jeudi 22 janvier 2026

Vœux solennels

L’aube, d’un gris suave, à pas lents s’évanouit
Sous le pinceau nocturne aux doigts d’obscurité ;
Les pigments vont naissant des limbes de la nuit
Pour un chef-d’œuvre à l’or du jour ressuscité.

Au sein des ombres où les contours se fondent,
Les vérités d’une sourde voix répondent ;
Les certitudes, froids palais de glace immondes,
Sous les soupçons légers en poussière s’effondrent.

Les triomphants, les yeux d’un feu sublime,
Portés par un credo qui vers les cieux s’escrime,
Courent, sans redouter les chemins de l’abîme,
Au destin qu’appuya leur fierté magnanime.

Les joutes, folles sœurs, au souffle inespéré,
Naissent de sources vives au plus profond cachées ;
Les dogmes, en atours de soie diapré,
Estompent les détours où l’errant trébucha.

La palette intime éclate et s’illumine,
Ruisselle en chatoiements qu’aucun œil ne devine ;
Les affects en cortège au soleil font cortège
Et s’épanouissent en floraisons divines.

Les songes monte, altiers, en fastueux panaches,
Déployant sous les cieux leurs orgueilleux attaques ;
Sur l’étendue aux plis de silences sans taches
Gronde l’impérieux mirage des reliques.

Les coloris de l’âme en éveil enchanté
S’enlacent pour former un prélude étonné ;
Les notes d’une sainte et céleste harmonie
Vont, d’un art surhumain, la froide étude impie.

Les lueurs que nos vies ont fait lentement naître
Se fondent en l’ardeur de tout vouloir renaître,
En une cadence où commence à paraître
L’accord du sens profond avec ce qu’il peut être.

Les feux de nos ferveurs, nos plus secrets délires,
Se joignent en un seul, sublime et pur empire,
Franchissant le piège obscur, l’abîme qui déchire,
Pour atteindre au Verbe où l’être enfin respire.

Les nuances de l’âme en méditation
S’accordent en une rondeuse évasion,
Où vibre et se déploie, sous l’âpre passion,
La trame émue que poursuit l’ambition.

Les couleurs des croyances, des émois fidèles,
Rayonnent d’une intense et calme étincelle,
Manifestant, par leur seule présence en elle,
La grâce ténébreuse où notre essence appelle.

Les éclats de nos songes, nos élans essentiels,
Composent à la fin de sacrés séquelles,
Peignant l’azur profond des vœux solennels
Où s’achève l’essor des plus purs flambeaux.

Les reflets de ce vrai que l’on crut intangible
Se mêlent sous le libre arrêt d’un sort habile,
Enfantant la splendeur de l’incréé, paisible,
L’évidence où tout être en soi se réconcilie.

Les lueurs de nos plus secrets mouvements
Montent par-delà tous les noirs dévorements,
Traçant au front des nuits, en clairs alignements,
L’alphabet des sentiers pour les renouvellements.

Les coloris enfin de l’éternel retour
Brillent d’un feu fixe en un éternel séjour ;
Ils rendent à la fragile cour
Du temps vécu sa plénitude et son amour.

 

samedi 17 janvier 2026

Grand mystère

Ô musique, liberté des cœurs éperdus,
Toi qui fais de nos jours des bonheurs éclos,
Tu t’élèves, affranchie, et tu ne peux plus
Qu’arracher l’âme aux terrestres sanglots !

Tu n’es qu’un lent soupir du frêle roseau,
Qu’un écho du grand Tout, vaste et profond ;
L’essentiel plaisir, le simple et le beau,
En toi se berce, en ton rythme fécond.

Le ruisseau chante, et l’oiseau prend les cieux,
Mille récits s’envolent de ta voix altière ;
Tu vis en toute chair, tu parles en tout lieu,
Langage universel de la joie première.

Le vol léger, la corolle qui s’émeut,
Sont tes proches parents, tes frères naturels ;
Tu dis la pure joie, et ton chant se déploie
En mélodies d’or aux éclats éternels.

Les animaux, par tes chants inspirés,
Élèvent leurs appels en cadences sacrées ;
Ô musique sans mots, discours libéré,
Symphonie où le vrai respect est entré.

La nature à son tour t’offre ses harmonies,
Poésie du ciel, hymne à l’éternité ;
Tu caresses l’air même, et nous accompagnes,
Promesse de douceur, sereine et fortunée.

Musique des hauteurs, divine clarté,
Lumière qui nous vient de l’immensité,
Tu noues l’un à l’autre, et les esprits ailés
S’en vont, sous ton pouvoir, à jamais consolés.

Tu es dans tout soupir, dans toute existence,
Le chant continué de notre humble présence ;
Tu guides nos destins, éclaires nos chemins,
Et par ta cadence apaises nos mains.

Les plaisirs, meilleurs sont les plus élémentaires,
En toi l’on touche à l’être, à sa simple valeur ;
Tu es l’accompli, la joie volontaire,
Et la liberté pure en son plus bel honneur.

Le frémissement d’une feuille est ton secret,
En lui s’y tient caché le divin, le parfait ;
Tu dis l’émotion, l’abîme du cœur,
Et devant ton mystère expire la rigueur.

Tu coules avec l’onde, enfantine chanson,
Écho du beau parfait qui nourrit la raison ;
Tu réveilles nos sens, tu nous rends l’espérance,
Par toi l’homme pressent la céleste assurance.

Ô musique naturelle, empire sans pareil,
Langage qui relèves l’universel réveil ;
Par ton rythme sacré, tu nous enseignes,
La beauté du Tout que tu daignes peindre.

Tu vas portée au vent, un monde en vie,
Tu dis l’unité sainte et la paix infinie ;
À ton chant éternel, l’univers se déploie,
Et par l’ordre parfait, le cosmos s’emploie.

De la tige du roseau au sublime firmament,
Tu vas, en un écho qui jamais ne se ment ;
Tu transportes le cœur, nous élèves, ravis,
Vers les cieux où l’extase a son heure assouvi.

De toute beauté naît un son, une voix claire,
Et ta présence offre la voie qui mène au faire ;
Tu es joie dans l’acte, plaisir accompli,
Corps enfin libre ici, dans l’instant épanoui.

Ô concert des forêts, des bois, des prés charmants,
Où l’animal sans mot dit d’immortels tourments,
Symphonie où tout brille, où chaque note vole
Jusqu’aux ciel qui pour elle s’ouvrent toutes !

Les arbres ont leurs chants en un frémissement,
Et les feuillages verts, sous les doigts du zéphyr ;
Les oiseaux, poètes du serein élément,
Lancent leurs libres chants vers l’azur à plaisir.

Le ruisselet module une humble antienne,
Et charme les vieux prés de sa nappe ancienne ;
L’insecte, en son bourdon, suit la trame des choses,
Et de son vif éclat, la musique éclot close.

Le cygne écoute, ému, le cerf bramer sa plainte,
La nature entière est une sainte enceinte ;
Tout se parle en concert, langage universel,
Uni pour l’éternel, en un chant fraternel.

Portée au vent léger, tu es le souffle tendre
D’un cosmos qui respire et veut que s’étendre ;
Tu dis l’unité sainte et les liens secrets,
Et la douce union des êtres satisfaits.

Les animaux, par toi, parlent un sens discret,
Ils enseignent l’amour, le profond respect ;
Leurs voix montent, sans art, pures d’artifice,
Et de leur simple chant se tisse un grand office.

La nature te chante, et ce chant est prière,
Pour qui sait t’écouter, tu es la lumière ;
Tu montres, en beauté, la sublime clarté
De la musique antique, éternelle vérité.

Tu conduis, ô sœur, tu es le pur langage
Que tout être comprend, que produit tout ouvrage ;
Dialogue sans parole et pourtant plein de sens,
Où tient toute la clef de nos destins immenses.

L’aurore naît en paix, doucement inclinée,
Et déjà ta mélodie, enchanteresse née,
Offre la libre danse, en rythmes caressants,
Plaisir parfait, aux nombreux frémissements.

Une rime d’air pur, un chant aérien,
L’âme au rêve ancien réveille et la retient ;
Le ruisseau murmure, limpide et translucide,
Et ta source divine en son cours nous guide.

Contempler une fleur en sa pleine splendeur,
S’éprendre du vol sûr de l’oiseau voyageur,
C’est entendre ta voix portée par les airs,
Et trouver par ces dons les profonds présents.

Harmonie des sphères, écho de ce bas monde,
Accord parfait venu de la voûte profonde ;
Tous les sons de la vie, en symphonie unis,
Vers la sérénité par toi sont raunis.

La liberté n’est point de suivre son caprice,
Mais de trouver en toi la céleste brise,
Qui porte le cœur vers des cieux élément
Où le vers, par ton aide, atteint l’enchantement.

Aux frissons des rameaux, l’air semble vibrer,
Et tout frémissement est un bonheur à prendre ;
Tu livres, ô musique, un message éclatant,
Espoir qui fait l’avenir plus enivrant.

Le soupir du roseau, antique antienne,
Les astres en accord sous l’antique harmonie,
Ô musique, langage où se rejoint le monde,
Tu fais l’univers vrai, par ta force féconde.

Écouter, ressentir, et te laisser conduire
Vers les plaisirs, sans nul vouloir détruire ;
Tu rappelles le cœur à sa noble tendresse,
Aux joies de l’élément, source de liesse.

Portée au vent, tel un chant d’innocent,
Tu réveilles les sens, au sommeil languissant,
Tu nous rends à la vie, à l’infini possible,
Par un élan premier, simple et irrésistible.

Le rythme de l’éther, la grande cadence,
Tu parles, tu nous donnes une chance
De revenir au vrai, sans vaine résistance,
Et de trouver en toi l’éternelle espérance.

Un vol aérien, une noble giration,
T’emporte, libre et fière, en ta pleine action ;
Tu nous apprends la grâce du beau mouvement,
La paix de l’esprit libre en son apaisement.

Le chant d’un ruisselet, simple et sans raison,
Nous entraîne au fil de sa douce chanson ;
Tu es, cours éternel, l’image de l’être,
Pure pareil la source où le ciel veut renaître.

Au plus léger soupir qui porte et transporte,
Tu es le chant terrestre, si haut qu’il emporte
Notre âme, et tu l’enlèves, ravie et transportée,
Vers ces cieux où le cœur se sent exaltée.

