vendredi 5 décembre 2025

Les ailes du savoir

Au seuil des mystères aux feuillets clos,
S’ouvrent les ailes altières du savoir,
Dévoilant archipels et vastes flots,
Où croissent à la fois espoir et pouvoir.

Ces lettres, ces syllabes, notes choisies,
En rangs disposés, concorde absolue,
Portent en leur fibre les rêveries,
Le miel de l’esprit que l’art distille.

Vestiges des siècles aux lointains fastes,
Parcourant les cercles du ciel profond,
Des stèles antiques aux codex vastes,
Vous portez l’enseignement fécond.

Manuscrits liés de fils scintillants,
Gisant sur les pupitres de fierté,
Récits éclatants, triomphes vaillants,
Gardez le secret de l’éternité.

Signes tracés sur papyrus anciens,
Contant les hauts faits des rois vénérés,
Messages gravés en traits sybillins,
Par les doigts experts des lettrés sacrés.

Vélin subtil aux peintures exquises,
Ouvrages lents des cloîtres pieux,
Missels ouvragés, œuvres promises,
Montrent leurs joyaux sous les saints cieux.

Surgit l’inventeur au dessein suprême,
Copiant les textes par légions,
Le connu s’élève au diadème,
Affranchissant l’idée des prisons.

Recueils couverts de soieries chamarrées,
Accueillant les vers des poètes saints,
Livrant leurs feuillets aux ardeurs sacrées,
Festin offert aux cerveaux affamés.

Bibliothèques aux rayons pourprés,
Abritant les songes et doctrines,
Conviant à partir vers des prés,
Au-delà des confins, des ruines.

Compagnons muets des heures discrètes,
Vous chuchotez les arrêts des peuples,
Portant en vos flancs les ancrettes,
Nourrissant nos cœurs de rites simples.

Quand sonne l’appel des pages vierges,
S’entrouvrent les portes des ailleurs,
Les caractères bougent, les vocables émergent,
Dévoilent leurs attraits, leurs saveurs.

Conseillers sagaces aux réponses graves,
Vous guidez nos pas vers les lumières,
Vos feuillets bruissent comme les laves,
Portant la raison des primes heures.

Refuges discrets aux jours de tourmente,
Vous offrez la fuite vers des États lointains,
Changeant les moments de peine lente,
En pèlerinages vers des destins.

Archives des temps aux pensées mûres,
Vous conservez les voix des âges éteints,
Gardant intact l’adage des scribes,
Comme un dépôt que nul n’a contraint.

Par vos pages vole la fantaisie,
Vers les pays où siègent les énigmes,
Portant l’entendement vers l’extase,
Des vérités voilées, des dogmes.

Ô tomes bénis, héritiers des astres,
Vous franchissez les ans, inaltérables,
Portant en vos cœurs les préceptes vrais,
Les songeries lourdes, impénétrables.

Fontaines sans fin des méditations,
Vous abreuvez les fronts altérés,
Donnant sans repos des oblations,
À ceux qui cherchent les vérités.

Protecteurs sans âge des doctrines nettes,
Vous dépassez les jours,sans déclin,
Conservant entier, malgré les défaites,
L’oracle sacré des temps divins.

Livres chéris, aux feuillets odorants,
Vous demeurerez nos confidents,
Conduisant nos pas vers les cieux errants,
Par les routes que nous empruntons.

Alliés sûrs des heures recueillies,
Vous partagez vos biens sans limites,
Éclairant de vos feuillets pâlis,
Les voies ténébreuses vers les abris.

Ô livres, gardiens des cycles anciens,
Qui franchissez les ères et les nues,
Des argiles cuites aux feuillets siens,
Portez l’épopée, la foi, les venues.

Jadis, sur des plaques de terre incisées,
Les gestes d’un roi furent conservés,
Hommes du croissant, aux stylettes fines,
Gravèrent les premiers germes, racines.

Vint le papyrus, des berges du fleuve,
Rouleaux égyptiens, minces mais neufs,
Les scribes, avec art, y traçaient les cultes,
Fables des aïeux, les dits des aïeuls.

Parchemin, peau de bête transfigurée,
Devint le corps des ouvrages enluminés,
Religieux, en leurs murs, avec ferveur,
Reproduisaient les phrases, gardant la faveur.

L’homme de Mayence, par son art nouveau,
Enfanta la presse, changeant le bourg,
Les volumes pullulèrent, les credos rayonnèrent,
La beauté s’offrit, les yeux s’étonnèrent.

Plus tard, vinrent les in-octavo légers,
Fictions, les traités, les strophes légères,
Les mots cheminèrent, les idées volèrent,
Ils devinrent amis, partout où l’on erre.

Aujourd’hui, demain et l’ère qui vient,
Les livres devinrent sortilèges,
Les salles de lecture et boutiques, miens,
Offrent des présents à la main, sans sièges.

Ô livres, vous êtes dépositaires du souvenir,
Sentinelles des sceaux de raison,
Éveillez les consciences, engraissez l’avenir,
Brasiers qui jamais ne tariront.

Quand l’homme interroge le silence,
Ils lui portent la réplique,
S’il connaît l’ennui, ils sont sa défense,
Sans voix vaine, ni réplique.

Amis proches, constants, indéfectibles,
Phares érudits, parfaits exemples,
Livres,à travers les jours, les cycles,
Sont à jamais loués, leurs miracles.

Il n’est pas octroyé à toute créature,
De vivre ceint de ces ondes,
Quand l’homme cherche une figure,
Ils lui portent la réponse, leurs mondes.

Compagnons des veilles, trésors des études,
Vous demeurez les piliers de l’esprit,
Face aux bouleversements, aux inquiétudes,
Votre feu conseille, apaise, nourrit.

Par vous, l’enfant s’éveille à l’aventure,
L’adulte trouve écho à son tourment,
Le vieillard revisite la peinture,
Des jours enfuis dans le firmament.

Ô permanence calme en l’océan des choses,
Îles de certitude en la mouvance,
Où l’on pose le pied, où l’on repose,
Hors du flux vain, de l’inconstance.

Dans votre sein, le passé respire encore,
L’avenir se dessine, possible et multiple,
Chaque page tournée est une aurore,
Chaque chapitre clos, un temple.

Vous liez les humains par delà les frontières,
Chaîne invisible et pourtant solide,
Où les pensées, sœurs en prière,
Deviennent un seul fluide.

Aussi, tant que les yeux sauront déchiffrer,
Tant que les mains tourneront la feuille,
Vous continuerez de faire lever,
L’inouï que le cœur recueille.

Demeurez donc, ô colonnes du songe,
Arche immense aux multiples ponts,
Où l’intelligence se prolonge,
Et trouve l’infini dont nous témoignons.

Dernier accord, ultime strophe close,
Que votre chant jamais ne s’achève,
Mais que sur l’avenir il se pose,
Comme une semence qui lève.

 

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