresse née, Offre la libre danse, en rythmes caressants, Plaisir parfait, aux nombreux frémissements.
Une rime d’air pur, un chant aérien, L’âme au rêve ancien réveille et la retient ; Le ruisseau murmure, limpide et translucide, Et ta source divine en son cours nous guide.
Contempler une fleur en sa pleine splendeur, S’éprendre du vol sûr de l’oiseau voyageur, C’est entendre ta voix portée par les airs, Et trouver par ces dons les profonds présents.
Harmonie des sphères, écho de ce bas monde, Accord parfait venu de la voûte profonde ; Tous les sons de la vie, en symphonie unis, Vers la sérénité par toi sont raunis.
La liberté n’est point de suivre son caprice, Mais de trouver en toi la céleste brise, Qui porte le cœur vers des cieux élément Où le vers, par ton aide, atteint l’enchantement.
Aux frissons des rameaux, l’air semble vibrer, Et tout frémissement est un bonheur à prendre ; Tu livres, ô musique, un message éclatant, Espoir qui fait l’avenir plus enivrant.
Le soupir du roseau, antique antienne, Les astres en accord sous l’antique harmonie, Ô musique, langage où se rejoint le monde, Tu fais l’univers vrai, par ta force féconde.
Écouter, ressentir, et te laisser conduire Vers les plaisirs, sans nul vouloir détruire ; Tu rappelles le cœur à sa noble tendresse, Aux joies de l’élément, source de liesse.
Portée au vent, tel un chant d’innocent, Tu réveilles les sens, au sommeil languissant, Tu nous rends à la vie, à l’infini possible, Par un élan premier, simple et irrésistible.
Le rythme de l’éther, la grande cadence, Tu parles, tu nous donnes une chance De revenir au vrai, sans vaine résistance, Et de trouver en toi l’éternelle espérance.
Un vol aérien, une noble giration, T’emporte, libre et fière, en ta pleine action ; Tu nous apprends la grâce du beau mouvement, La paix de l’esprit libre en son apaisement.
Le chant d’un ruisselet, simple et sans raison, Nous entraîne au fil de sa douce chanson ; Tu es, cours éternel, l’image de l’être, Pure pareil la source où le ciel veut renaître.
Au plus léger soupir qui porte et transporte, Tu es le chant terrestre, si haut qu’il emporte Notre âme, et tu l’enlèves, ravie et transportée, Vers ces cieux où le cœur se sent exaltée.
La traduction des sens, un son, une voix pure, Présente, tu nous montres la céleste voie sûre ; Tu es plaisir dans l’acte, vérité accomplie, La présence sensible ici ressaisie.
Les astres en concert fredonnent leur arcane, Mystère que la nuit étend sur la plaine ; La musique d’en haut descend jusqu’à nos sens, Et révèle l’éclat des destins renaissants.
Le galop d’un coursier bat la terre en cadence, Frapper le sol est noble et simple éloquence ; Tout ce qui vit, respire, et se meut, te fait vivre, Hymne que nul pouvoir ne pourra suivre.
La vague de la mer roule en vaste canon, Les marées sont autant de graves oraisons ; Musique océane, ample et salée, Tu nous parles du temps et de la destinée.
Le crépitement vif des flammes qui dansent, Chant, spectacle où les ombres s’avancent ; Musique des anciens, des quatre éléments, Tu réchauffes les cœurs en tous lieux et temps.
Les saisons déroulent leur grande partition, Printemps, été, automne, en douce transition ; L’hiver, portant sa neige, achève l’harmonie, Orchestration parfaite et de génie.
La pluie, en tambour, frappe les toits sonores, Percussions du ciel, saintes métaphores ; La musique des eaux lave toute douleur, Rajeunit l’espérance et ranime le cœur.
Le rire d’un enfant, pur et spontané, Est mélodie humaine, don inopiné ; Tu touches tous les cœurs, en toute nation, Par cette simple et franche expression.
Le silence lui-même a sa propre musique, C’est la pause sacrée, le repos lyrique, Où, par l’entre-deux notes, naît le mystère, Et la contemplation du vide salutaire. |
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