La traduction des sens, un son, une voix pure,
Présente, tu nous montres la céleste voie sûre ;
Tu es plaisir dans l’acte, vérité accomplie,
La présence sensible ici ressaisie.

Les astres en concert fredonnent leur arcane,
Mystère que la nuit étend sur la plaine ;
La musique d’en haut descend jusqu’à nos sens,
Et révèle l’éclat des destins renaissants.

Le galop d’un coursier bat la terre en cadence,
Frapper le sol est noble et simple éloquence ;
Tout ce qui vit, respire, et se meut, te fait vivre,
Hymne que nul pouvoir ne pourra suivre.

La vague de la mer roule en vaste canon,
Les marées sont autant de graves oraisons ;
Musique océane, ample et salée,
Tu nous parles du temps et de la destinée.

Le crépitement vif des flammes qui dansent,
Chant, spectacle où les ombres s’avancent ;
Musique des anciens, des quatre éléments,
Tu réchauffes les cœurs en tous lieux et temps.

Les saisons déroulent leur grande partition,
Printemps, été, automne, en douce transition ;
L’hiver, portant sa neige, achève l’harmonie,
Orchestration parfaite et de génie.

La pluie, en tambour, frappe les toits sonores,
Percussions du ciel, saintes métaphores ;
La musique des eaux lave toute douleur,
Rajeunit l’espérance et ranime le cœur.

Le rire d’un enfant, pur et spontané,
Est mélodie humaine, don inopiné ;
Tu touches tous les cœurs, en toute nation,
Par cette simple et franche expression.

Le silence lui-même a sa propre musique,
C’est la pause sacrée, le repos lyrique,
Où, par l’entre-deux notes, naît le mystère,
Et la contemplation du vide salutaire.

 

jeudi 15 janvier 2026

Suave encens

L’ombre des siècles lentement se lève
Sur les confins perdus du songe ancien,
Où la pierre répète un chant trop bref
Et l’éternel soupir devient un lien.

Le marbre défait, sous les cieux pâlis,
Garde une empreinte au silence uni ;
Les astres muets, froides opales,
Pèsent sur le sol infini.

Là, dort un ordre auguste et sévère,
Une loi sans voix, sans mouvement,
Où l’homme, nu, devant le mystère,
Cherche l’accord du firmament.

Tout se dissout, tout se transfigure
Sous l’œil fixe des soleils morts ;
La chair se fait signe et écriture,
Le limon obscur y porte son sort.

Les jours défunts, les heures fanées
En plis légers viennent se poser
Sur les frontons des destinées,
En un songe las, sans reposer.

Nul tumulte ici, nulle rumeur,
Seul le poids du vide, éternel,
Creuse son sillon, son armure,
Pour l’inerte tissu du ciel.

Pourtant, là, quelque chose affleure,
Une palpitation de l’absent,
Une vibration qui demeure
Au sein même du néant.

Le passé n’est point poussière,
Mais présence obscure, un ferment
Qui défie la lumière
En son cœur sombre et dormant.

Et l’esprit, captif des ruines,
Y perçoit un frémissement,
Un ordre secret, racines
D’un vivant ensevelissement.

Ainsi commence le diadème,
Lent exhumé du temps latent,
Où chaque strophe est elle-même
Un débris de l’éternel instant.

Surgissent encor les augustes vestiges,
L’amertume douce des saisons défuntes ;
Affleurent, purs, les échos du temps sonore
Des archipels égarés aux cimes tortes.

Les artisans défunts ont laissé ces empreintes,
Atmosphère du passé, suave encens ;
Afflictions portant une noble grâce,
Ces augustes échos iront s’affaiblissant.

Ils hantent l’étendue, anciennes splendeurs,
Affleure subtil des jours évanouis ;
Anamnèse lente de ce qui se dévore,
Architecture vaine aux lointains blêmis.

Froides améthystes des pâles crépuscules,
Ultime amplification du beau ;
Accompagnements en tendres formules,
Antiphonies claires des vieux roseaux.

Artères du temps mourant, si fragiles,
Afflux de nostalgie, lourdes époques ;
Amples résonances des anciens labeurs,
Discrète accentuation des équivoques.

Arcanes de la mémoire, tendres,
Affaiblissement des certitudes, doux ;
Appartenance aux noirs grimoires,
Amplitude immense des désuétudes.

Agencements fins de la lente ruine,
Affleure du remords, tendre présence ;
Pures architectures d’une usine,
Antiques échos du souvenir qui pense.

Assemblages purs du temps révolu,
Amorces vers l’oubli, tendres et sages ;
Affres du temps perdu, si nobles,
Appartenance au jadis des âges.

Archéologies du cœur meurtri,
Affaissements de l’espérance, doux ;
Murmures antiques du pays,
Vestiges amples de l’errance aux goûts.

Altérations du présent, pures,
Affleure du passé, tendres reflets ;
Architectures des sentiments obscurs,
Traces augustes de ce qui fut fait.

Arborescences de la nostalgie,
Affres des souvenances, pures douleurs ;
Antiphonies d’une secrète magie,
Amplitudes de l’espoir en couleurs.

Archivages de l’émotion, doux,
Afflux des époques, tendres charmes ;
Souvenirs antiques de l’adoration,
Échos augustes vers les fortes âmes.

Assemblées du souvenir, pures,
Affaissement des ans, noble trésor ;
Architectures du devenir,
Traces des destins, amples encore.

Artères de la mémoire, fines,
Affleure du temps fui, doux et discret ;
Récits antiques de l’histoire,
Vestiges augustes d’un secret regret.

Arcanes du remords, subtils,
Affaiblissement du présent, pur ;
Appartenance au temps secret,
Architecture d’un futur obscur.

Et maintenant, le Silence règne
Sur les débris du chant sacré ;
La parole s’éteint et saigne
Dans le marbre intemporel sculpté.

L’œuvre est close, le livre sombre
Dans la cendre des visions ;
Il ne reste plus que l’ombre
Et la paix des conclusions.

L’esprit, ayant tout contemplé,
Rentre en sa propre obscurité,
N’emportant pour bien dissimulé
Qu’une froide clarté.

Le temps reprend son cours oblique
Sur les stèles du verbe ancien,
Et la voix du poème oblique
Se fond au néant aérien.

Rien ne demeure, tout s’efface,
Mais dans le creux de l’infini,
La beauté laisse une trace
Que l’abîme a seul bénie.

 

lundi 12 janvier 2026

Pierre posée

L’Aurore en nos regards se lève,
Murmure au sein de l’ombre brève ;
L’esprit, de sa propre clarté,
S’élance en sa limpidité.

La vie, prodigue et féconde,
Offre son mystère à l’onde ;
Tout élan, tout mouvement,
Porte en soi l’éblouissement.

La conscience, fleur offerte,
S’ouvre au jour qui la découvre,
Et par la trame qui sourd,
L’éternel dessine son cours.

Le temps n’est qu’un songe agile
Où l’homme, pèlerin fragile,
Cherche par-delà le visible
Un feu plus inaltérable.

Son pas, sur la terre inclémente,
Interroge l’azur qui chante ;
Son cœur, de désir chargé,
Est vers l’absolu dirigé.

Qu’il écoute en son for intime
La voix qui jamais ne s’esquive,
Et qu’il voie, au miroir des cieux,
L’infini naissant de ses yeux.

Le sourire devient prière
Qui vers l’étendue s’épand,
Célébrant avec lumière
Le prodige de l’instant.

Toute pulsation du cœur
Annonce une antique ardeur :
Vivre l’heure qui scintille
En sa fugace et fine idylle.

L’ardeur forge le glaive net
Qui tranche les liens secrets ;
Elle ouvre au futur promis
Les seuils par l’audace conquis.

L’allégresse pure éclaire
Les voies qu’elle veut conquérir,
Menant aux lointains sacrés
Des tendresses partagées.

La ferveur embrase l’esprit,
Le cœur qui se donne et s’éprend
Dans le labeur quotidien
Pour un souverain bien.

L’endurance s’y affine
Au toucher de l’invisible
Qui loge au creux du mortel
S’il sait écouter l’appel.

Les triomphes s’amoncellent
Quand les bras frères s’appellent
En une noble rivalité
Pour la suprême beauté.

La grandeur se dévoile
À qui refond son étoffe
Sur le moule des vaillants,
Vainqueurs des pesants.

L’excellence advient coutume
Chez qui répugne au costume
De la plate banalité,
Gravisseur de l’éternité.

Par-delà les luttes vaines,
S’ouvre un royaume où s’étendent
Les jardins de quiétude,
Fin de toute inquiétude.

Les glaives rendus s’offrent
En concerts où se découvrent
Les chants de la concorde
En son infinie corde.

La guerre contre soi-même
Seule est le combat suprême
Qui mène à la conquête
De la vive clarté nette.

Les conflits de l’étendue
Sont mirages qui se fondent
Devant l’unique affrontement
Qui délivre entièrement.

L’accord renaît de l’amour
Connaissant au plus profond
Le secret de remettre
Et de se permettre.

Les cœurs pacifiés trouvent
L’onde où viennent s’abreuver
Les esprits en désir
De vérité à saisir.

La quiétude descend
Sur qui perçoit et comprend
Que la paix véritable
Vient de l’immuable.

L’équilibre intérieur
Fait de l’homme un rêveur,
Roi de ses songeries
Et de ses volontés.

La clémence épanouit
Là où l’orgueil s’anéantit ;
Elle offre son feuillage
Au plus modeste hommage.

La pitié coule à flots
Comme un fleuve qui roule
Vers les déserts arides
Du cœur qui se vide.

Le pardon accorde
À qui sait se donner
Sans réserve ni compte
Au bien qui le hante.

La bonté répand son onde
Autour de qui se conforme
À la seule loi d’aimer,
Souveraine sans altérer.

L’indulgence réunit
Ce que la rancœur délie ;
Elle tresse des liens
Plus puissants que tous les biens.

La mansuétude éclot
Quand l’esprit s’élève et croît
Par l’intelligence
De toute contingence.

L’accueil mutuel ouvre
La voie qui toujours œuvre
Vers la parenté
De la totalité.

La sagesse se conquiert
Par qui jamais ne désire
Les lauriers périssables
Ni les gloires coupables.

Le savoir s’approfondit
Quand le sein s’élargit
Pour recevoir l’autre
Comme un même apôtre.

La constance enfante
Ce que nul ne ravisse
Par force ou par frayeur :
Elle seule ouvre le cœur.

