Nul choix n'orchestre cette rencontre, Nulle volonté ne décide de l'encontre, Nulle préméditation ne gouverne l'instant, Où se présente le portail béant.
Quelques-uns s'avancent en pleine jeunesse, D'autres partent après longue vieillesse, Certains s'en vont en force d'âge, Nul calendrier ne fixe cet héritage.
Maladie foudroie sans sommation, Accident survient sans préparation, Catastrophe emporte sans distinction, Hasard décide de la soustraction.
Familles éplorées pleurent départ prématuré, Proches endeuillés gardent cœur meurtri, Survivants désemparés interrogent le sort, Questionnent l'injustice de cette mort.
Pourtant l'injonction retentit pour tous, Appel résonnera jusqu'au bout, Convocation universelle n'épargne personne, Assignation finale à chacun résonne.
Voici qu'est perçue la convocation profonde, Qu'est entendue l'invitation qui gronde, Qu'est senti monter l'irrépressible élan, Vers ce qui transcende existence et temps.
Bras se tendent vers l'Invisible, Mains cherchent à saisir l'Impalpable, Geste instinctif ouvre vers l'Indicible, Mouvement naturel accueille l'Inscrutable.
Tout s'efface progressivement alentour, Possessions terrestres perdent substance et jour, Attachements matériels se dissolvent, Amarres rassurantes se dévolent.
Dépossédés de ce qui constituait repères, Démunis de ce qui formait frontières, Délivrés de ce qui limitait expansion, Dégagés de toute ancienne tension.
Cette perte totale ouvre accès inattendu, Dépouillement radical révèle l'inaperçu, Dénuement absolu dévoile le caché, Abandon complet libère l'empêché.
Pénétration alors en apnée stupéfiante, Suspension respiratoire fascinante, Pause vitale entre deux mondes, Halte prodigieuse aux vertus fécondes.
Ce qui semblait absence devient présence, Ce qui paraissait vide génère renaissance, Ce qui ressemblait à mort offre naissance, Paradoxe renversant toute connaissance.
Apnée se métamorphose en respiration, Asphyxie devient inspiration, Suffocation se change en aération, Étouffement procure libération.
Respiration nouvelle emplit la poitrine, Oxygénation inédite envahit la poitrine, Ventilation inconnue irrigue l'organisme, Pneuma mystérieux abolit tout antagonisme.
En cet instant-point où tout converge, En cette singularité où tout émerge, En ce noyau dense où tout se rassemble, Passé et futur fusionnent ensemble.
Point géométrique sans dimension apparente, Concentré d'éternité stupéfiante, Condensation d'infinitude immense, Compression de toute transcendance.
Là s'opère la jonction prodigieuse, Là survient l'union mystérieuse, Là s'accomplit la fusion merveilleuse, Entre mortel et dimension radieuse.
Union à territoires inconnus, Mélange aux espaces non-vus, Incorporation aux dimensions autres, Pénétration de royaumes que nul n'apôtre.
Frontière s'abolit entre ici et là-bas, Démarcation s'efface entre hauts et bas, Séparation disparaît entre avant et après, Distinction se fond entre près et jamais.
Cœur se trouve alors retenu, captif, Organe palpitant demeure attentif, Centre vital reste suspendu, Par force magnétique qui a pourvu. |
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