L’humilité couronne
Quiconque délaisse et donne
Les vaines prétentions
De l’orgueil et ses prisons.

La reconnaissance éclôt
Quand le regard s’attendrit
Devant les dons reçus
Des jours déjà révolus.

Le pardon transforme
Les plaies de nacre sombre,
Changeant les vieilles amertumes
En paix sur les écumes.

La foi éclaire
Les nuits du pèlerin
Vers l’aube prochaine
De l’heure sereine.

La loyauté demeure
Par-delà les heures,
Ancrant la présence
En sa haute constance.

Le courage se renforce
Face à l’adversaire tenace
Qui rôde en la demeure
Et sans trêve effleure.

La vérité dénude
Les masques et les ruses,
Elle dépouille la fierté
De ses atours funestes.

La largesse offre
Sans que rien n’étouffe
L’attente ou le paiement
Des renoncements.

La simplicité pare
L’existence et l’épure
De native grâce
Et de beauté vraie.

La sincérité mène
Aux claires terres lointaines
Où l’on peut se connaître
Et intégralement renaître.

La noblesse garde
L’honneur que l’on regarde
En toute occurrence,
Malgré la souffrance.

La révérence sanctifie
Les êtres qu’elle glorifie
En apercevant
Le sacré en tout vivant.

La quiétude pacifie
Les discordes obscures,
Elle adoucit les façons
Et réchauffe les chants.

L’abnégation voue
Les jours à ce qui émeut,
Au service de l’autre
Sans salaire ni gloire.

La persistance affermit
Ce que l’âge construit,
Pierre après pierre posée
Sur la foi épousée.

La gratitude élève
Les regards vers ce qui s’achève
En bienfaits silencieux
Tombés des anciens cieux.

La prévenance anticipe
Les besoins que l’on dissipe
Par geste avant le cri,
Par l’offrande du mari.

La probité mesure
Les actes à la droiture,
Refusant tout détour
Qui fausserait le jour.

La dignité maintient
Le front haut qui soutient
L’épreuve et le mépris
Sans fléchir ni surpris.

La pudeur préserve
Ce sanctuaire qui observe
Les secrets du dedans
Loin des regards mordants.

La retenue contient
Les élans qui retiennent
L’excès et la démence
De l’emportement immense.

La rectitude guide
Les pas sur la voie limpide
Où nulle torsion
N’altère la vision.

L’apaisement final
Couronne le cheminement vital,
Repos du combattant
Qui rejoint le néant.

 

mardi 6 janvier 2026

Vers le milieu

Un mot, parfois, détourne le cours des âges ;
Un propos ordonné trouble l’abîme obscur.
La parole abat l’orgueil des cloîtres sauvages,
Un geste éclatant ouvre un large azur.

Les vocables, miroirs où l’ombre se découvre,
Où les songes fluents s’unissent et se font,
Sont plus qu’un code étroit, une leçon du Louvre :
Ils sont l’étreinte close d’un prodige profond.

Parler, c’est exercer l’art d’une vie heureuse,
Façonner la nuée et lui donner un lieu,
C’est la confidence offerte à la roche ombreuse,
Un signe des humains montant vers le milieu.

Forger son dire, c’est asseoir son passage
Sur un sol incertain, mouvant et sans chaleur.
La langue est le pivot de notre propre image,
Voie qui affirme et garde la saveur.

Par le discours l’esprit entre en lice et s’avance,
Il ranime les songes, défie les faux-semblant.
Elle nous fait présents au moment qui s’élance,
Marque de ce qui vit, attouchement tremblant.

Le verbe est un présent qui nous pétrit et fonde,
Il est la flamme active, et l’offrande, et le lys,
Il fraye des routes qu’ignorent les yeux ronds,
Montre qui nous sommes et ce que nous offrions.

Ainsi dire est un acte de pure génèse,
Un périple sans terme, une lente métamorphose.
C’est le récit de l’homme en sa propre quête,
La clé du songe obscur qui nous tire de pose.

Et voici que, par l’onde émise de nos bouches,
Se tient le grand secret des siècles et des lois.
Le verbe est le mélange où la nuit et le jour bougent,
Il guide notre trace et nous dit : « Sois paré de droits. »

Ce recueil s’épanche alors et poursuit sa conquête,
Les esprits s’enhardissent, les cœurs cherchent pair.
C’est la langue qui, sur l’obscurité des fêtes,
Révèle la hauteur des attentes et du pair.

Qu’est-ce que l’homme, sinon un songe en pupille,
Un guetteur d’absolu, toujours en devenir ?
Il se donne à l’espace immense qui vacille,
Et par ses sons, une présence ose finir.

Ô toi qui dis, ô toi qui prends de la altitude,
Sache que les sons que ton sein exalte
Sont un astre enfanté par les cieux taciturnes,
Une clarté nacrée, mais aromée de toniques.

S’élève donc, ce qui n’est pas bruit éphémère,
Mais la force du vœu, la quiétude en essor.
C’est là que, par magie, se prépare une terre.
Et par les vers dressés, se révèle un ressort.

 

jeudi 1 janvier 2026

L’écho de la paix

Lorsque Janvier s’éveille en son premier matin,
Il porte dans son aube un espoir du destin ;
Vers un Éden lointain, par-delà les nuages,
Où l’âme, en gravissant, trouve ses vrais étages.

L’an neuf ouvre un sentier de sobre sagesse,
Une route inconnue qu’éclaire une ivresse ;
Guidé par le dessein, le songe et la clarté,
La quiétude y naît au jardin souhaité.

Le jour est un champ que nos mains ont semé,
Un ouvrage tranquille à l’éclat apaisé ;
Sur la page du temps qui se ploie et s’étale,
Traçons d’un doigt sûr une joie cristale.

Ô force souveraine, ô constance si pure,
Qui guides nos pas sous l’ombre et la froidure,
Fais luire au cœur troublé un rayon familier,
Car tout renaît sans cesse aux ailes du réveil.

Ce n’est point par l’éclat que triomphe l’esprit,
Mais par l’œuvre patiente où l’amour s’écrit ;
L’année, humble flambeau sous la voûte infinie,
Montre un couloir étroit vers une autre harmonie.

Qu’importent les tourments, les affres du chemin,
Si l’aube efface tout d’un geste de sa main ?
Cette clarté, pour qui sut la persévérance,
Fait de la vie un art et de l’effort, une offrande.

Que Janvier emporte avec lui les douleurs,
Et laisse sur nos fronts un parfum de ferveur ;
Car l’an qui vient est un élan matinal,
Un temps pour bâtir un avenir lustral.

Ainsi s’écrit l’histoire au rythme des efforts,
Quand le présent vainqueur ranime nos ressorts ;
Par la victoire humble, douce et volontaire,
S’épanouit la paix, fidèle et salutaire.

Puisse cette année, en son jeune éclat,
Nous porter l’ardeur de ses combats ;
Et qu’en ces instants, du doute à la liesse,
Paraisse la force qui mène à la sagesse.

Ô Paix, ô constance, ô renouveau sacré,
Toi qui, dans le cycle, n’es jamais altéré,
C’est toi qui nous étreins de l’alpha à l’oméga,
Faisant de nos destins un éternel sentier.

Ô toi, paix éternelle, asile de la flamme,
Phare de la quête où s’éteint le vacarme,
Étoile du marin sur la mer sans limite,
Sanctuaire du cœur que nul chagrin n’imite.

Tel Ulysse lassé qui rejoint son port,
Je cherche en ton giron l’absolu du remords ;
Plus exquise qu’un palais où le luxe se vautre,
Tu m’offres un trésor que n’éclaire aucun autre.

Ni le flux de la mer, ni les cimes altières
N’ont troublé le silence où ta grace prospère ;
Ton appel est un luth aux cordes infinies,
Faisant vibrer l’éther sous les cieux bénis.

Loin des tumultes vains, des désirs éphémères,
Ton règne est un arbre aux profondes racines,
Où je viens m’abriter, et dans l’ombre apaisée,
Laisser s’effacer toute peine épuisée.

Qu’importe l’infini, qu’importe l’horizon,
Si l’amour est ce temple et ta seule raison ?
Plus belle que l’aurore aux mille feux nacrés,
Ta lumière m’enlace, immuable et sacrée.

Ô paix, je t’ai cherchée à travers le chaos,
Par le chant des oiseaux, le frémissement des eaux ;
Mais c’est au fond de moi, source vive et première,
Que ton astre rayonne, intime et lumière.

Pareil le voyageur qui rejoint sa maison,
Je trouve en ton abri ma seule oraison ;
Et les palais dorés, les monts audacieux,
Ne valent ton repos silencieux.

L’ardoise des toits gris, l’odeur des humbles prés,
Me sont plus chers encor que les marbres dorés ;
Mon village natal blotti sous ton mystère
Chante mieux à mon cœur que Rome tout entière.

Quand le soir est suspendu, qu’une aube pressentie
Vient caresser le bord de la nuit amortie,
Je sens croître en mon sein la paix que tu consoles,
Sublime, infinie, où s’envolent les idoles.

Ô paix, noble demeure au rayonnement doux,
Plus riche pour l’esprit que les vains bijoux ;
Ton silence est un chant, ton ombre un pavillon
Où se fond en unité le bruit du monde.

Que le guide éternel des cœurs égarés
M’offre toujours en toi l’abri désiré ;
Et que mon dernier respire, en une humble retraite,
S’éteigne par ta clarté qui jamais ne renaît.

Puisque mon cœur dépose en cette ode pieuse
Un hommage fervent à ton essence radieuse,
Ô paix intérieure qui sais tout apaiser,
Les tourments, les douleurs et l’éclat du baiser,

Règne en mon être entier tel un astre constant,
Illumine mes jours de ton feu patient ;
Et si la nuit un jour doit fermer ma paupière,
Que ta lumière veille, éternelle et première.

Puisses-tu, ô douceur, garder toujours mon cœur
Loin des passions vaines, de l’erreur et de la peur ;
Et que ses Battements, calme et délibéré,
Soit l’écho de la paix aux cieux demeurée.

Ainsi chantons en chœur, d’un rythme mesuré,
La paix qui fait renaître un monde éploré ;
Sublime, indivisible, elle est le doux passage
Où l’homme se retrouve et conquiert son courage.

 

mardi 30 décembre 2025

L’Imparfaite Perfection

Car elle est l’imparfaite perfection,
Une secrète et douce mélodie,
Ton port d’attente, et ton horizon,
Où la raison rencontre la vie.

Et si parfois gronde au loin l’orage,
N’oublie point qu’après l’ondée,
Le soleil, éternel témoin sage,
De l’amour profond darde l’idée.

On n’attend point le bonheur coffret,
On ne le poursuit d’une haleine vaine ;
Avec un rien, avec un secret,
Un pas, un mot, une humble amorce humaine.

Artisanal, ce bonheur fragile,
Si faible en apparence, et pourtant fort,
Il ne tient à rien, mais se rallie
Au seul ciseau qui lui donne essor.

En ce dernier jour, l’année s’envole,
Emportant soucis, peines, regrets ;
Mais l’espoir renaît, comme l’aurore,
Le plus beau reste près, jamais assez.

Sous les froids étoiles de décembre,
Une clarté pénètre nos cœurs,
Murmure : Avance sans rien craindre,
Le plus beau de nos jours est ailleurs.

Ainsi, en ce jour où tout s’achève,
Gravons dans l’âme cette clarté :
Parfois l’instant porte un doux rêve,
Amour sincère pour l’éternité.

Chéris ces instants, bijoux de l’heure,
Cueille ton sourire, fleur de hasard ;
L’avenir s’illumine et s’effleure,
Ton cœur bat au rythme du regard.

Si l’orage au loin gronde encore,
Souviens-toi qu’après la tourmente,
Le soleil danse, et tend l’aurore,
Un éclat blanc que l’ombre augmente.

Ainsi va la vie, belle et fragile,
Poème écrit au livre des ans ;
Aime sans réserve, aime avec zèle,
C’est du feu que naît le diamant.

Et si ton pied trébuche en la route,
Souviens-toi de ces trois clartés :
Le courage dont demain s’ajoute,
La sincérité des cœurs cantés ;

Garde ton cœur, surveille tes phrases,
Fuis la vanité, l’oisiveté ;
Ton choix décide où tu te phrases,
Vers la lumière ou l’obscurité.

Tu ne peux tout plier à ton glaive,
Mais ton regard change l’alentour ;
Sous l’épreuve, une force s’élève,
Et s’épure à l’aube du jour.

Marche donc, d’une foi légère,
Vers l’horizon encore inconnu ;
Le bonheur est une humble lumière,
Un trésor vivant que tu as nu.

On n’attend point le bonheur semé,
On ne court après son ombre même ;
Il se savoure à l’instant aimé,
Avec trois fois rien, quand l’âme aime.

 

dimanche 28 décembre 2025

Cadence franche

La mer, au long des golfes diaphanes,
Renaît soudain de songes diaphanes,
Et dans l’écume aux frissons argentés,
Ravive un temps de jeux ensorcelants.

Il fallut, d’accords naissants et tendres,
Un souffle d’amour, des présents si chers,
Pour que naquît, sous la plume hardie,
Une mémoire à jamais épanouie.

La mère, d’un geste, ouvre les pages,
Peignant l’éclat des anciens paysages ;
L’enfant, poète à son tour, s’enflamme,
Revivant ces œuvres, il en proclame :

« Ô joie ! » s’écrie l’écho du passé,
Ce refrain vif où le bonheur a passé ;
Par ses jeunes ans l’écrit emporte
Un rire franc, un charme qui l’emporte.

Ainsi renaît, tel un souffle léger,
L’échange pur des ans passagers,
Où rires et pleurs tissent leur trame,
Conte vécu, reflet de notre âme.

L’intime alliance, tendresse et humour,
Offre au passé son éternel retour ;
Et ce voyage aux reflets continue :
Chacun retrouve l’heure qu’il voulut.

Enfance, source d’ombres et de lumières,
Berceau des songes, des peines, des prières,
Tu es le miroir de nos sphères lointaines,
Le guide sûr où s’apaisent nos haines.

Douce France, ô douce terre aimée,
Sous tes cieux clairs l’art est charmé ;
À travers tes refrains, la mémoire penche,
Le passé revient en cadence franche.

À toi, Trenet, chanteur de l’éphémère,
Poète des cieux et des vastes mers,
Ton verbe s’élève en refrain serein,
Gravé pour toujours dans l’écrit souverain.

L’enfance profonde, à jamais vivante,
Traverse le temps, douce et mouvante ;
Elle chante en nous, par-delà les âges,
Don sacré, ouvrage, ultime message.

Que ces vers soient l’humble hommage
À toi qui portes le doux témoignage
D’une voix pure, d’une plume inspirée,
Le souvenir des jours réinventés.

Puisque de l’amour naît l’écrivain,
Rêvant des jours où tout fut sien,
À la source claire de ses jeunes années
Il grave l’éternel par ses destinées.

Ô douce mère, ô complice du passé,
Ton appel tendre a tout ranimé ;
D’un cœur à l’autre, la vie s’embrase,
Portant le doux fardeau qu’elle éclaire.

Et nous, lecteurs, au seuil de vos mots,
Trouvons le reflet de nos échos ;
Dans ce jardin où chantent les heures,
Naît une paix, source des bonheurs.

On les dit anges aux ailes déployées,
Ces êtres sensibles par l’amour tissés,
Qui, d’un regard, d’un geste de tendresse,
S’élèvent vers l’éther avec noblesse.

lundi 22 décembre 2025

Butins fervents

Les lendemains âpres aux destins sibyllins,
Sous les mots ineffables, adoucissent leur cours ;
Les sentiers abrupts deviennent cristallins,
Et les sorts s’éclaircissent, sereins pour toujours.

La sapience, flambeau des contrées lointaines,
Irradie en ondes d’un irénique éclat;
Elle unit les esprits, purifie leurs haleines,
Et trace en secret un radieux portrait.

L’érudition, gemme aux multiples facettes,
Scintille de reflets subtils et chatoyants;
À l’œil qui la devine, elle offre ses secrets,
Trésors enfouis, flamboyants et brillants.

La quintessence pure en silence s’épanche,
Aux jardins secrets où l’esprit prend racine;
Les fleurs de la connaissance, sans repos ni fin,
Éclosent en cycles d’une force divine.

Les éons, burinant les tables de mémoire,
Y gravent leurs marques à jamais indélébiles;
Ils sculptent à loisir la plus haute histoire,
Des savoirs transmis en dépôts immobiles.

L’évanescence vaine des instants fugitifs
Contraste avec l’éclat des pensées éternelles;
Les unes en brume au néant sont captive,
Les autres brillent, immuables et fidèles.

Le verbe se fait chair, l’idée prend racine
Aux terres des cœurs par la grâce éveillés;
La parole féconde en sève s’illumine,
Et nourrit sans bruit les forces déployées.

Le kaléidoscope des savoirs d’autrefois
Miroite en teintes doucement irisées;
Il révèle aux esprits en quête de lois
Mille aspects nouveaux des antiques fusées.

Les syllogismes purs, aux logiques polies,
Dévoilent l’armature invisible des choses;
Ils tracent des chemins vers les hautes polies,
Où l’âme contemple en des repos moroses.

La dialectique, en ses joutes antagonistes,
Enfante des jours des synthèses nouvelles;
Elle fond les contraires en perspectives optimistes,
Et révèle les nœuds de ses lois fraternelles.

L’apophtegme bref renferme l’infini,
Tel un écrin modeste aux splendides merveilles;
Le mot juste, à son heure, au monde ébloui,
Verse des clartés sans ombre ni pareilles.

La sérendipité guide les pas errants
Vers les trésors cachés aux détours du mystère;
Elle ouvre les yeux sur les butins fervents
Que révèle le sort aux chercheurs de la terre.

L’ineffable beauté des sagesses antiques
Illumine à jamais les chemins ténébreux;
Et les générations, par leurs vertus uniques,
Perpétuent l’éclat des savoirs lumineux.

 

dimanche 21 décembre 2025

Au-delà des sentences

Nul regard n’a surpris l’intime soufflrance,
Nul esprit n’a sondé la secrète affliction.
Nul jugement n’a vu l’entière souffrance,
Nul cœur n’a ressenti la pure consternation.

Tes bonheurs vécus sont d’un prix inouï,
Tes peines portées, d’un poids infini.
Tes soleils intimes, à nul autre pareils,
Tes nuits sans échos, hors du monde pareils.

Les arrêts du monde, vains et superficiels,
Ignorent les combats, les nuits, les ascensions.
Leurs balances sont sourdes aux fruits essentiels,
Leurs lois, à jamais, muettes aux passions.

Leur verdict naïf méconnaît la racine,
Leur sentence étroite ignore le dessein.
Il juge l’océan sur la goutte de pluie,
Et croit saisir l’éclair au creux de sa main.

Toi seul as foulé ce sentier solitaire,
Toi seul as guidé ton esquif sur les flots.
Ta route, tracée aux confins de la terre,
Se dérobe aux regards, aux communes échos.

Chaque pas fut le fruit d’un libre arbitrage,
Chaque choix, mûri pour le secret de toi.
Ton âme, ton seul guide en tout son voyage,
N’a de compte à rendre qu’à sa propre loi.

Laisse gronder au loin la vaine opinion,
Le chorus des sots, la froide analyse.
Leur savoir n’est qu’ombre et présomption:
Le blé ne peut juger de la semence apprise.

Ta vie est un livre aux pages sacrées,
Qu’un œil étranger ne saurait sonder.
Son essence fière, au vulgaire murée,
Se refuse à toute clé, hors de la confesser.

Elle brave, altière, l’usuelle entrave,
Elle rit des lois que le commun suit.
Son étoile unique, que nul autre ne grave,
Se forge un sillon où sa flamme conduit.

Nul tribunal n’a droit sur cette conscience,
Nulle cour mortelle autorité n’a là.
Le juge suprême, par sa noble science,
Est cet être unique: toi-même, te voilà.

Ta liberté vraie, en ton for intérieure,
Réside en ce choix qui toujours renaît.
Ton sceptre est ta force intime et meilleure,
Ton empire, le champ que ton seul cœur défrayait.

Ainsi, vis, persiste au-delà des sentences.
Que ton chant singulier brave leur vaine rumeur.
Ta manière d’être, tes seules défenses,
Scellent à jamais ta souveraine humeur.

samedi 20 décembre 2025

Espérance intime

Ô fragile espérance, inassouvie haleine,
Toi qui veilles,invisible, au seuil de l’humain chemin,
Fidèle même au cœur oublieux de sa peine,
Tu tends,par-delà l’heure, une immortelle main.

Le haletant rythme des jours qui s’évadent
Étouffe la voix claire et le rêve aimant;
La poussière des ans où nos espoirs se dégradent,
Ton murmure secret nous vient ranimer pourtant.

L’éclat qui nous aveugle et s’évanouit vite,
Le monde en son brasier consumant tout désir,
Espérance, tu passes au seuil où tout s’abîme,
Silencieuse lueur au cœur du souvenir.

Dans les regards éteints, par la fuite fébrile,
Tu demeures, clarté voilée aux yeux distraits,
Oasis suspendue au désert immobile,
Serment d’un jour naissant, horizon désormais.

Nulle force jamais ne brise ton souffle tendre,
Espérance des ombres, douceur éternelle,
Flamme calme qui veille et ne veut point se rendre,
Tu révèles l’aurore au-delà de l’infidèle.

Ô fiancée pâle de l’avenir caché,
Garde dans la brume où l’homme se perd,
La confiance inaltérable au cœur mal attaché,
Et nourris son rêve au creux du regard clair.

Les cœurs endurcis, au bruit indifférents,
Ricanent de ton lustre, naïve et tendre fleur ;
C’est par ta douce flamme, enivrante et présente,
Que survit à sa nuit l’humaine profondeur.

Prie pour nous, espère avec nos âmes frêles,
Sème un peu d’amour au jardin délaissé;
Humble éclat, sagesse en lueurs immortelles,
Tu fais poindre une aube où le jour est passé.

Les riches dans l’orgueil te méprisent et t’oublient,
Crient aux biens présents, aux choses de néant ;
Les pauvres, plus discrets, tel une gerbe unie,
Te portent, espérance intime et patiente.

Sans toi, tout se briserait pour l’ombre éternelle,
La course frénétique achèverait son cours;
Mais tu es là, secrète, et ta clarté rebelle,
Semble un signe de vie qui défie les jours.

Le cœur des enfants garde ta flamme pure,
Ils croient au matin, à d’autres lueurs d’or ;
Espérance chérie, éternelle et sûre,
Que nul ne renie, même aux portes du sort.

Aux rêveurs égarés, aux âmes trop meurtries,
Offre un doux refuge, un amour apaisé ;
Le tumulte amer des humaines folies
S’apaise en ton avenir, fier et discret.

Il suffit d’un soupir, d’un élan, d’un regard,
Pour qu’à l’horizon naisse une vie éclaircie;
Espérance immortelle, étoile de notre part,
Foi des humbles sous l’immense ciel de la vie.

Nous marchons, revêtus de ton nom précieux,
Portés par ta douceur, ton léger et lent feu,
Vers un temps meilleur, vers des cieux plus cléments,
Où l’homme enfin saura— aimer en rêvant.

 

mercredi 17 décembre 2025

Paix première

Ta franchise, pure et sans mélange,
Éclaire encor ton noble chemin;
Généreuse,et que nul ne plange,
Elle conduira toujours ta main.

Cette intégrité qui t’habite
Reste à jamais ton plus sûr appui;
Quand les tempêtes nous sollicitent,
Elle seule sera ton abri.

Garde, close en ton cœur fidèle,
La liberté de l’esprit hautain;
La justice et la bonté z’y sommeillent,
Ton honneur z’y fleurit soudain.

Tu parviendras à tes fins dernières,
Quand bien même le temps s’éternise,
Et que les âmes familières
Te délaissent à la mort précise.

Ne désespère point de l’issue
Si l’effort semble un vain retour;
La patience jamais ne s’épuise
À guetter l’aube d’un nouveau jour.

Tu parviendras malgré l’épreuve
Qui semble accabler ton destin,
Et si la solitude t’abreuve
De son fiel amer et sans fin.

Fût-il besoin de recommencer
Ce que les destins ont détruit,
Ton courage saura lancer
Ce qu’un doux espoir avait construit.

Tu parviendras, n’en doute point,
Quand nul secours ne te seconde;
Ta volonté sera le point
D’où tu soulèveras le monde.

Les heures ne sont que des masques
Cachant la victoire prochaine;
Tes efforts ne sont point des fasques
Si tu poursuis, sans lâcher peine.

Tu parviendras à ton dessein,
Malgré l’adversité cruelle,
Même si ton cœur incertain
Fléchit sous la tourmente elle.

Ne crains jamais l’isolement
Quand la foule autour se délaisse;
Ta force naît du dépouillement
Qui vient épurer ta tendresse.

Tu parviendras, c’est chose sûre,
Quand tout semble être défendu;
Ta constance sera ta cure,
Ton inattendu salut.

L’épreuve forge les caractères
Qui refusent de s’agenouiller;
Tu trouveras les routes claires
Pour enfin te réconcilier.

Dès que l’aurore à l’horizon
Ouvre sa main pleine de lumière,
Elle chasse l’ombre et sa prison,
Nous convie à la paix première.

Les ténèbres fuient sa clarté,
Les tourments nocturnes s’effacent;
Elle offre à notre humanité
L’espoir tenace qui ne lasse.

Respire alors cette quiétude
Née avec les premiers rayons,
Chasse toute inquiétude
Hors de tes saintes visions.

L’espoir renaît avec le jour,
Vivace en dépit de la peine;
Sème en ton cœur même l’amour,
Répands-le par toute ton haleine.

 

samedi 13 décembre 2025

Horloge intérieure

Libéré des angoisses et des poids qui enlacent,
L’esprit, en sa paix ferme, à l’instant s’embellit.
Il brise les liens que les heures effacent,
Et du Temps précieux goûte le fruit qui luit.

L’aiguille au ciel parcourt son cercle impartial,
Comptant nos jours bornés d’une égale mesure.
Ce n’est point l’abandon qui nous devient fatal,
Mais l’heure sans emploi, perdue, sans culture.

Notre pouls, fugace, est le sublime rythme ;
Notre souffle, l’espace où vit notre destin.
Le cœur bat la pantomime,
Des secondes en fuite, ô capital festin !

Quand s’éteint la terreur de perdre ce qu’on aime,
Quand naît l’amour de l’heure et de son vol subtil,
L’âme en convalescence enfante son problème:
Un sage qui savoure un fruit, fût-il fragile.

Métamorphose intime, obscure guérison,
Transformation lente au silence cachée,
L’horloge bat l'ultime estime
De l’instant, papillon sur la fleur épanché.

Les visages s’en vont, les minutes demeurent ;
Les rencontres s’effacent, les heures persistent ;
Les adieux nous surviennent, les saisons demeurent ;
Les nœuds se dénouent, mais les jours subsistent.

Détaché du filet où la Possession trame,
Ancré dans l’éphémère et libre d’illusion,
L’esprit, au but ultime,
Cultive le présent avec dévotion.

Craindre non la perte des êtres éphémères,
Mais chérir le seul bien que le Ciel nous donna:
La sagesse en poussière,
Le trésor de l’instant dont l’essence rayonne.

À quoi bon l’attache à des ombres légères,
Quand le sable précis fuit entre nos doigts vains?
À quoi bon les alarmes, ces douleurs amères,
Quand coule à jamais l’onde aux rythmes incertains?

Les aiguilles tournent, constantes, inexorables ;
Les grains tombent sans grâce et sans compassion;
Les dates sont instables, lointaines, indifférentes ;
Le Temps règne en monarque et sans concession.

Les vrais liens résistent au flux des marées ;
Les faux s’évanouissent au premier tourment.
Les heures sont sacrées, nul ne les rachètera :
Investissons-les d’un noble sentiment.

Quand l’esprit délivré recouvre la lumière,
Il saisit la valeur du joyau temporel.
Jamais plus l’esclave d’une vaine carrière,
Il devient le gardien d’un trésor éternel.

Lorsque s’évapore une crainte insidieuse,
Quand brille la Vérité, simple et radieuse,
La vie prend une allure harmonieuse,
L’âme resplendit, sereine et gracieuse.

Choisir l’heure qui passe et jamais ne revient,
Plutôt que l’absent peut-être qui survient:
C’est le bien véritable où la vertu s’enracine,
C’est le noble maintien où la sagesse affine.

Entre la peur du temps et l’acceptation pure,
Se dessine un courage, indomptable et serein.
Ta force est la sculpture
D’un héros qui surmonta l’impossible destin.

Ces monts infranchissables, ces fleuves sans rivage,
Ces murailles d’airain que tu crus indomptables,
Tu les as traversés, ô guerrier sans visage,
Et de ton pas puissant les marches sont foulables.

Regarde derrière toi : les obstacles terrassés,
Les dragons abattus,les démons mis en fuite,
Les périls effacés, les dangers dépassés,
Témoins muets des combats dont ton âme est instruite.

Ta force excède tout ce que tu peux concevoir,
Ta vaillance surpasse et défie ta pensée,
Ta bravoure est un miroir
Où l’infini de ton courage est reflété.

Quand viendront les orages aux nouvelles collisions,
Quand surgiront des maux aux sinistres couleurs,
  Rappelle-toi tes propres guérisons ,
Et garde haut l’étendard des anciens vainqueurs.

Ne fléchis jamais sous l’obscur des fardeaux,
Ne courbe point ton front sous l’assaut des nuées,
Ne cède pas aux bourreaux,
Mais reste fier, debout, dans l’honneur habitée.

 

jeudi 11 décembre 2025

Nature première

Ô toi, dont le fier regard fuit l’apparat,
Brise l’étau des jugements vulgaires;
Que ton essence, jaillissant sans fard,
Déjoue les chaînes aux subtils calibres.

Lève ton étendard, singulier et fier,
Proclame ta vérité, rebelle et franche ;
Qu’aucun décret n’impose à ton âme altière
Le manteau falot d’une foi qui se penche.

Si l’opinion commune vacille et tremble
Devant le port altier de ton être entier,
Reste debout, que rien ne te rende humble,
Face au torrent d’un monde peu familier.

Ton authenticité, pure et rayonnante,
Surpasse l’éclat de mille mascarades;
Que ton individualité, tonnante et vivante,
Fasse trembler leurs bien fragiles palissades.

Rejette l’ornement, l’hypocrite parure
Qui voile l’élan vrai, le feu primordial ;
Ton franc-parler, limpide et sans souillure,
Brave l’océan de leur chant inégal.

Ne courbe jamais l’échine sous leur sentence,
Qui voudrait polir ton relief indompté;
Garde intacte la sainte différance,
Trésor unique, par nature octroyé.

Car l’originalité demeure et persiste
Quand tout conspire à vouloir l’effacer;
Ton esprit, libre, résiste et existe
Au-delà des normes qui voudraient l’enlacer.

Arrache-toi enfin à leur lourde tutelle
Qui prétend régir tes nuances,tes couleurs ;
Ton unicité, divine étincelle,
Brille bien au-delà de leurs mornes rancœurs.

Cultive en toi cette noble bravoure
Qui ose se montrer au pur soleil du jour;
Que ton courage, d’une éternelle saveur,
Triomphe de leur froidure et de leur séjour.

Défends ton territoire, ton jardin intime,
Contre l’envahissement du commun vulgaire;
Ton caractère, légitime et sublime,
Vaut leurs vains accords de grégaire grammaire.

Affranchis-toi du verdict de leur règne
Qui juge à travers un prisme obscur et étroit;
Ta singularité, qu’aucun dédain ne peigne,
Trace un horizon plus droit et de plus haut.

Nargue leurs froides conventions, leurs usages
Qui glacent l’essor, l’élan créateur ;
Ton indépendance, loin de leurs rivages,
S’incline vers un destin supérieur.

Refuse cette fade uniformité
Qui nivelle les cimes, aplanit les cœurs ;
Ta franchise, ta riche personnalité
Transpercent leurs cadres, leurs vains labeurs.

Brise le moule étroit, préfabriqué,
Où leur vœu stupide espère te contraindre;
Ton authenticité, sacrée, inviolable,
Ne saurait en ces lieux étriqués s’éteindre.

Élève-toi, par la grâce de ta franchise,
Au-dessus du marais de leur médiocrité;
Que ton audace, qu’aucun frein ne brise,
Accomplisse ce qu’ignore la tiédeur de leur timidité.

Apprends l’art délicat du sage retrait
Quand l’environnement corrompt et dénature;
Préserve ton secret et saint secret
Des influences qui rompent ta signature.

Écarte-toi des êtres vils, sans flame,
Qui souillent la noblesse de ton dessein;
Choisis les compagnons, l’utile diadème,
Qui servent ton épanouissement serein.

La maturité, lentement, nous enseigne
À fuir les contacts vénéneux,toxiques ;
Que sur tes cercles choisis ta prudence règne,
Pour garder purs tes jardins spécifiques.

Protège l’estime, fragile et précieuse,
Des assauts répétés du mal sournois;
Sois vigilant, d’une âme ingénieuse,
Face au signal de l’hostile et du froid.

Évite les lieux, les situations
Qui compromettent l’or de ta valeur;
Préfère les rares et vraies relations
Qui chérissent ton essence et ton honneur.

Cultive en toi la subtile clairvoyance
Pour déceler le poison dissimulé;
Que ta persévérance, pleine de constance,
Sache,avec art, s’en être éloigné.

La paix du cœur parfois l’exige :
Rompre le lien, briser l’attache,
Quand l’entourage nous dirige
Vers de néfastes sentiers, sans tâche.

Choisis avec sagesse tes batailles,
Ne gaspille point ta force et ton génie
Sur qui, obstiné, en ses entrailles,
Refuse ta lumineuse harmonie.

Préserve l’équilibre, la sérénité,
Des turbulences, des vents néfastes ;
Reste ferme, garde en sa liberté
Ton navire face aux courants contrastes.

Garde, ô garde précieusement
L’intégrité de ta nature première,
Loin de tout lent avilissement
Qui ternirait ta céleste lumière.

Cesse de poursuivre l’âme indifférente
Qui détourne son regard de glace;
Forge plutôt ton propre firmament
Où ta loi règne, et prend sa place.

Cours, cours vers tes aspirations,
Vers ton ciel qui attend ton élan fervent;
Laisse les vaines hésitations
À qui craint le chemin, à qui ne se rend vivant.

 

dimanche 7 décembre 2025

L’art des paroles

Lorsque s’élève le faix d’un verbe probe et droit,
Une aurore paraît au seuil des lèvres frémissantes,
Le vocable s’envole, émissaire de ce globe,
Portant l’essor du matin aux sphères éclatantes.

Par la clarté d’une voix apaisée, sereine,
S’ouvre un passage où réside la grâce infinie,
Ses rameaux, syllabes aux teintes souveraines,
S’ancrent à l’instant où la gratitude s’épanouit.

Offrir ces vocables, c’est transmuer l’âpre,
Un pont d’astres entre deux cieux éloignés,
Car tout remerciement, noble et qui croît,
Demeure joyau des destins ordonnés.

Verbe élu, lorsqu’il touche et résonne en échos,
Devient miroir d’un respect impérissable,vrai,
Il scelle un pacte où l’écho redit ses propos,
Hymne d’un lien solennel à jamais.

Naît ainsi l’art des paroles données en partage,
Fragiles joyaux qu’on élève en offrande,
Elles transforment les lointains du rivage,
En clairs refuges où la confiance s’épande.

Remercier, c’est engendrer un espace,
Un abri pour l’effort noblement conduit,
Ce verbe porte le mérite d’une juste place,
Honore l’acte, en mémoire établi, instruit.

Sous la caresse d’un merci posé, harmonieux,
Une voie paraît, emplie de reconnaissance,
L’oubli s’efface, et l’esprit enfin pieux,
Reçoit l’écho d’une brève mais profonde présence.

Prononcer ce verbe, c’est ensemencer les graines,
Aux champs féconds des heures partagées,
Il germe au centre des relations humaines,
Liant les vivants par son haleine orangée.

Vérité jaillie des profondeurs intimes,
Quand la gratitude trouve son expression,
Le verbe s’élève, ardente et noble cime,
Éclairant les cœurs de sa divine mission.

Ô pouvoir du remerciement qui transforme,
Les rapports communs en trésors éternels,
Il donne aux gestes quotidiens une forme,
Qui les élève vers des sommets solennels.

Que résonne toujours cette mélodie sacrée,
Qui célèbre autrui en ses actions méritoires,
Ces paroles simples, pieusement murmurées,
Inscrivent à jamais les plus belles histoires.

Les lèvres qui prononcent ce verbe magique,
Deviennent fontaines de félicité pure,
Transformant l’instant en moment pacifique,
Où règne la paix en sa plus belle parure.

Ainsi s’épanouit la fleur de gratitude,
Aux jardins de nos vies journalières,
Elle chasse l’ombre de l’ingratitude,
Et fait rayonner nos relations légères.

Honorer autrui par ce simple vocable,
C’est reconnaître sa valeur inestimable,
C’est édifier des ponts fermes, durables,
Entre les cœurs, rendant l’existence aimable.

 

vendredi 5 décembre 2025

Les ailes du savoir

Au seuil des mystères aux feuillets clos,
S’ouvrent les ailes altières du savoir,
Dévoilant archipels et vastes flots,
Où croissent à la fois espoir et pouvoir.

Ces lettres, ces syllabes, notes choisies,
En rangs disposés, concorde absolue,
Portent en leur fibre les rêveries,
Le miel de l’esprit que l’art distille.

Vestiges des siècles aux lointains fastes,
Parcourant les cercles du ciel profond,
Des stèles antiques aux codex vastes,
Vous portez l’enseignement fécond.

Manuscrits liés de fils scintillants,
Gisant sur les pupitres de fierté,
Récits éclatants, triomphes vaillants,
Gardez le secret de l’éternité.

Signes tracés sur papyrus anciens,
Contant les hauts faits des rois vénérés,
Messages gravés en traits sybillins,
Par les doigts experts des lettrés sacrés.

Vélin subtil aux peintures exquises,
Ouvrages lents des cloîtres pieux,
Missels ouvragés, œuvres promises,
Montrent leurs joyaux sous les saints cieux.

Surgit l’inventeur au dessein suprême,
Copiant les textes par légions,
Le connu s’élève au diadème,
Affranchissant l’idée des prisons.

Recueils couverts de soieries chamarrées,
Accueillant les vers des poètes saints,
Livrant leurs feuillets aux ardeurs sacrées,
Festin offert aux cerveaux affamés.

Bibliothèques aux rayons pourprés,
Abritant les songes et doctrines,
Conviant à partir vers des prés,
Au-delà des confins, des ruines.

Compagnons muets des heures discrètes,
Vous chuchotez les arrêts des peuples,
Portant en vos flancs les ancrettes,
Nourrissant nos cœurs de rites simples.

Quand sonne l’appel des pages vierges,
S’entrouvrent les portes des ailleurs,
Les caractères bougent, les vocables émergent,
Dévoilent leurs attraits, leurs saveurs.

Conseillers sagaces aux réponses graves,
Vous guidez nos pas vers les lumières,
Vos feuillets bruissent comme les laves,
Portant la raison des primes heures.

Refuges discrets aux jours de tourmente,
Vous offrez la fuite vers des États lointains,
Changeant les moments de peine lente,
En pèlerinages vers des destins.

Archives des temps aux pensées mûres,
Vous conservez les voix des âges éteints,
Gardant intact l’adage des scribes,
Comme un dépôt que nul n’a contraint.

Par vos pages vole la fantaisie,
Vers les pays où siègent les énigmes,
Portant l’entendement vers l’extase,
Des vérités voilées, des dogmes.

Ô tomes bénis, héritiers des astres,
Vous franchissez les ans, inaltérables,
Portant en vos cœurs les préceptes vrais,
Les songeries lourdes, impénétrables.

Fontaines sans fin des méditations,
Vous abreuvez les fronts altérés,
Donnant sans repos des oblations,
À ceux qui cherchent les vérités.

Protecteurs sans âge des doctrines nettes,
Vous dépassez les jours,sans déclin,
Conservant entier, malgré les défaites,
L’oracle sacré des temps divins.

Livres chéris, aux feuillets odorants,
Vous demeurerez nos confidents,
Conduisant nos pas vers les cieux errants,
Par les routes que nous empruntons.

Alliés sûrs des heures recueillies,
Vous partagez vos biens sans limites,
Éclairant de vos feuillets pâlis,
Les voies ténébreuses vers les abris.

Ô livres, gardiens des cycles anciens,
Qui franchissez les ères et les nues,
Des argiles cuites aux feuillets siens,
Portez l’épopée, la foi, les venues.

Jadis, sur des plaques de terre incisées,
Les gestes d’un roi furent conservés,
Hommes du croissant, aux stylettes fines,
Gravèrent les premiers germes, racines.

Vint le papyrus, des berges du fleuve,
Rouleaux égyptiens, minces mais neufs,
Les scribes, avec art, y traçaient les cultes,
Fables des aïeux, les dits des aïeuls.

Parchemin, peau de bête transfigurée,
Devint le corps des ouvrages enluminés,
Religieux, en leurs murs, avec ferveur,
Reproduisaient les phrases, gardant la faveur.

L’homme de Mayence, par son art nouveau,
Enfanta la presse, changeant le bourg,
Les volumes pullulèrent, les credos rayonnèrent,
La beauté s’offrit, les yeux s’étonnèrent.

Plus tard, vinrent les in-octavo légers,
Fictions, les traités, les strophes légères,
Les mots cheminèrent, les idées volèrent,
Ils devinrent amis, partout où l’on erre.

Aujourd’hui, demain et l’ère qui vient,
Les livres devinrent sortilèges,
Les salles de lecture et boutiques, miens,
Offrent des présents à la main, sans sièges.

Ô livres, vous êtes dépositaires du souvenir,
Sentinelles des sceaux de raison,
Éveillez les consciences, engraissez l’avenir,
Brasiers qui jamais ne tariront.

Quand l’homme interroge le silence,
Ils lui portent la réplique,
S’il connaît l’ennui, ils sont sa défense,
Sans voix vaine, ni réplique.

Amis proches, constants, indéfectibles,
Phares érudits, parfaits exemples,
Livres,à travers les jours, les cycles,
Sont à jamais loués, leurs miracles.

Il n’est pas octroyé à toute créature,
De vivre ceint de ces ondes,
Quand l’homme cherche une figure,
Ils lui portent la réponse, leurs mondes.

Compagnons des veilles, trésors des études,
Vous demeurez les piliers de l’esprit,
Face aux bouleversements, aux inquiétudes,
Votre feu conseille, apaise, nourrit.

Par vous, l’enfant s’éveille à l’aventure,
L’adulte trouve écho à son tourment,
Le vieillard revisite la peinture,
Des jours enfuis dans le firmament.

Ô permanence calme en l’océan des choses,
Îles de certitude en la mouvance,
Où l’on pose le pied, où l’on repose,
Hors du flux vain, de l’inconstance.

Dans votre sein, le passé respire encore,
L’avenir se dessine, possible et multiple,
Chaque page tournée est une aurore,
Chaque chapitre clos, un temple.

Vous liez les humains par delà les frontières,
Chaîne invisible et pourtant solide,
Où les pensées, sœurs en prière,
Deviennent un seul fluide.

Aussi, tant que les yeux sauront déchiffrer,
Tant que les mains tourneront la feuille,
Vous continuerez de faire lever,
L’inouï que le cœur recueille.

Demeurez donc, ô colonnes du songe,
Arche immense aux multiples ponts,
Où l’intelligence se prolonge,
Et trouve l’infini dont nous témoignons.

Dernier accord, ultime strophe close,
Que votre chant jamais ne s’achève,
Mais que sur l’avenir il se pose,
Comme une semence qui lève.

 

L’effort partagé

Sois le feu qui s’élève au seuil de chaque aube,
Quand le doute épaissit la lumière qui tombe ;
Offre à l’instant tremblant la force calme et noble,
Un souffle clair porté par la lenteur qui comble.

Écoute en toi le chant du silence subtil,
Où l’attente façonne un pas léger, tranquille,
Vers la clarté qui naît des régions immobiles
Et mêle à la douceur un mystère fragile.

Nulle fuite en cela, nulle erreur de chemin,
Mais l’élan d’une foi qui ne demande rien,
Et qui s’élève encore en son humble maintien
Sans jamais renier l’ombre au bord du matin.

Un regard quelquefois rallume l’espérance,
Il brise les liens froids de l’ordinaire errance,
Et ramène au réel la douce résonance
D’un horizon ouvert par sa simple présence.

La vérité se plie, délicate et mouvante,
Tel un ruisseau paisible ou l’eau vive s’invente,
Qui choisit son parcours s’attarde ou s’augmente,
Et se fraie un chemin où toute forme chante.

Sois patience et murmure en l’instant suspendu,
Sois la pause qui tient sans effort superflu,
Quand les gestes s’accordent au souffle retenu
Et qu’un silence heureux transfigure le flux.

Certains liens se devinent au cœur du non-dit,
Dans la clarté sans bruit d’un regard adouci,
Où l’absence elle-même ouvre un passage exquis
Vers ce qui se révèle et n’avait point jailli.

Attendre sans la peur est courage profond,
Une danse au milieu des doutes qui répond ;
Car le pas retenu trace un plus vaste rond
Où l’âme sait mûrir sans naufrage au grand fond.

Ce qui vaut d’être aimé ne parle jamais fort ;
Il brille comme un sceau posé sur notre sort,
Une promesse calme aux éclats d’or et d’effort,
Dont la lenteur travaille en son secret encore.

Ne méprise jamais la lenteur souveraine :
Elle cisèle en paix les formes qu’elle entraîne,
Tel la fleur qui s’ouvre en beauté presque pleine
Loin du tumulte lourd et des griffes humaines.

Par le souffle surgit le choix d’offrir encore ;
Le choix devient offrande et croit sans réconfort.
Ce n’est point renier ce qui veille au-dehors,
Mais tendre une confiance où s’apaise le sort.

Chercher sans se hâter dévoile la clarté :
Les vérités profondes exigent leur durée ;
Car le fruit trop pressé naît sans maturité,
Et la liberté vraie s’apprend à se garder.

Attendre n’est défaite, mais ferveur offerte,
Le patient tissage où l’âme se desserte,
Un labeur sans calcul sous la main qui s’alerte
Et laisse advenir l’aube en ses routes ouvertes.

Les âmes, quand enfin leur silence s’accorde,
Ne se pressent jamais pour franchir une porte ;
Elles marchent ensemble où la lumière déborde,
Et reconnaissent l’autre au matin qui les porte.

Tout poème commence en l’éclat d’un espoir,
Dans la tendre vigueur qui soutient le devoir,
Et dans ce souffle pur qu’on ne peut concevoir
Sans sentir qu’il demeure au-delà du savoir.

Quand l’un s’éloigne encore et l’autre tient la clef,
Nul présage n’apparaît ni malheur ni reflet ;
 N’est qu’un vieux serment qu’on retire en secret,
Pour laisser place au jour qui demande d’entrer.

Il faut deux pour bâtir les ponts du cœur sincère,
Non un seul pour porter ce que l’autre espère ;
L’épreuve devient noble, et la route plus claire,
Quand la voix répond voix et que l’écho se serre.

Mais si nul son ne vient, l’effort devient fardeau :
La quête solitaire est pierre sur le dos.
Il est juste de voir quand se ferme un rideau
Et quand l’ombre s’allonge au détour du repos.

Quand le cœur offert rencontre un long silence,
Il s’incline et revient vers sa propre présence,
Il retrouve en son sein l’ancienne délivrance
Et renoue avec lui sa première constance.

Poser ses propres bornes évite les naufrages ;
On déjoue les mirages de l’orgueil en passage,
Car nulle route en soi ne mérite l’ombrage
Si l’échange se meurt sous un froid paysage.

Un lien n’existe vrai que s’il se fait miroir ;
Chaque reflet soutient l’autre en son pur devoir,
Et sans ce double éclat, sans cet humble savoir,
Nulle offrande ne dure au profond des couloirs.

Aimer, c’est avancer sans tirer ni presser,
C’est suivre un même pas dans un même penser,
Avec cette douceur qu’on ne peut traverser
Sans sentir à quel point elle sait nous lier.

Efforts des tempêtes ont splendeurs singulières ;
Ils renaissent du sable et des heures premières,
Mais il faut contre tout que les âmes légères
Tiennent l’unique rame en leurs forces entières.

Nul combat ne se gagne au bord d’un seul destin ;
L’effort s’épuise alors, et l’ombre tend la main.
Donner seul ne suffit sans l’écrin du chemin,
Et l’amour sans retour demeure incertain.

Partage est cette étoile offrant son lumineux,
Un guide traversant les chemins hasardeux ;
Car seul, l’être se perd en des gestes poudreux
Et s’égare aux détours du silence ombrageux.

Même les flammes pures se figent en hiver
Si l’on oublie le monde où l’âme doit se taire ;
Nul élan ne survit sans échange sincère,
Et l’amour dépérit s’il s’offre solitaire.

Il faut donc reconnaître où se fausse la voie,
Quand l’effort alourdit ce que l’ivresse emploie,
Et comprendre sans heurt que l’on peut pour soi
Soutenir l’univers que l’autre parfois broie.

Ne blâme pas le cœur qui donna sans compter :
Il portait sa clarté même sans être écouté.
Il est noble parfois de cesser d’insister
Quand le regard d’en face apprend à s’effacer.

Car même l’amour pur réclame un tendre écho ;
Sans reflet, il s’étiole et devient dur fardeau.
Cueille l’instant simple et son discret flambeau,
Car la lumière ose au frisson le plus beau.

Garde toi ce feu doux qui résiste aux marées
Et traverse en secret les peines ignorées.
Aime, mais exigeant que réponse apparée
Soutienne ton offrande en paroles jurées.

Suis le sillon tracé par l’effort partagé,
Non les ombres qui font la conscience plier.
Sois ce pas qui attend, sans jamais renier
Ce qu’il voit se dissoudre ou se déployer.

La patience n’est trouble que si l’autre ment ;
Sinon, elle est l’étoile annonçant le moment
Où l’avenir s’ouvre en un vaste firmament
Et rend au cœur sa paix par un souffle aimant.

L’amour pur ne s’offre à personne qui se fuit,
 S’ouvre au compagnon dont le geste construit.
Écoute cette alarme éclairant chaque nuit :
Elle distingue le feu du vacarme en circuit.

Sois l’écho de ta flamme et non l’ombre d’hier ;
Choisis la pierre douce où reposer tes fers,
Car les liens vrais unissent sans briser la chair
Et deviennent des ponts traversant la misère.

Retiens que l’amour danse à deux cœurs réunis,
Et qu’aucune délivrance en chemin ne s’unit
Sans le juste retour qui répond à l’uni
Et révèle la paix après l’orage fini.

Sois fidèle à ton être, à ton feu, à ton pas,
Mais non à la frayeur qui retient et détruit.
Marche fier dans le monde, et ton cœur saura
Que l’écho reviendra s’il ne trahit pas.

 

mardi 2 décembre 2025

Lettre première

Le pas chemine sur une onde affaiblie,
Au cœur du dire, sous un ciel de fierté.
Les mots, polis, révèlent une conduite
Comme la pluie ranime l’antiquité.

Le sens, caché sous la lettre première,
Demeure astre au sein de la nuit obscure ;
On en tresse un collier de pierre claire
Pour l’esprit et le cœur, double nature.

Qu’une lecture cherche intelligence
Et goûte au trait la grâce contenue ;
Ceci n’est qu’un dépôt de confiance
Que l’encre trace avec lignes de nues.

En chaque vers, une source féconde,
Un parfum de croyance exhalé,
Une phrase au flux pur comme une onde
Qui désaltère un regard éclairé.

Si l’on voyait l’âme ainsi parée
Du secret du serviteur et du mystère,
Et qu’on s’approche du vrai, éploré,
La tendresse submerge la terre.

Retour à l’amour enclose et profonde,
Entre les murs intimes, en secret ;
Là s’expose une plainte au monde,
Qui vivifie sans mesure ni arrêt.

Offre un sourire aux roses : la vie
Est un pré verdoyant sous ton passage ;
Sème ta clarté sur l’ombre, infinie,
Lumière dissipant le voile des âges.

Persévère dans le nom du Très-Haut,
Par qui les cœurs demeurent inondés ;
Son orient luit à l’horizon haut,
Brillant d’une rosée de clartés.

Que la foi donne ce qu’elle a de limpide,
Les battements livrent les arcanes ;
Prie par ce cœur jamais rassasié
Que du chant des aubes diaphanes.

Les jours sont fleurs épanouies
À l’ombre de la joie et du guide ;
Porte ce flambeau qui dénoue
Les ténèbres du songe et du vide.

Le durable ne manque point si
Le pied s’ancre au flux des mers ;
La constance est la clé ici
En tout ciel où l’aube éclôt, amer.

La marche sur la route unie
S’orne d’un pacte sur le temps ;
Le soutien, en toute harmonie,
Offre sans fin dons éclatants.

Heureux qui garde en son allure
La juste voie, fuit les souillures,
Et pare son sein d’une ardure
Où s’ouvrent grandes les serrures.

Suis dans le gouffre existentiel
La voie d’affection ; tu cueilleras
L’apaisement en ton cœur fier,
Et tu offriras l’éclat du vrai
Marchant sur le cours assuré.

La clairvoyance enfante paix
Et enracine le sens sans ordre ;
Cultive son fruit que tu pais
De patience et d’élan concorde.

Les lueurs d’un Seigneur prodigue
Guident les pas du scrutateur ;
Son lustre, dans le siècle, brigue
Un ciel orné de splendeur.

Ce poème est une coulée d’ambre
Où les accents en l’ouïe expirent ;
Il va, sur le rythte du chambre,
Allumant des feux sur la lyre.

Il respire ses fleurs en un pré
Où l’expression et le son croissent,
Se pose sur des cœurs altérés
Comme une ondée en champs qui boivent.

Louange à Toi qui mis au verbe un charme,
Et tissas de clarté ses métamorphoses ;
Tu fis de mes dire un miroir calme
Montrant beauté, dévoilant choses.

Quand s’achève son cours, qu’on sache
Qu’il reste un air aux plis des ans,
Ou tel passage vers un espace
Sous le zénith ou l’aube en essor.

La plume a chanté dans le livre
Et posé son camp en ton refuge ;
Je la laisse aller vers tout givre,
Rare de sens, baume du lierre.

Le secret de durer est écrit
Dans une alliance à l’aura franche ;
Clôt ainsi le trajet du dit,
Visant le faîte et la perche.

 

Chant rythmée

Ce chant naquit d’un pur épanchement,
Que les accords ont adouci pour l’ouïe.
Il suit la loi du vœu, au sein du songe
Qui rallume les feux au plus profond.

Il huma ses floraisons au jardin
De l’expression rythmée et des échos,
Puis vint sur les cœurs altérés de lui
Comme l’averse apaisant la terre aride.

Gloire à Celui qui plaça l’enchantement au dire
Et fila, de l’aurore guide, ses phases !
Le discours devint miroir immaculé
Montrant la grâce et dévoilant ses arcanes.

Lorsque ses vers s’achèvent, qu’on le sache :
Ils persistent, mélodie au sein des âges,
Ou pareils au passage vers l’éther vaste
Sous le zénith ou sous l’aube fidèle.

Les calames ont modulé sur le rouleau vivant,
Fixé leur halte par Son agrément sûr.
Il fut confié à la route, vers tout cœur,
Sublime de sens, aromate des ans.

Le sceau de la durée gît en ce qu’on grave
Par le souffle candide et la parole nette.
Que l’itinéraire du langage ainsi s’achève, aspirant
À franchir l’ultime et gagner la cime.

L’amulette du verbe demeure clarté circulant
Autour du vrai, au for des humains.
Notre héritage, la pensée immaculée ; promesse
Du tracé dans le domaine permanent.

Les sens, par la grandeur, atteignent les hauteurs :
Ce sont les monts inébranlés, les sommets.
Exhalant leur quintessence sitôt que la quête
Ouvre les voies du rayonnement pur.

Élargissant l’horizon de l’éloquence, éclat fulgurant
S’épanouit au cours pareil aux corolles.
En son plein, résident le vrai et le lustre ;
La lueur unit les regards.

Apparaissant tel l’astre en sa fulgurance,
Nulle profondeur ne reste sans clarté.
Chantant la beauté devenue délice
Du regard intime et des pupilles.

La vie se voit par l’œil du clairvoyant :
Il dévoile la limpidité des occultes ténèbres.
L’amour se trouve en ses replis,
Abreuvant l’existence d’une paix auguste.

La voûte céleste ondoie en ses plis,
Par sa splendeur féconde et première.
Que ses significations soient semées sur ses ondes,
Traversant les espaces sans mesure.

Concept s’élevant par un esprit altier,
Par–dessus les plaines et tous les reliefs.
Il efface l’obscur, sème en toute créature
L’annonce salutaire et le lustre éminent.

Aux cœurs, elle s’est montrée semblable
À la rosée étanchant la soif de l’esprit,
Ou à la modulation parvenant aux oreilles,
Air incarnant le sens des traces.

Elle demeurera fraîche, exhalaison de la brise
Sur la pelouse où s’inclinent les fleurs.
Ou comme le pas sur la voie des compagnons,
Rafraîchissant le vase et réjouissant les nuits.

Le dire, lorsqu’il s’incarne avec probité
Au centre de l’écoutant du vrai comblé,
Projette sa lueur sur les brumes : alors brillent
Les lieux de la pensée neuve et féconde.

 

lundi 1 décembre 2025

Tendresse infinie

Amour immense maintient en état,
Affection cosmique garde en ce climat,
Tendresse infinie retient en cette phase,
Bienveillance absolue entoure et rase.

Non l'amour restreint aux relations humaines,
Mais amplitude dépassant toute gêne,
Non l'affection limitée aux personnes connues,
Mais magnitude embrassant les venues.

Amour sans objet ni sujet défini,
Puissance attractive sans limite ni fini,
Magnétisme universel attirant,
Gravitation spirituelle aspirant.

Rétention ne constitue emprisonnement,
Maintien n'équivaut confinement,
Captivité s'avère en fait élargissement,
Contrainte révèle affranchissement.

Paradoxe s'impose à conscience bouleversée,
Contradiction s'installe en pensée renversée,
Antinomie s'établit en perception changée,
Ce qui retient simultanément a dégagé.

Chose ineffable se produit soudain,
Événement indicible survient enfin,
Phénomène inexplicable advient certain,
Avènement inouï surgit au lointain.

Poitrine se dilate miraculeusement,
Thorax s'élargit prodigieusement,
Cage costale s'ouvre démesurément,
Enceinte corporelle s'étend infiniment.

Élargissement dépasse bornes physiques,
Extension transcende limites organiques,
Dilatation excède mesures biologiques,
Expansion outrepasse frontières physiologiques.

Ouverture à étendue insoupçonnée,
Épanouissement vers vastitude inimaginée,
Déploiement vers amplitude insondée,
Extension vers immensité non-bornée.

Territoire nouveau se révèle progressivement,
Contrée inconnue apparaît graduellement,
Domaine vierge surgit doucement,
Province inexplorée émerge lentement.

Non géographie terrestre aux contours définis,
Mais topologie spirituelle aux confins infinis,
Non cartographie matérielle aux repères finis,
Cosmographie immatérielle aux horizons indéfinis.

Lorsque disparaît ce qui constituait identité,
Lorsque s'évanouit ce qui formait propriété,
Lorsque s'abolit ce qui représentait sécurité,
Chose advient alors en vérité.

Non simple compensation à manque ressenti,
Non vain substitut à vide établi,
Non piètre remplacement au perdu parti,
Mais révélation authentique surgie.

Phénomène réel se manifeste concrètement,
Occurrence tangible se présente véritablement,
Fait avéré se constate effectivement,
Réalité indéniable s'impose absolument.

Perte totale n'aboutit point au néant,
Spoliation complète ne mène point au gisant,
Dépouillement radical ne conduit point au rien,
Dénuement absolu ouvre plutôt à l'ancien.

Ancien non au sens de passé révolu,
Mais au sens d'originel jamais perdu,
Primordial toujours présent mais occulté,
Fondamental éternellement là mais voilé.

Chose se passe réellement,
Événement survient véritablement,
Fait advient authentiquement,
Phénomène se produit concrètement.

Répétition insistante souligne vérité,
Affirmation renouvelée confirme réalité,
Déclaration réitérée atteste certitude,
Énonciation répétée proclame exactitude.

Ce n'est point illusion consolatrice,
Ce n'est point fantaisie séductrice,
Ce n'est point chimère apaisatrice,
Mais transformation véritable, libératrice.

Au seuil ultime où tout s'achève,
Au bord extrême où tout s'abrège,
Au terme final où tout se lève,
Commence enfin ce qui allège.

 

Vœux solennels

L’aube, d’un gris suave, à pas lents s’évanouit Sous le pinceau nocturne aux doigts d’obscurité ; Les pigments vont naissant des limbes de l...